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VILLE DE PARIS. — DOUZIEME ARRONDISSEMENT. — 47. QUARTIER DU JARDIN DU ROI.
corde ou des Cent-Filles, fondé en 1624 par Antoine Séguier, pour yrecevoir cent pauvres orphelines, et supprimé en 1790. La chapelle etune partie des bâtiments existent encore.
Au n° 22 est une fontaine remarquable : un Satvre, entouré des at-tributs bachiques, semble offrir de l’eau, avec un sourire moqueur, àla population du faubourg St-Marceau. Le monument se compose d’unmassif carré, surmonté d’un fronton triangulaire, et adossé à un mur.Au-devant du soubassement est une cuve carrée, servant de bassin etrejetant l’eau de chaque côté par une tête de lion.
Rue Mouffetard, n° 69, était le couvent des hospitalières de laMiséricorde-df.-Jésus fondé à Gentilly en 1652, transféré rue Mouf-fêtard en 1653 et réédifié au commencement du xvrn e siècle par lessoins du lieutenant général de police d’Argenson , qui, dégoûté deM“ ,c de Tendu, était devenu amoureux'd’une jolie hospitalière de cecouvent, que la supérieure lui abandonna sous la condition qu’il feraitreconstruire les bâtiments de sa communauté. C’est au couvent deshospitalières de la Miséricorde que s’était retirée M n,e de Maintenonaprès la mort de Scarron; elle avait alors pour toute fortune unepension de 2,000 livres que la reine lui avait faite à la recomman-dation de M. le baron de la Garde. — Cette communauté a étésupprimée en 1790, et les bâtiments démolis de 1824 à 1830. On aconstruit sur leur emplacement une caserne pour la garde municipale.
Place delà Collégiale, n° 4. Au coin de la rue des Francs-Bour-geois était la collégiale de St-Marcel , détruite par les Normands, re-construite au milieu du xi e siècle et abattue vers 1804. Elle avait étéconstruite sur l’emplacement où saint Marcel fut, dit-on, inhumé vers436.
Aux n os 4 et 6 était I’église St-Martin-, supprimée en 1790 etdevenue propriété particulière.
Rue de la Reine-Blanche. On remarque les restes de l’ancienhôtel de la reine de ce nom , démoli en 1333 après l’accident qui faillitcoûter la vie au roi Charles VI. Ce fut à l’hôtel de la Reine-Blanche,,dit Juvénal des Ursins, que le roi se rendit déguisé en sauvage avecquatre jeunes seigneurs qu’il tenait enchaînés, et dont les habits étaientformes de toile enduite de poix-résine sur laquelle on avait collé de lalaine et des étoupes. Au milieu du bal, le duc d’Orléans ayant appro-ché un flambeau d’un de ces sauvages, le feu prit à l’habit et se com-muniqua à celui des trois autres, qui ne pouvaient se séparer à causede leur chaîne. La duchesse de Berry eut la présence d’esprit d’enve-lopper le roi avec la queue de sa robe, et d’étouffer le feu. Ce monar-que seul échappa; le jeune'comte de Joigny , étouffé par la flamme,expira sur-le-champ ; le bâtard de Foix, Aymard de Poitiers et Huguesde Guissay ne survécurent que trois jours. Cet accident acheva d’égarerla raison du jeune monarque, et pendant trente ans la France eut unroi fou.
Rue des Fossés-St-Marcel. Il y avait en 1646 un bel hôtel, dit hôtelde Clamart, à côté duquel se trouvait un cimetière destiné dans l’origineaux classes pauvres, et devenu le dernier asile des infortunés que laloi retranche de la société. Là , plus d’un innocent sur lequel la justicea pu se tromper a mêlé sa poussière à celle des scélérats ; là se trou-vaient des tombes sur lesquelles on ne répandait ni des larmes ni desfleurs et que ne protégeait pas même le signe de la rédemption chré-tienne — Le général Pichegvu a été enterré dans le cimetière Clamartle 5 avril 1804. Depuis, ce cimetière a été fermé, et on a construit surson emplacement des salles de dissection.
