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VILLE DE PARIS.
Montmartre, il en existait une autre, rue Comtesse d’Artois, dite porteNicolas Arrode et porte au comte d’Artois. De la porte St-Denis, lemur perçait le massif des maisons qui sont directement en face de larue Mauconseil, enserrait l’emplacement de la rue aux Ours, tra-versait la rue Bourg-l’Abbé, et allait aboutir à l’angle méridionalque forme la rue Grenier-St-Lazare , en débouchant dans la rueSt-Martin; là était la porte St-Martin, nommée aussi porte St-Méry. —Un peu au-dessous était une fausse porte ou poterne, nommée porte deNicolas Huidelon. Le mur traversait le massif des maisons situées entreles rues Michel-le-Comte et Geoffroy-Langevin, allait aboutir à la rue Ste-Avoie, entre le coin de la rue de Braque et l’hôtel de Mesmes, traversaitl’emplacement des bâtiments et jardins de cet hôtel et aboutissait à larue du Chaume, à l’angle que forme avec cette rue celle de Paradis. Làétait une porte appelée porte du Temple et porte de Braque, parce quela rue du Chaume était ainsi nommée. On la nommait aussi Porte-Neuveou Poteme-Neuve. — De cette porte le mur suivait à peu près la di-rection de la rue et du couvent des Blancs-Manteaux, se détournait unpeu de la ligne de cette rue à son extrémité orientale et aboutissaitdans larue Vieille du Temple, entre les rues des Francs-Bourgeois etdes Rosiers.Entre ces deux rues et sur celle du Temple se trouvait une entrée nom-mée porte ou plutôt poterne Barbette, à cause de l’hôtel Barbette, situédans le voisinage. — De cette porte et sans aucune interruption jusqu’àla porte St-Antoine, qui était située sur la place de Birague, le murdécrivait une courbe peu sensible , traversait les emplacements qui setrouvent entre la rue Vieille du Temple et la rue Culture-Ste-Catlrerine, etaboutissait presque à l’extrémité méridionale de cette dernière rue, énface l’église de Ste-Catherine-du-Val-des-Ecoliers. Près de là était la porteSt-Antoine dite aussi Baudet ou Baudoyer. — Le mur traversait l’em-placement de l’église et autres bâtiments de St-Louis, puis passait à tra-vers l’enclos du couvent de l’Ave-Maria, traversait l’emplacement dela rue des Barres, où l’on perça dans la suite une petite porte appeléefausse poterne St-Paul, et aboutissait à la rive droite de la Seine. Là,entre les rues de l’Etoile et St-Paul, vers le milieu du massif de bâti-ments qui sépare le quai des Ormes du quai des Célestins, et rétrécit lequai en s’avançant vers la Seine, s’élevait la tour de Billy, fortificationou dans la suite on pratiqua une porte nommée porte Barbelle ou Bar-béel-sui'-l’Yeau. Cette fortification terminait à l’est de Paris l’enceintede la partie septentrionale de cette ville. Entre la porte St-Antoine et laporte Barbéel étaient deux fausses portes ou poternes ; l’une ouvraitdans la rue des Prêtres-St-Paul, et portait le nom de porte St-Pôl ou deporte des Béguines et de l’Ave-Maria ; l’autre, uommée porte des Barres,aboutissait à la rue de ce nom.
L’enceinte de la partie méridionale fut commencée vers l’an 1208. Euface delà Tour-qui-fait-le-Coin, sur la rive droite de la Seine, à l’endroitmême du pavillon oriental du collège Mazarin, s’élevait une haute tourqui, d’abord appelée de Philippe Hamelin, reçut ensuite le nom de Nesle •c’est le point où commençait, du côté de l’ouest, l’enceinte méridionale.De la tour de Nesle, le mur, laissant en dehors l’emplacement de la rueMazariue et du collège Mazarin, en suivant la direction jusqu’au pointoù le côté oriental de cette rue cesse d’ètre en alignement, traversaitl’emplacement de la rue Dauphine, suivant la ligne de la rue Contres-carpe, et aboutissait à la rue St-André-des-Arts. Là se trouvait la portedite portedeBussi. — Decette porte, le mur, laissant en dehors le passageconnu sous le nom de Cour du Commerce, se dirigeait parallèlement àsa ligue entre ce passage et l’hôtel de Tours et aboutissait rue des Corde-liers, aujourd’hui de l’Ecole-de-Médecine, jusqu’à l’endroit de cette rueoù se voit encore la fontaine des Cordeliers. En cet endroit était uneporte appelée porte des Cordelles ou des Cordeliers, porte des Frèresmineurs, et ensuite porte St-Germaiu.
