VILLE DE PAÜIS.
V
et de théologie. Collèges royaux de Louis le Grand, Henri IV, Bour-bon, Charlemagne, St-Louis. Ecole polytechnique. Ecole militaire.Ecoles spéciales des beaux-arts, des ponts et chaussées, des mines, d’ap-plication des ingénieurs-géographes, d’application du corps d’état-major,d’équitation. Conservatoire de musique. Athénée. Institution des sourds-muets. Bureau des longitudes. Archives du royaume. Chancellerie de laLégion d’honneur. Préfecture de police. Banque de France. Bourse etchambre de commerce. Conseil général des manufactures. Conseil deprud’hommes. Entrepôts réels des douanes. Mont-de-piété. Caisse d’a-mortissement. Hôtel des monnaies (lettre A). Société centrale d’agricul-ture. Société d’encouragement pour l’industrie nationale, et nombreusessociétés savantes, etc., etc., etc. Bureau et relais de poste. Petite poste.Population 935,261 habitants, non compris la garnison et les étrangersrésidant à Paris temporairement.
La position de Lutetia, capitale des Parisii, à Paris moderne, setrouve prouvée par les mesures de l’Itinéraire d’Antonin et de la Tablede Peutinger, pour les routes qui s’y joignent en partant d 'Agedincum,Sens, Rotomagus, Rouen, Genabum, Orléans. D’ailleurs les descrip-tions tétaillées données dans les Commentaires de César, soixante ansavant J.-C.; celles de Strabon et celles de l’empereur Julien au iv' siè-cle, jointes à une suite non interrompue de monuments historiques, nelaissent aucun doute sur la position de Lutetia, lors même qu’on seraitprivé du secours des mesures de Pline. Ptolémée , Ammien Marcellinet Zozime ont aussi fait mention de cette ville ; mais elle fut peu con-sidérable du temps des Romains, et Agedincum, Sens, a toujours été samétropole jusque sous Louis XIII, qui, en 1622, en fit le siège d’unarchevêché, et lui donna pour sufïragants Meaux, Chartres, Blois etOrléans. — Dans les derniers temps de la puissance romaine, Lutetiaprit le nom des Parisii, dont elle était la capitale, et de là est venu lenom moderne, Paris.
De toutes les villes des Gaules, Paris est une des plus anciennes. Leshistoriens s’accordent peu sur son origine ; celle qui paraît la plus vrai-semblable est l’émigration de quelques étrangers originaires de la Bel-gique, qui, sous le nom de Parisii, s’établirent sur les bords de laSeine, et occupèrent la plus grande des cinq îles que formait alors lefleuve, à l’eudroit où est aujourd’hui la Cité. Cette île reçut le nom deLutèce ou de Lucotèce, et n’avait pour défense que le cours de la Seine.Le gouvernement des habitants, comme ceux de tous les Gaulois de cetteépoque, était républicain, et il y a tout lieu de penser qu’ils formaientun peuple nombreux adonné à la pêche et à la navigation, brave et ja-loux de son indépendance.— L’an 700 de la fondation de Rome (54 ansavant notre ère), la nation des Parisii figure pour la première fois surla scène historique. Jules César, pressé par le besoin de continuer sesconquêtes, de renforcer sa cavalerie, convoqua dans un lieu, qu’il nenomme pas, une assemblée générale des nations gauloises : celles desTreairi, des Carnuies, des Senones, n’y députèrent point, ce qui ayantmis obstacle aux projets du conquérant, il convoqua une nouvelleassemblée à Lutèce, forteresse des Parisiens, située dans une île de laSeine (lib. ni), où se réunirent les principaux chefs des Gaulois. Quantau territoire occupé par les Parisiens, César dit « qu’ils étaient surles confins des Senonnais, avec lesquels, du souvenir des plus anciens,ils avaient fait alliance. » L’année suivante, presque toutes les nationsgauloises se soulevèrent contre la tyrannie du conquérant romain ; lesParisiens entrèrent dans cette ligue, et repoussèrent avec perte Labié-nus, qui s’était présenté devant leur cité. Cet avantage ne fut pas de-longue durée; Labiénus, maître des rives de la Seine, s’apprêtait àfaire une descente dans l’île de la Cité, lorsque les Parisiens, voyantl’impossibilité de défendre leur position, mettent le feu à leurs habi-tations et se retirent sur les hauteurs voisines, où bientôt s’engage uncombat terrible. Les Parisiens portent la mort dans les rangs des légionset combattent avec le courage que donne le désespoir, mais ils sontforcés de succomber devant le courage et la tactique des Romains ;leur vieux général Camulogène est tué dans le combat, et n’a pas làdouleur de voir ses compatriotes, ses fidèles compagnons d’armes, subirla loi du vainqueur.
