LIVRE DEUXIÈME. 393
elle-même a concouru à la perfection analytique des théoriesfondées sur le principe de la pesanteur universelle, et c’est, à monsens, une des plus fortes preuves de la vérité de ce principeadmirable.
On peut encore, par l’analyse des probabilités, vérifier l’exis-tence ou l’influence de certaines causes dont on a cru remarquerl’action sur les êtres organisés. De tous les instruments que nouspouvons employer pour connaître les agents imperceptibles de lanature, les plus sensibles sont les nerfs, surtout lorsque leur sen-sibilité est exaltée par des circonstances particulières. C’est à leurmoyen que l’on a découvert la faible électricité que développele contact de deux métaux hétérogènes, ce qui a ouvert un champvaste aux recherches des physiciens et des chimistes. Les phéno-mènes singuliers qui résultent de l’extrême sensibilité des nerfsdans quelques individus ont donné naissance à diverses opinionssur l’existence d’un nouvel agent que l’on a nommé magnétismeanimal, sur faction du magnétisme ordinaire et l’influence du soleilet de la lune, dans quelques affections nerveuses; enfin, sur lesimpressions que peut faire naître la proximité des métaux ou d’uneeau courante. 11 est naturel de penser que l’action de ces causesest très-faible et peut facilement être troublée par un grand nombrede circonstances accidentelles; ainsi de ce que, dans quelque cas,elle ne s est point manifestée, on ne doit pas conclure qu ellen existe jamais. Nous sommes si éloignés de connaître tous lesagents de la nature, qu’il serait peu philosophique de nier l’exis-tence des phénomènes, uniquement parce qu’ils sont inexplicablesdans l’état actuel de nos connaissances. Seulement, nous devonsles examiner avec une attention d’autant plus scrupuleuse, qu’ilparaît plus difficile de les admettre; et c’est ici que l’analyse desprobabilités devient indispensable, pour déterminer jusqu’cà quelpoint il faut multiplier les observations ou les expériences, pouravoir, en faveur de l’existence des agents qu elles semblent indi—
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