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Tome II.
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SEPTIEME PARTIE. - CHAPITRE XXM1E

que le droit paraissant incertain, chaque partie puisse se Haller d'obtenirun jugement qui lui soit favorable, et se laisse entraîner à pousser lesprocès aussi loin que la chicane peut les conduire.

L’art de la chicane a ceci de funeste pour la société, qu’il excite dansPâme deux sentiments très antisociaux : la cupidité qui cherche son profitaux dépens d’autrui, et la vanité qui s’opiniâtre à constater qu’elle n’a pastort. Quand l’envie de gagner s’adresse à l’industrie, elle peut être inno-cente : là le profit résulte d’une valeur réellement créée et qui ne coûterien à^personne ; mais la chicane ne produit rien; elle ne fait gagner^personne à moins de faire perdre quelqu’un.

En voyant deux ou trois mille élèves journellement endoctrinés dansles écoles de droit de Paris, on se demande si les lois en seront moinsnombreuses et moins compliquées, les procès plus tôt vklés, les frais pluslégers, les injustices moins criantes, les droits des citoyens mieux défendus.L’art si dangereux de soutenir le pour et le contre, de moins considérerle fond des discussions, le bon sens, l’équité naturelle, que les moyensde droit, donne à ceux qui l’ont pratiqué, et que le ciel a pourvus d’uneconscience large, quelque facilité pour parler, non en faveur du bien et dujuste, mais dans le sens du client qui les paie ; et quand ce client se trouveêtre un prince, ou un parti qui opprime et dépouille le pays, ces mômeshommes se trouvent préparés à défendre la plus mauvaise cause, à donnerdes motifs plausibles aux mesures les plus funestes, et à justifier de véri-tables iniquités. Dans les publiques dissensions de la France, si l’ordredes juges et des avocats a vu briller plusieurs beaux caractères, combiende légistes dans les tribunaux et dans les assemblées délibérantes ne sont-ils pas devenus les organes du mauvais droit, du mauvais sens et des mau-vaises intentions !

Les défenseurs des écoles de droit supposent qu’il est fort nécessairede former des sujets propres à remplir les fonctions publiques. Eh ! qu’onn’admette aux fonctions publiques que les sujets qui se trouveront propresà les remplir, et les candidats acquerront plus sûrement à leurs frais toutesles qualités qui font même les grands ministres ’.

1 On a prétendu que les écoles de droit ne coûtent rien au trésor public, quel’université suffit à payer ses frais; mais l’obligation qu’elle impose de suivre sesétudes, les rétributions qu’elle fait payer même aux pensionnaires des pension-nats particuliers, les droits qu’elle prélève sur les inscriptions, les examens etles degrés, et en général toutes les recettes qu’on lui attribue, ne sortent-ils pas