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Tome II.
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DES ESSAIS DANS LES ARTS.

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les essais qu’on a faits pour les acclimater. D'autres essais, avec le temps,nous enseigneront les moyens de couvrir de récoltes des parties de laFrance encore à peu près incultes, telles que la Sologne, les landes deBordeaux , les dunes ou montagnes de sables qui surchargent plusieursdes côtes de l’Océan.

Une des grandes difficultés dans les essais agricoles naît de la longueurdes expériences. La succession des saisons embrasse une année entière :chaque essai, en supposant même que la meilleure saison ne se trouvepas lout-à-fait contraire, prend une année. Quand une méthode de cultureou un genre de produits ne réusissent pas cette année, il faut attendre lasuivante pour le renouveler; ce qui, outre le temps, la façon et le capitalperdus, fait perdre la rente de la terre pendant un an. Si l’on veut faire àla fois l’essai de plusieurs procédés différents, il faut un terrain plusvaste ; il le faut surtout quand les tentatives agricoles doivent être faitesdans des natures de sol et des expositions diverses.

Arthur Young trouvant que l’agriculture de la France était susceptibled’immenses bonifications, proposa d’y établir des fermes expérimentales,uniquement consacrées à des essais. « Le gouvernement, dit-il, devrait« répandre l’instruction, non en faisant rédiger des Mémoires, mais en« établissant une ferme dans chacun de ces grands districts qui ont be-« soin d’améliorations. Il faudrait que les moyens de culture qu’on y mel-« trait en usage fussent non-seulement conformes aux notions les plus ré-« centes, mais qu’ils pussent être imités par toutes sortes de cultivateurs,« par les pauvres comme par les riches. Une grande ferme prise dans des« terrains vagues en Bretagne, une autre en Anjou, une troisième dans« la Sologne, une quatrième dans le Bourbonnais et une dernière en« Guyenne, pourraient suffire. Si ces fermes étaient cultivées suivant« les bons principes éprouvés ailleurs ; si l’on commençait par y mulli-« plier les moutons et le gros bétail, en les nourrissant pendant l’été avec« des pâturages, pendant l’hiver avec des fourrages; si Ton n’y semait du« blé qu’après avoir acquis la certitude qu’il peut y donner des épis dignes« du sol et du climat de la France, c’est-à-dire dix grains pour uu (ce qui« est possible sur ces terrains perdus), au lieu d’en donner cinq ou six« pour un (ce qui est le produit commun des terres de ce royaume) ; je« dis que de telles améliorations seraient solides, immenses et durables '.

’ Tome II, page î>7 de l’édition anglaise. On voit que, selon cet agriculteur