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Les quarante-huit quartiers de Paris : biographie historique et anecdotique des rues, des palais, des hôtels et des maisons de Paris / par Girault de Saint-Fargeau
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VILLE DE PARIS. DEUXIÈME ARRONDISSEMENT. N* 7. QUARTIER FEYDEAU.

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et du tout composa ce quon nommait au Louvre le cabinet des anti-ques. En 1667, tout ce qui composait ce cabinet fut transféré à la biblio-thèque royale. Par les soins de Colbert, ce dépôt saccrut considérable-ment. Trois voyages faits par Vaillant en Egypte et en Perse lenrichirentde beaucoup dobjets rares. Enfin depuis ce temps il na cessé dètre aug-menté, et se compose aujourd'hui denviron quatre-vingt mille médaillesdécrites, et la plupart gravées dans louvrage de M. Mionnet. Au milieude la salle est un grand et magnifique buffet couvert dobjets précieux,parmi lesquels on remarque un vase en ivoire en forme de calice, faitdune seule dent déléphant, monté et doublé en vermeil, enrichi depierres de diverses couleurs. Il a avec son couvercle 50 c. de hauteur sur16 de largeur ; ses bas-reliefs représentent des combats des Turcs contreles Polonais. Dans un de ses tiroirs sont les objets précieux trouvés en1653 , à Tournai , dans un tombeau que lon croit celui de Childebert,père de Clovis. On y voit encore deux disques, dont le premier, trouvédans le Rhône en 1656, a 68 c. de diamètre, pèse quarante-deux marcs,est timbré dun bas-relief représentant la continence de Scipion ; lautre,trouvé par un laboureur du Dauphiné, en 1714 , a 72 c. de diamètre,pèse quarante-trois marcs ; il a reçu des savants le nom de bouclierdAnnibal.

La Bourse, située place de la Bourse, entre les rues Feydeau et desFillesSt-Thomas. Cet édifice, destiné aux assemblées de négociants, àtous les accessoires dune réunion semblable, et au tribunal de commerce,est élevé sur remplacement du couvent des filles St-Thomas ; la premièrepierre en fut posée le 24 mars 1808. Son plan offre un parallélogramme,dont la longueur est de 69 m., et la largeur de 41 m. Un ordre corin-thien de soixante-quatre colonnes embrassant deux étages dans sa hau-teur, règne autour de lédifice et forme un promenoir couvert sur la fa-çade principale; le portique prend une double profondeur, et présente unpéristyle de quatorze colonnes de même ordre, supportant un atlique;on y parvient par deux perrons de seize marches, occupant toute la lar-geur des façades occidentale et orientale ; sur lentrée principale on litcette simple inscription :

BOURSE ET TRIBUNAL DE COMMERCE.

Du péristyle on arrive par un vaste vestibule à la salle de la Bourse,dont la superficie est de 40 m. de long sur 26 de large, y compris laprofondeur des galeries en arcades qui régnent au pourtour. Cette sallereçoit son jour du comble , et peut coutenir deux mille personnes. Riennest plus magnifique que sa décoration intérieure, MM. Abel de Pu-jol et Meynier ont tracé avec une illusion parfaite en grisaille, des com-positions du plus grand mérite. A lextrémité de la salle est le par-quet des agents de change et des courtiers de commerce ; la gauche estoccupée par un grand escalier conduisant au greffe et aux salles dau-dience du tribunal de commerce. Au premier étage, une galerie quiforme tribune règne autour da la grande salle, comme au rez-de-chaus-sée, et sert de communication aux différentes pièces.

Lhôtel de la Bourse est isolé sur ses quatre faces , et élevé sur uusoubassement qui le fait dominer sur tous les bâtiments qui lavoisinent,et est entouré dune place plantée darbres.

Le théâtre de lOpéra-Comique, situé place des Italiens. Vers1780, la salle de lhôtel de Bourgogne, étaient établis les acteurs dela Comédie italienne, tombant en ruines , on choisit lemplacement delhôtel Choiseul pour y construire un théâtre proportionné au goût deplus en plus prononcé que la population de Paris manifestait pour lesspectacles. Les travaux, commencés eu mars 1781, sur les dessins delarchitecte Heurtier, furent achevés en 1783. Le 28 avril de la mêmeannée, la comédie nommée improprement italienne, puisque depuislongtemps on ny représentait plus que des pièces françaises, quitta sontriste local de la rue Mauconseil, et vint débuter à la nouvelle salle ,qui reçut le nom de salle Favart, en lhonneur de laimable auteur deÿinetle à la cour, de la Chercheuse d'esprit, des Trois S alternes, etc., etc.Toutefois, comme en parlant des acteurs pour lesquels le théâtre avaitété construit on les désignait sous le nom des Italiens , la place sur la-quelle donnait la façade de cette salle prit le nom de place des Italiens,nom qui fut aussi donné au boulevard par lequel on y arrive. Louver-