En partant de cette porte, l’enceinte traversant les rues de Touraine,de l’Observance et les emplacements intermédiaires, se prolongeait endroite ligne entre la rue des Fossés-de-Monsieur-le-Prince et l’enclos ducpuvent des Cordeliers, où se voient encore de grandes parties de ce murpuis aboutissait a la place St-Michel et a 1 extrémité supérieure de larue de la Harpe. A l’endroit même où cette rue débouche sur cetteplace était une porte de ville nommée Gibert ou Gibard, ou porte d’En-ier. En 1394 Charles VI lui donna le nom de porte St-Michel. Le mur
longeait l’enclos du couvent des Jacobins. Vers le milieu de l’espacequi se trouve entre les rues Soufilot et des Fossés-St-Jacques , était uneporte appelée de St-Jacques ; on la nomma aussi porte de Notre-Dame-des-Champs. De là le mur se prolongeait sur les emplacements qui sontau nord, et à environ 20 m. du côté septentrional des rues des Fossés-St-Jacques , de l’Estrapade, et, ayant enserré la maison, l’église et lesjardins de Ste-Geneviève, aboutissait à la rue Bordet, où se trouvait uneporte de ce nom. On l’appelait aussi Bordel et Bordelle ; elle était situéeà environ 24 m. du point où cette rue débouche dans celle de Fourci.— Le mur d’enceinte suivait la direction de la rue des Fossés-St-Victor ;il traversait l’enclos de l’Ecole polytechnique, s’étendait jusqu’à la rueSt-Victor, où était une porte de ville appelée St-Victor. De là le murtraversait l’emplacement du séminaire des Bons-Enfants, ceux de diverschantiers , et s’étendait en droite ligne jusqu’au bord de la Seine , dansune direction parallèle à celle de la rue des Fossés-St-Bernard. A l’en-droit où le mur aboutissait à la rive de la Seine était une porte et for-tification appelée Tournelle ; là se terminait l’enceinte de la partie mé-ridionale de Paris.
Philippe Auguste jeta les fondements de la basilique actuelle deNotre-Dame, fit construire la tour du Louvre et commencer à paver lesrues ; Gérard de Poissy contribua pour S,000 marcs d’argent à cetteutile entreprise. Sous le règne de ce prince on bâtit les églises St-Ho-noré, St-Thomas et St-Nicolas du Louvre, l’hôpital de la Trinité et unport au-dessus du Pont-au-Change.
Un mois après l’affligeant résultat de la bataille de Poitiers, le 18 oc-tobre 1336, sous les ordres du prévôt des marchands , Etienne Marcel,commencèrent les travaux de la quatrième enceinte. Dans la.partie mé-ridionale de la ville , le plan de l’enceinte n’éprouva point de change-ment; mais de grandes réparations s’opérèrent aux murailles qui tom-baient en ruines. Les portes, munies de tours et d’autres ouvrages defortifications, et les fossés, pour la première fois profondément creusés,et dans quelques parties remplis par les eaux de la Seine, mirent de cecôté les Parisiens en sûreté. — Dans la partie septentrionale l’enceintereçut un accroissement considérable. De l’ancienne porte Barbellepartait une muraille flanquée de tours carrées, qui remontait sur lebord de la rivière jusqu’au point où le fossé actuel de l’ArsenalV débouche. A l’angle formé par le fossé et par le cours de la.Seinefut élevée une tour ronde très-haute, appelée tour de Billy. Lamuraille suivait la direction du fossé jusqu’à la rue St-Antoine ,où fut construite une porte fortifiée de tours, et nommée la bastilleSt-Antoine. De cette porte, le mur laissait le boulevard actuel en de-hors, et suivait à peu près sa direction jusqu’à la rue du Temple, où futconstruite , avec fortifications , une porte nommée bastille dn Temple.La muraille se dirigeait ensuite parallèlement à la rue Meslay, qui aporté anciennement le nom de rue du Rempart, jusqu’à la rue St-Mar-tin, où fut bâtie une porte dite de St-Martin. Elle suivait ensuite la lignede la rue Ste-Apolline jusqu’à la rue St-Denis, où était une porte forti-fiée , nommée bastille de St-Denis. De cette bastille, le mur d’enceintecontinuait en suivant la direction de la rue Bourbon- Villeneuve, quianciennement se nommait rue St-Côme-du-milieu-des-Fossés , puiscelle de la rue Neuve-St-Eustache. A l’endroit où cette rue aboutit à larue Montmartre était une porte nommée de Montmartre. Le mur seprolongeait entre la rue des Fossés-Montmartre et le cul-de-sac St-Claude , jusqu’à la place des Victoires, qu’il traversait ; puis il coupaitl’emplacement de l’hôtel de Penthièvre, aujourd’hui banque de France,celui de la rue des Bons-Enfants, et pénétrait dans le jardin du Palais-Royal, vers le milieu de sa longueur. La ligne du mur continuant à tra-vers ce jardin et la rue Richelieu , jusqu’à l’endroit où vient aboutir lapetite rue du Rempart, suivait sa direction jusqu’au point où cette pe-tite rue aboutit dans celle de St-Ilonore • là, sur cette dernière rue, setrouvait une porte fortifiée, nommée porte St-Honoré. De la porte St-Honoré le mur, en suivant la direction de la rue St-Nicaise, se prolon-geait jusqu’au bord de la Seine, où s’élevait une haute tour qui a sub-sisté jusque sous le règne de Louis XIV *• elle était nommée la tour duBois. — En 1368 cette enceinte fut réparée et les fortifications augmen-tées. Du côté du midi on entoura les anciens murs d’un fossé profond ;sur les bords de la Seine étaient quatre tours ; la tour du Bois, près du