VILLE DE PARIS.
NEUVIÈME ARRONDISSEMENT. — N u 33. QUARTIER DE L’ILE ST-LOUIS.
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de brasseur. Il fut chargé pendant un moment du commandement del’armée révolutionnaire, qu’on ne tarda pas à lui retirer pour le confierau général Ronsin, auteur dramatique et comédien au théâtre de l’Am-bigu-Comique. C’est à tort qu’on a dit que Santerre commandait lestroupes qui assistaient à l’exécution de Louis XVI; elles étaient sousles ordres du comte d’Espagnac, qui ordonna le roulement au momentoù Louis XVI entreprenait de parler au peuple. Santerre est mort vers1809, dans le Faubourg St-Autoine. Son fils avait transféré son éta-blissement rue Notre-Dame-des-Champs , n“ 7, ancien hôtel de Mont-morency.
NEUVIÈME ARRONDISSEMENT.
Les limites de cet arrondissement sont : à partir du port au Blé , laplace de l’Hôtel-de-Ville à droite, la rue de la Tixeranderie n“ impairs,la rue St-Antoine n“ impairs, partie de la place de la Bastille , la rueContrescarpe, la rive droite de là Seine jusque vis-à-vis Me St-Louis ,les quais de Béthune et d’Orléans jusque vis-à-vis Me de la Cité, lesquais de l’Archevêché, l’Hôtel-Dieu, le Marché-Neuf, la rue de la Ba-rillerie n os impairs , le quai Desaix , le quai Napoléon jusqu’au pontd’Arcole vis-à-vis de la place de l’Hôtel-de-Ville.
N» 35. QUARTIER DE L’iLE ST-LOUIS.
Ci-devant section de la Fraternité, et ensuite section de l’Ile.
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Les limites de ce quartier sont : les quais de Bourbon, d’Anjou, deBéthune et d’Orléans. — Superficie 110,000 m. carrés, équivalant à0,003 de la superficie totale de Paris.
On remarque dans ce quartier :
L’église St-Louis-en-l’Ile, située rue St-Louis, à l’angle de la ruePoulletier. Cette église doit son origine à une chapelle construite en 1618par un maître couvreur nommé Nicolas Lejeune. L’île s’étant rapidementpeuplée, cette chapelle fut érigée en église curiale en 1623, par l’arche-vêque de Paris , François de Gondy. Le nombre des habitants étant de-venu de plus en plus considérable, on posa en 1664. la première pierred’une nouvelle église , dont la chapelle primitive forma la nef. Cet an-cien édifice s’étant écroulé en partie en 1702 , on commença la memeannée la reconstruction de la nef. Louis Levau donna les premiers plans,et c’est sous sa direction que le chœur fut bâti. La nef fut achevée en1723, sur les dessins de Levau et sur ceux de Gabriel le Duc, qui con-tinua l’œuvre. Louis XIV et Louis XV fournirent les sommes qu’exigeacette construction, et les paroissiens y contribuèrent par leur générosité.L’église fut consacrée sous l’invocation de saint Louis le 14 juillet 1726-La coupole du transsept a été construite de 1724 à 1725. La richesculpture de toutes les parties de ce charmant édifice est l’ouvrage deJ.-B. Champagne, neveu de Philippe de Champagne. Des pilastres co-rinthiens décorent ses arcades élégantes : la disposition des chapelles descroisées est fort heureuse. Le clocher, construit en pierre, en forme d’o-bélisque percé à jour, offre un aspect singulier. Ces embellissements fu-rent exécutés avec le produit d’une loterie accordée à cette église. — Lepoète Quinault avait été enterré dans l’église St-Louis en 1688 , ainsiqu’Àntoine Uyon d’Hérouval, qui y avait un tombeau.
Le cimetière de la paroisse de St-Louis était dans cette rue , à l’en-droit où existe aujourd’hui la maison portant le n° 9, dont la porte étaitcelle du cimetière; mais quelque temps avant la révolution, on n’y en-terrait plus, les corps étaient portés au cimetière de Clamart, qui estmaintenant fermé.