ture de la salle Favart eut lieu le 28 avril par une petite pièce intituléeThalie à la nouvelle salle. Le fond du théâtre était adossé à la partieconservée de lhôtel de Choiseul dont la façade donnait sur le boule-vard, et sétablit en 1782 le cercle ou la société dite du Salon, éta-blissement se réunissait ce que Paris renfermait alors dhommes dis-gués. Ce salon était ouvert tous les jours depuis neuf heures du matinjusquà onze heures du soir ; on y trouvait les papiers publics, lés livresnouveaux, cartes géographiques, etc. Les jeux de société y étaient tolé-rés ; mais les jeux de hasard y étaient absolument interdits, et chaquemembre sengageait dhonneur à ne pas contrevenir à cet engagement. Les acteurs de lOpéra-Comiqne jouèrent à la salle Favart jusquen1797, époque des réparations urgentes les obligèrent à labandonnerpour aller occuper le théâtre de la rue Feydeau. Sous lempire, une troupepermanente de chanteurs italiens que Napoléon avait fait venir à Paris,occupa ce théâtre alternativement avec les théâtres Louvois, de la ruede la Victoire et de lOdéon. Sous la restauration et depuis la révolutionde juillet, les Italiens furent remis en possession de la salle Favart, quiréunit pendant plus de vingt années lélite de la société parisienne.Lors de l'incendie qui consuma ce théâtre en 1838, les Italiens se réfu-gièrent à 1Odéon, d ils passèrent à la salle Ventadour, quils occu-pent aujourdhui. La salle Favart, reconstruite en (839, est affectée de-puis cette époque aux représentations de lOpéra-Comique dont la desti-née a été si brillante au théâtre Feydeau, aujourdhui détruit et dontnous ne pouvons nous dispenser de dire un mot.

Le théâtre Feydeau , situé rue Feydeau , n° 19, avait été construitpar MM. Legrand et Molinos pendant les années 1789 et 1790, par unetroupe venue dItalie sous la protection de Monsieur, depuis Louis XVIII,qui débuta dans la salle des Tuileries le 29 janvier 1789 par un opéra-boufton intitulé le Vicendc Amorose. La journée des 5 et 6 octobre1789, qui obligea Louis XVI à occuper les Tuileries, força les bouffonsà déménager ; ils allèrent sétablir à la foire St-Germain dans le théâtrede Nicolet, quils quittèrent pour aller occuper, sous la direction du cé-lèbre violoniste Violti, le théâtre de la rue Feydeau, qui prit le titre dethéâtre de Monsieur, ils débutèrent, le 6 janvier 1791, par mi opéraintitulé le No:,ze de Dorina, Outre Topéra-boulfon italien, auquel cethéâtre était particulièrement consacré, il réunissait deux autres genres :la comédie française et lopéra-comique, auxquels on ajouta un peuaprès le vaudeville. Dans le cours de la révolution, ce théâtre prit lenom de théâtre Feydeau, et les bouffons eu disparurent pour ny plusrevenir. LOpéra-Comique sy installa en 1797, lorsquil fut obligé dequitter la salle Favart, pour cause de réparation. Après plusieurs annéesde décadence et de succès, le théâtre Feydeau fit sa clôture en 1801,époque venait aussi dêtre fermé le théâtre Favart. La fusion destroupes de ces deux théâtres sétant opérée, le 16 septembre 1801 eutlieu le début de la nouvelle société, qui prit le nom de théâtre delOpéra-Comique, auquel elle ajoqta sous lempire le titre de Comédiensde lempereur. La salle, qui menaçait ruine, fut irrévocablement ferméele 16 avril 1829, et démolie lannée suivante; elle était vaste, impo-sante, mais dune élévation démesurée. Avec la salle a disparu le passageFeydeau, sur lemplacement duquel a été bâti le théâtre des Nouveautés,devenu théâtre du Vaudeville.

« Aujourdhui, dit lun des spirituels auteurs des Cent et un, Fey-deau est mort ; mais qui ne se rappelle les joyeuses soirées dartistes deson foyer dont Hoffmann était làme. Le foyer de Feydeau fut un dessalons les plus agréables de. Paris. Le bon ton y était de règle; non cebon ton bégueule qui interdit à la causerie ses libertés, ses saillies, sesplaisanteries vives et mordantes, mais celui de quelques-uns des anciensbureaux desprit, moins la pédanterie. Hoffmann présidait ce petit clubdamis; Hoffmann, érudit, original, caustique, railleur, parlant de toutavec une grâce malicieuse. Auprès d'Hoffmann était Carat, grandconteur danecdotes de lancienne cour et de la révolution. Venaitensuite: Darcourt, vieux comédien du roi de Prusse, qui avait suc-cédé au célèbre Carlin, celui qui appelait Elleviou lEmpereur,parce quil était le despote de lOpéra-Comique ; le spirituel et cyni-que Perpignan; Bouvier, musicien dorchestre, faiseur dexcellentescharges; le poète Emmanuel Dupaly ; la spirituelle M"= Cavaudan;