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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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VILLE RE PARIS. DEUXIEME AÏUIONDISSEMEXT. N° o. QUARTIER PU PALAIS-ROYAL.

de montagne est un autel de marbre bleu turquin, en forme de tombeauantique, orné de deux urnes : au milieu sélève le tabernacle, composédune colonne tronquée, et autour duquel sont groupés les instrumentsde la Passion. Cette composition sépulcrale et poétique a été conçue parFalconet, La sculpture des figures de la niche est louvrage de MichelAuguier. Une nouvelle scène sépulcrale a été récemment ajoutéeà droite de cette chapelle, de vastes rochers présentent louverture dunegrotte, devant laquelle sont deux groupes de ligures, en ronde-bosse,plus grandes que nature : ces groupes représentent Jésus mis au tom-beau.

Cette église est ornée du médaillon du maréchal dAsfeld, du mau-solée de Maupertuis, par dHuez ; de celui du peintre Mignard, parJ.-B. Lemovne ; du buste de Barbezière; du mausolée de Marillac.Mgr le duc dOrléans, aujourdhui roi des Français, à la sollicitationde M. Legrand, architecte distingué, a fait sculpter au-dessus dun desbénitiers de la grande nef, à gauche en entrant, un portrait du grandCorneille, avec cetté inscription : Pierre Corneille, à Rouen le 6juin 1606, mort a Paris, rue dArgenteuil, le 1 er octobre 1684, estinhumé dans cette église. A droite, au-dessus du bénitier, on a inscriten lettres dor sur une table en marbre blanc les noms de Louvois, deMably, de Hénaut, de labbé de lEpée, de M me Deshoulières.

On remarque dans la nef la chaire du prédicateur, au-dessus de la-quelle plane un ange déchirant le voile de lErreur. Elle est décorée detrois bas-reliefs dorés sur des fonds blancs, représentant la Foi, lEspé-rance et la Charité.

Cest à St-Roch que furent célébrées, en 1806, les obsèques deM mo deMontesson, mariée secrètement au duc dOrléans, aïeul du roi Louis-Philippe I er . Une circonstance dramatique eut lieu lorsquon sortit lecorps, qui devait être transporté à Ste-Assise, il devait être enterréprès du duc dOrléans. Au moment lon descendait le cercueil pourle porter sur le corbillard, escorté de plus de cent personnes qui luifaisaient cortège, un autre convoi sarrêtait au bas de lescalier de lé-glise, et les deux cercueils se croisèrent dans leur marche funèbre. Ladernière arrivée était M ,lc Marquise, autrefois danseuse de lOpéra,adorée jadis du duc dOrléans, quelle avait rendu père de labbé deSt-Far, de labbé deSt-Albin, et de M* Brossard. Le duc dOrléans la-vait aimée avec passion, lavait faite marquise de Villemonble. Et puisil avait aimé M" 10 de Montesson, et abandonné la mère de ses fils. Etces deux femmes, jadis rivales, se retrouvaient ainsi sur le seuil ducimetière, de ce lieu séteignent toutes les passions.

Sous le consulat, à une époque il nétait pas encore question derétablir officiellement le culte catholique, quelques anciens nobles ré-cemment rentres de lémigration, et autres partisans de lancien régime,obtinrent en 1800, du ministre de la police, lautorisation de faire dire june grandmesse à huis clos, le jour de Pâques , dans léglise St-Roch. |Pour la première fois depuis huit à dix ans, on revit des prêtres en cliasu- Iblés, des enfants de chœur, un suisse en costume, un bedeau, des ciergesallumés en plein jour, etc., etc. La cérémonie fut imposante et les femmeséblouissantes de parure; la quête, faite par la belle M n,e Récamier, queconduisait le comte de Thyard, produisit plus de trente mille francs.

Peu de temps après, léglise fut rendue au culte public, et un despremiers actes du curé qui la desservait fut un acte dintolérance.M l,e Chameroy, célèbre danseuse de lOpéra , ayant succombé à unemaladie de poitrine, à lâge de vingt-quatre ans, le 15 octobre 1800, futprésentée à St-Roch, le curé de cette église refusa de la recevoir,ainsi que le nombreux cortège dartistes en tous genres qui laccompa-gnait. On fut obligé alors davoir recours au curé des Petits-Pcres , quine refusa aucune des prières et des cérémonies dusage.

Le 16 janvier 1815 lentrée de léglise St-Roch fut refusée aux restesde M lle Raucourt, morte la veille dune maladie inflammatoire, bienquelle eût fait pendant sa vie des dons considérables à cette paroisse. Lepeuple, justement indigné, enfonça les portes et commença à remplirlui-même les cérémonies dusage, lorsque Louis XVIII, prévenu de cescandale, envoya un de ses aumôniers pour faire le service. Lordre futpromptement rétabli, et la foule accompagna paisiblement le convoi decette célèbre tragédienne au cimetière de lEst, un buste en marbreindique le lieu de sa sépulture.

