VILLE DE PARIS.
NEUVIÈME ARRONDISSEMENT. — N° 34. QUARTIER DE L’HOTEL DE VILLE.
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binet des Muses ont été vendues. L’Etat a acquis pour le musée royal, oùon les voit exposées, les cinq compositions représentant les Muses et leplafond d’Apollon. Les quatre tableaux qui ornent encore le cabinet desMuses sont dus au pinceau de François du Perrier.
L’hôtel Lambert a appartenu aux fermiers généraux Dupin et de laHaye, au marquis du Châtêlel-Laumont, à M. de Montalivet, ministrede l’intérieur sous l’empire. Le dépôt des lits militaires y a été établijK*ndant plusieurs aimées. Cet hôtel a été en vente au mois de mai 1842,sur la mise à prix de 180,000 francs; l’enchère n’ayant pas été cou-verte, une nouvelle adjudication fut annoncée, et la mise à prix lut ré-duite à 160,000 francs; niais dans l’intervalle l’hôtel a été vendu àl’amiable à M"*' la princesse Czartoryska, qui l’a lait restaurer avec leplus grand soin ; c’est incontestablement aujourd’hui un des plus beauxhôtels de Paris.
Rue Bretonvilliers, n°2, était l’hôtel de ce nom, construit sur lesdessins de Ducerceau , par le Ragois de Bretonvilliers , président de lachambre des comptes, et longtemps occupé par les bureaux des fermiersgénéraux. It s’étendait jusqu’à la pointe orientale de Pile St-Louis, sur lequai de Béthune, et jouissait d’une situation on ne peut plus avantageuse.Bourdon v avait peint une galerie qui, bien avant 1789, était entière-ment dégradée : on y voyait quatre grands tableaux du Poussin, destravaux peints par Mignard , d’après Raphaël ; les meubles étaientd’une rare et curieuse magnificence. Non-seulement toutes ces richessesont disparu, mais de l’édifice lui-même il ne reste que peu de chose:des maisons bâties sur l’emplacement où étaient les jardins, et les cons-tructions élevées par l’administration des hvdrothermes, ont entièrementdénaturé ce magnifique hôtel.
Quai d’Anjou, n ü 17, est Fhot-ei, Pimoda.n , dont les appartementssont ornés de peintures, de dorures et de sculptures de la plus granderichesse.
Rue Regratière, n° 5, demeurait en 1793 l’ex-président du tribu-nal révolutionnaire Coffinhal. Doué d’une grande force corporelle etd’un caractère énergique, il combattit avec vaillance dans la journéedu 10 août; après la prise des Tuileries, la commune le nomma vice-président du tribunal du 10 août. Plus tard, il fut président du clubdes Jacobins , juge et ensuite président du tribunal révolutionnaire. Le9 thermidor, après la séance de la convention, il délivra Henriot, retenuprisonnier, que dans un accès de colère il précipita ensuitedu haut d’unefenêtre sur le pavé d’une des cours intérieures de l’hôtel de ville. Par-venu à s’ouvrir le sabre à la main un passage au milieu des sections ar-mées, il erra quelque temps à l’aventure, et finit par aller chercher unrefuge dans l’île des Cygnes, qu’il quitta pour aller réclamer l’hospitalitéd’un ami, qui le livra à la gendarmerie. Il périt avec courage sur P écha-faud révolutionnaire le 18 thermidor.
N° 54. QUARTIER DE L KOTEL DE VILLE.
Ci-devant section de la Maison-Commune , et ensuite section de la Fidélité .
Les limites de ce quartier sont : la place de l’i-Iôtel-de-Tille n ,,s pairs,la rue de la Tixeranderie n OB pairs, la place Baudoyer n 08 pairs, la rueSt-Antoine ii os pairs, la rue de Fourcy n os impairs , la rue des Nonan-dières n 08 impairs, le quai des Ormes et le quai de la Grève jusqu’à laplace de l’Hotel-de-YiHe. — Superficie 150,000 m. carrés, équivalantà 0,005 de la superficie totale de Paris.
Les principaux édifices et établissements de ce quartier sont :
L’église St-Gervais, située à la jonction des rues Jacques-de-Brosse et du Pourtour. Cette église est une des plus anciennes de Paris.Rebâtie en 1212, réédifiée de nouveau en 1420, elle fut considérable-ment augmentée en 1581, et décorée d'un beau portail dont Louis XIIIposa la première pierre en 1616. L’intérieur, bâti dans le style gothi-que, offre des voûtes fort élevées, remarquables par de belles clefs pen-dantes. Les vitraux du chœur et de plusieurs chapelles sont du célèbre
Jean Cousin. —La chapelle dé YEcce Homo renferme une belle statuedu Christ couronné d’épines, par Cortot; elle est accompagnée de deuxcaudélabres de style antique.