Le pont de la Tournelle. Ce pont, situé sur le bras méridional dela Seine, communique du quai de la Tournelle à l’île St-Louis. Très-anciennement il y avait en cet endroit un pont de bois , dit le pont defust de l'isle Notre-Dame et St-Bernard, lequel fut planchié en sep-tembre 1370 ; en 1369 on y ft une tournelle carrée et une porte quifut étoupée (blanchie) L’année suivante. Ce pont, détruit, à ce qu’il pa-raît, par les eaux, fut remplacé en 1620 par un autre pont qu’emporta
l'inondation de 1637 ; il fut rétabli et emporté de nouveau par les eaux.Ce fut seulement en 1656 qu’ou commença la construction du pont ac-tuel. Une inscription ainsi conçue en retrace le souvenir :
Du règne de Louis XIV,de la prévôté de messire Alexandre de Sève,prévôt des marchands,ce présent pont a été bâti.
L’inscription française était accompagnée de ce distique latin :
Ædiles récréant submemtm flamme ponlem,
Non est officii sed pieiatîs opus.
En 1695, on construisit au-dessous de la première arche du pont dela Tournelle, du côté de Me St-Louis, une machine hydraulique desti-née à alimenter plusieurs fontaines ; le succès qu’on en attendait n’ayantpas été réalisé, cette machine fut démolie en 1705.
Le pont de la Tournelle doit son nom au château de la Tournelle,qui était situé entre la porte St-Bernard et la rivière. C’était une tourde forme carrée que Philippe Auguste avait fait bâtir en 1185, pourservir à la défense de la ville de ce coté, conjointement avec la tourLoriot, construite sur le terrain de l’île St-Louis , et la cour de Billyqui était près des Célestius. A chacune de ces tours étaient attachées degrosses chaînes qui traversaient la rivière, et qui étaient portées sur desbateaux plats, disposés de distance en distance. En 1632, saint Vincentde Paul obtint de Louis XIII la permission de loger les galériens dansla forteresse de la Tournelle' ; un autre ami de l'humanité légua six millelivres de rente à ces prisonniers, qui ne vivaient auparavant que descharités publiques. La forteresse prit alors le nom de prison de la Tour-nelle; le concierge était nommé par le ministère de la marine. C’étaitde la prison de la Tournelle que partait la chaîne des galériens. Le3 septembre 1792 , lors du massacre des prisons de Paris , une banded’égorgeurs se transporta dans cette prison , où étaient soixante-treizecondamnés aux fers qui devaient partir le lendemain pour leur destina-tion ; ils furent tous massacrés. — La tour et la porte St-Bernard, qui yétait attenante; furent démolies peu de temps après.
Le pont de la Tournelle est composé de six arches à plein cintre, eta été construit avec une solidité qui a déjà bravé près de deux siècles,en un point où les glaces de la Seine vont se heurter avec force contreses piles en éperons. Sa longueur est de plus de 108 m., sur une lar-geur de 14 m. —Ce pont a été complètement restauré et'considéra-blement élargi en 1845.
Le Pont-Marie, situé sur le bras septentrional de la Seine; il com-munique du quai des Ormes à l’île St-Louis. Ce pont a été construit àpeu près au même endroit où , selon Sauvai, existait en 1360 le pontde fusl (de bois) d’emprès St-Bernard aux Barrés , et tout porte àcroire que ce pont fut emporté par les eaux. Un autre pont, construitsur le même emplacement, fut emporté par l’inondation de 1637. LePont-Marie fut commencé par Christophe Marie , entrepreneur desponts et chaussées, et sa construction subit les diverses phases qui signa-lèrent l’entreprise des bâtiments de cette île. Le roi Louis XIII et lareine mère en posèrent la première pierre le II décembre 1614 ; il futachevé et couvert sur les deux côtés de cinquante maisons , dont cha-cune avait une profondeur d’un peu plus de 8 m. Le 1 er mars 1658,entre minuit et une heure, un grand débordement de la Seine entraînales deux arches du côté de Me et vingt-deux maisons qui y étaient bâ-ties ; près de soixante personnes perdirent la vie par suite de cet évé-nement. L’année suivante , le roi ordonna par lettres patentes du17 mars, que la pile et les deux arches fussent rétablies ; mais il fut in-terdit d’y construire des maisons. En attendant le rétablissement dupont, on construisit au-dessus un pont de bois, suffisamment large pourle passage des voitures, qui aboutissait aux arches conservées ; et pourfaciliter la reconstruction du pont, on permit de percevoir pendant dixans un droit de péage ; ce qui explique pourquoi le Pont-Marie estquelquefois désigné sous le nom de Pont-au-Double . Les vingt-huitmaisons dont restait chargé le pont furent démolies en 1786 , ainsi quequelques autres qui faisaient le retour de ce pont, vis-à-vis le quai desOrmes.