Le marché St-Konoré, ou des Jacobins, situé entre la rue St-Honoré et la rue Neuve-des-Petits-Cbamps. Ce marché, construit en1810, consiste en quatre halles disposées au centre dune place fortétendue, entourée de belles maisons. Au centre est une fontaine remar-quable.

Le couvent des Jacobins a été construit en 1611 et supprimé en1790. Léglise, lon voyait le tombeau de Mignard, fut affectéependant la révolution aux réunions de la société fondée sous le nomde société des amis de la constitution, qui, dès les premières annéesde 1790, prit le nom de club des jacobins, et exerça une si grandeinfluence sur les événements de cette époque. Cet édifice semblait dureste destiné à cette célébrité populaire: cétait en effet que, sousHenri III, sétaient tenus les états de la Ligue. Le premier club fondéaprès la convocation des états généraux fut le club breton, réunion desdéputés de la Bretagne, qui sassemblaient pour discuter les questionsqui devaient être posées à lassemblée nationale. Bientôt plusieurs dé-putés des autres provinces y furent admis. On comptait parmi ses mem-bres des ambassadeurs étrangers, des princes, et, ce qui Phonoraitdavantage, des hommes illustres par leurs talents , célèbres dans la lit-térature, et des savants qui ont honoré leur siècle : Chapelier, Goupil dePréfeln, Lanjuinais, Sièyes, Barnave, Lameth en faisaient partie eujuillet 1789. Après le 6 octobre , le club breton , qui jusqualors avaitsiégé à Versailles, suivit à Paris lassemblée nationale, et sétablit dansla bibliothèque du couvent des jacobins de la rue St-Honoré, ilchangea son litre contre celui de société des amis de la constitution, etdès la première année prit le nom de club des jacobins. Sous lassem-blée législative, ce club acquit une importance extraordinaire ; léglisesuffisait à peine à la foule de ses membres et de ses nombreux auditeurs.Un immense amphithéâtre sélevait en forme de cirque, et occupait lagrande nef de cette église; un bureau se trouvait au centre, et était oc-cupé par le président et par les secrétaires. On y recueillait les voix ; ouy constatait les délibérations sur un registre. Une correspondance activeentretenait le zèle des sociétés répandues sur la surface entière de laFrance. Ce club, par son ancienneté et une violence soutenue, lavaitconstamment emporté sur tous ceux qui avaient voulu se montrer plusmodérés ou même plus véhéments.Cest dans la salle de correspondancedes jacobins que se réunit, dans la nuit du 25 au 26 juillet, le comité cen-tral des fédérés, d fut tiré le directoire secret qui concerta le plan delinsurrection du 10 août; les cinq membres qui composèrent ce direc-toire étaient Vaugeois, grand vicaire de îévèque de Blois ; Debessé, dela Drôme ; Guillaume, professeur à Caen ; Simon, journaliste de Stras-bourg, et Galissot, de Langres. Un sixième membre, Pétion , maire deParis, fut adjoint immédiatement à ce directoire, et quelques joursaprès on y invita Fournier lAméricain, Westermann, Kieulin, San-terre, Alexandre, Lazouski, Camille Desmoulins, Antoine (de Metz),Lagrey et Garin. La première séance de ce directoire se tint dans unpetit cabaret, au Soleil dor, rue St-Antoine, près la place de la Bastille :ce fut que Fournier apporta le drapeau rouge , dont Pétion avaitdonné lidée. La seconde séance de ce directoire se tint le 4 août, auCadran bleu, sur le boulevard du Temple, d lon partit à huit heuresdu soir pour se réunir chez Antoine, ex-constituant, rue St-IIonoré, dansla maison même demeurait Robespierre. Dans celte séance, Pétiouécrivit tout le plan de linsurrection, la marche des colonnes et lattaquedu château. Enfin la troisième séance active de ce directoire se tint dansla nuit du 9 au 10 août, au moment le tocsin sonna, dans trois en-droits différents en même temps : 1° sous la direction de Fournier lA-méricain, au faubourg St-Marceau ; 2° sous la direction de Westermannet de Santerre, au faubourg St-Antoine ; 3 Ü sous la direction de Pétionet de Garin, dans la caserne des Marseillais, et dans la chambre mêmedu commandant. La .société des jacobins a été fermée , le 24 juilletJ 794, par le député Legendre. Depuis, léglise des Jacobins a été démo-lie, et sur son emplacement on a percé la rue St-Hyacinthe ; le marchéSt-Honoré a été établi sur lemplacement des jardins et des bâtimentsconventuels du monastère.

Rue Richelieu, n° 41, à langle de la rue Fontaine-Molière (ci-devant rue Traversière), en face de la maison il mourut, sélève un