César, devenu maître de Lutèce, fit rebâtir la ville, la fortifia de mu-railles, l’embellit de nombreux édifices, la ferma, dit-on, par deux tours
ou châteaux forts, placés à la tête de deux ponts de bois jetés sur laSeine à l’endroit où l’on voit aujourd’hui le Pont-au-Change et le Petit-Pont. — L’histoire ne parle plus ensuite des Parisiens ni de leur île.Lorsque Auguste, tenant les états de la Gaule, l’an 27 avant l’ère chré-tienne, fit un nouveau partage des provinces, Lutèce se trouva comprisedans la province lyonnaise.
Pendant les cinq cent trente années que les Romains possédèrent cetteville, ils l’agrandirent au nord et en dehors de l’île, ce qui fit donner lenom de cité à l’ancienne ville ; ils en firent la capitale des Gaules, oùrésidaient les gouverneurs, et y transportèrent la diète générale de cetteprovince. Quelques empereurs mêmes y établirent leur séjour ; Cons-tantin et Constance la visitèrent. Julien y passa deux ou trois hivers,embellit ou même rebâtit le palais des Thermes, où il fut proclaméauguste en 360 ; il l’appelle sa chère Lutèce, décrit sa situation aveccomplaisance, vante la gravité de ses habitants, qui déjà faisaient mûrirsur les coteaux environnants les fruits de la vigne et du figuier : il paraîtque ce fut vers ce temps que Lutèce reçut le titre de cité et le nom deParisii. Valentinien y composa plusieurs des lois contenues dans soncode ; Gratien, son fils, y fit quelque séjour, et perdit près de ses murs,en 383, contre le tyran Maxime, une bataille qui lui coûta l’empire etla vie. A cette époque, Jupiter était honoré à Paris, à la pointeorientale de la Cité; Mars, à Montmartre; Isis, à Issy, et Mercure surla montagne Ste-Geneviève.On présume que, vers l’an 245, saint Denisvint prêcher la foi chrétienne à Lutèce, et qu’il fut martyrisé avec sescompagnons sur la colline de Montmartre : une suite d’évêques, parmilesquels on compte saint Marcel et saint Landry, lui succédèrent, ettout porte à croire que, dès le règne de Valentinien, on avait élevé surune partie du terrain occupé aujourd’hui par Notre-Dame, une petitebasilique dédiée à saint Etienne.
Childéric I er , fils de Mérovée et chef des Francs, chassa les Romainsde Paris en 465. Clovis, son fils, après la défaite de Syagrius devantSoissons, et sa conversion au christianisme, y établit le siège de son em-pire vers 509 : sous son règne mourut sainte Geneviève, près du tom-beau de laquelle il fit élever la basilique de St-Pierre et de St-Paul,nommée plus tard abbaye de Ste-Geneviève. — Quoique Paris fût alorsune ville peu considérable, elle ne laissait pas toutefois d’être une placeimportante, puisque, dans le partage que les quatre enfants de Clovisfirent des seigneuries que leur père avait laissées après sa mort, ilsconvinrenUentre eux que Paris demeurerait neutre, sans appartenir àaucun des quatre, et que celui d’entre eux qui entreprendrait d’y entrersans le consentement des trois autres, perdrait la part qu’il pouvait yprétendre.
A celte époque, Paris, circonscrit dans la Cité, avait une enceintequi probablement datait de la fin du rv° siècle. D’après les chartes etles diplômes, tout porte à croire que cette île était traversée par unevoie se dirigeant du Petit-Pont, jeté sur le bras méridional de la Seine,au Grand-Pont, qui conduisait à la rive septentrionale. Cette voie sui-vait le terrain sur lequel fut bâti depuis le marché Palud jusqu’au lieuoù viennent s’y joindre les rues St-Christophe et de la Calandre, puis,formant à gauche un angle presque droit, allait aboutir au Grand-Pont. A l’est se trouvait la cathédrale, la maison de l’église, le bap-tistère, l’école de l’hospice des pauvres matriculaires, qui, longtempsaprès, devint l’Hôtel-Dieu ; l’enceinte où ces établissements étaient com-pris portait le nom romain d 'Atrium. Au côté septentrional de l’île etsur une partie de l’emplacement du marché aux Fleurs s’élevait unédifice qu’un ancien chroniqueur nomme prison de Glaucin. Entre l’é-glise cathédrale et le palais se trouvait la place du Commerce. L’ile étaitenvironnée d’un mur d’enceinte avec deux portes : l’une au nord etl’autre au sud, communiquant avec les ponts.
En 524, Childebert prit le titre de roi de Paris, où il mourut en558 : on lui doit la fondation de l’église Notre-Dame, celle de l’abbayeSt-Germain-des-Prés et de St-Germain-l’Auxerrois. Paris passa ensuitesuccessivement sous la domination de Charibert, de Cliilpéric, de Clo-taire II, de Dagobert, et de la suite des rois fainéants qui furent dépos-sédés en 752 par le maire du palais Pépin le Bref.— Sous les princes dela première race, la langue latine fut remplacée par le langage celtique,les lois romaines par les coutumes saliques. Un dur servage pesa sur les
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