La chapelle delà Vierge, éclairée par cinq croisées, dont trois offrentde magnifiques vitraux, est ornée d’une couronne de pierre de 2 m. dediamètre et de 1 m. 16 c. de saillie, toute suspendue en l’air, et d’unehardiesse surprenante. Les murs de cette chapelle, placée à l’extrémitéintérieure de l’église, dont elle forme pour ainsi dire l’abside, ont étédécorées récemment de peintures représentant les événements les plusimportants de la vie de la Vierge, parM. Delorme, élève de Girodet,et de huit figures mystiques qui, avec celles de la Foi, de l’Espérance et dela Charité, complètent la réunion des vertus chrétiennes. Dans le pre-mier compartiment, à droite, le peintre a représenté l’Annonciation ;dans le second, la Visite de Marie à Elisabeth. Sur le mur opposé onvoit la Naissauce de l’Enfant Jésus, puis l’Assomption de la Vierge,transportée au ciel par deux anges. Dans une chapelle à droite et atte-nante à celle de la Vierge, on remarque un très-beau groupe de sixpersonnes, représentant une Descente de croix, qui a pour pendant letombeau du chancelier Michel le Tellier : sur un sarcophage de marbrenoir est la figure à demi couchée du chancelier, au pied de laquelle estun génie en pleurs. Parmi les autres personnages inhumés dans cetteéglise, on cite le célèbre peintre Philippe de Champagne; le savant duCange ; le chancelier Boucherai; l’historiographe du Rier ; le marinGomberville; le savant Amelot de la Houssaie; Claude le Pelletier,prévôt de Paris ; le poêle Scarron, etc., etc.
Le portail de l’église St-Gervais est regardé comme un des beauxmorceaux d’architecture moderne de Paris. Il est composé de trois or-dres, dorique, ionique et corinthien, l’un sur l’autre : le premier ordreest composé de huit colonnes doriques, cannelées dans leurs deux tierssupérieurs, et portées sur un socle peu élevé ; les quatre collatéralessont engagées d’un sixième dans le mur; les quatre formant l’avant-corps du milieu sont adossées à des pilastres pareils : un fronton trian-gulaire est placé au-dessus.X’ordre ionique s’élève sur le meme plan;mais l’ordre supérieur, régnant seulement sur l’avant-corps, est dequatre colonnes corinthiennes supportant un fronton semi-circulaire.Ce portail, digne de la réputation de Jacques Desbrosses, est d’un fortbel effet, et n’a besoin pour être apprécié que d’une place plus vaste,qui permette de l’apercevoir sous son vrai point de vue.
La place du Parvis de St-Gervais était autrefois ombragée par ungrand orme, où on se réunissait après la messe pour recevoir les rentes,et qui servait jadis de tribunal au bailli de la juridiction et aux jugespédanès, qui venaient sans frais y accommoder les différends des ha-bitants du quartier. L’orme de St-Gervais avait survécu à la révolu-tion: il a été abattu vers la fin du gouvernement impérial.
L’Hôtel de ville. Le corps municipal de la ville de Paris doit son ori-gine à une compagnie de marchands par eau, dont l’établissement, attri-bue aux Romains, paraît dater de l’cpoqueoù ces conquérants assujettirentles Parisiens à leur domination. Cette compagnie, qu’on nommait \&hanse-parisienne, obtint dePhilippe Auguste, en 1192, la faveur de construireun port sur la Seine pour le débarquement de leurs marchandises, ledroit de percevoir des contributions sur les bateaux qui montaient etdescendaient la rivière, et plusieurs autres privilèges (l).
La hanse de Paris fut par la succession des temps transformée enmunicipalité, dont les membres reçurent le titre d’échevius, et le chefcelui de prévôt des marchands. Les anciens historiens font mention dequatre endroits où se tenaient les assemblées de la hanse de Paris : lapremière maison, connue sous le nom de maison eh marchandise, étaitsituée à la vallée de Misère, près la place du Grand-Châtelet ; le lieu desséances fut transféré ensuite dans une autre maison peu éloignée de lapremière, située entre le. Grand-Châtelet et l’église depuis longtemps dé-truite de St-Leufroi ; cette maison recul le nom de parlottcr aux bour-geois. Plus tard l’assemblée s’établit près de l’enclos des Jacobins, entre laplace Sl-Michel et la rue St-Jacques, dans de vieilles tours qui faisaientpartie de l’enceinte des fortifications ; ce lieu reçut comme le prcéédeul
(ï) Ordonnances dtx Lotivrc* 1.1, p, 2r; t. xi, p. 290