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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
à cette conclusion que là où l’on s’attend, sur la rumeurpublique, à rencontrer un corps d’idées, on n’en trouve quel’apparence.
De ce qui peut constituer le fond des conceptions huma-nitaires, il convient d’abord de retrancher les maximes et lessentiments qui planent sur les siècles et n’appartiennent enpropre à aucun d’eux. Dans le nombre et au premier rangfigurent cette affection mutuelle entre les hommes, cettefraternité que le christianisme a enseignées à la terre et quela philosophie ancienne n’avait pas méconnues. Quelquesprétentions que puissent nourrir les humanitaires, il fautcroire qu’ils n’ont pas celle d’avoir inventé l’Évangile, c’est-à-dire le code de morale le plus pur et le plus universel quiait paru ici-bas. Les écrivains qui voudraient faire du dé-vouement et de la solidarité une découverte récente feignentd’oublier les divins et immortels préceptes qui ont présidéà l’éducation et au développement des civilisations humaines.Ce ne sont ni les grands principes, ni les nobles modèles,modèles qui ont manqué au monde; c’est la pratique de cesprincipes et l’imitation de ces modèles. Ainsi il ne peut êtrequestion ici ni de la charité chrétienne, si expansive et siféconde, ni de la loi de dévouement qui convie les êtres à seconsidérer tous comme les membres d’une même famille.Les humanitaires peuvent s’approprier ces mobiles supé-rieurs, mais ils ne les ont pas imaginés.
il convient aussi, en spécifiant l’objet de leur poursuite,de faire le départ de celte vertu récente qui a reçu le nom dephilanthropie et qui est désormais passée dans nos mœurs.La philanthropie est plutôt une charité spéciale et définie,qu’une charité générale et indéterminée. Elle s’adresse plutôtà certaines classes qu’à toutes les classes, à quelques hommesqu’à l’humanité entière; elle exerce un patronage particulier