Rue Scîpion. On remarque un vaste local connu autrefois sousle nom d’HÔTEL Scîpion , construit sous le règne de Henri III par ungentilhomme italien nommé Scipion Sordini, et converti en hôpital dès1622. Les bâtiments sont occupés aujourd’hui par la boulangerie deshôpitaux et hospices civils de la ville de Paris.
N° 47. QUARTIER DU JARDIN DU KOI.
Ci-devant section des Sans-Culotlcs, et ensuite section- du Jardin-des-Plantes.
Les limites de ce quartier sont : à partir du pont d’Austerlitz la rivegauche de la Seine jusqu’au pont de l’Archevêché, la rue des Bernar-dins n°* pairs et impairs, la rue St-Nicolas-du-Chardonneret n ÜS im-pairs, la rue Traversine n" 6 impairs, la rue d’Arras n ü * impairs , la rueClopin n ÜS pairs, la rue Descartes n us impairs, la rue Mouffetard n“ im-pairs, la rue de l’Epée-de-Bois n ÜS pairs, la rue Gracieuse à gauchejusqu’à la rue du Puits-de-rHermiîe, la rue du Puits-de-l’Hermiten os pairs, le bâtiment de l’hôpital de la Pitié et la rue d’Orléansn os pairs et impairs, la rue du Jardin-des-Plantes jusqu’à la rue deBuffon, la rue de Bulfon jusqu’au pont d’Austerlitz. — Superficie780,000 m. équivalant à 0,024 de la superficie totale de Paris.
Les principaux monuments et établissements de ce quartier sont :
L’église de St-Nicolas-du-Chardonneret, située rue St-Victor,entre les n‘ ,s 104 et 106. Cette église doit sou origine à une chapellefondée en 1230. Sa reconstruction fut entreprise en 1656; peu detemps après les travaux furent suspendus ; ils furent repris en 1705, etl’édifice achevé en 17u9, à l’exception du portail, qui est resté inachevé.L’intérieur est orné de pilastres composites , dont les chapiteaux n’ontqu’un rang de feuilles d’acanthe, et dont les socles sont revêtus demarbre. Le choeur est pavé de marbre ; le maître-autel est surmontéd’une gloire d’un bon effet. Dans la chapelle St-Charles est le tombeaude la mère du peintre Charles Lebrun, représentée sortant de son tom-beau au son d’une trompette embouchée par un ange. Le monument deLebrun consiste en une pyramide au bas de laquelle est le portrait dece grand artiste, par Co^sevox. Xes restes du poète Santeuil ont étéplacés dans cette église en 1818, avec son épitaphe par Rollin.
Le garde des sceaux d’Argenson, qui favorisa sous la régence le sys-tème de Law, fut inhumé dans cette église le 8 avril 1721. La haine dupeuple , qui lui attribuait une grande part dans le désastre de ce sys-tème, se manifesta d’une manière violente à la vue de son corps; letumulte bit grand, et peu s’en fallut que le cercueil ne fût mis enpièces ; ses deux fils qui suivaient dans un carrosse la pompe funèbrefurent obligés de se sauver.
Le muséum d’histoire naturelle. La fondation du muséum d’his-toire naturelle, sous la dénomination de Jardin du roi, remonte àl’année 1635 où Louis XIII nomma intendant du jardin Guy de laBrosse, son médecin ordinaire. Ce ne fut d’abord qu’un jardin botaniqueauquel on adjoignit successivement diverses branches de l’histoire na-turelle , et malgré les efforts des Tournefort, des Vaillant, des Jussieu,cet établissement languit jusqu’à l’intendance de Dufay, qui le fit en-trer dans une voie de progrès suivie constamment jusqu’à ce jour, etenfin proposa et fit agréer Buffon pour son successeur en 1739. Lors-que Buffon arriva au Jardin du roi, le cabinet consistait en deux petitessalles ; une autre pièce renfermait des squelettes qu’on ne montrait pasau public ; les herbiers étaient dans l’appartement du démonstrateur debotanique; le jardin, borné à la hauteur de la pépinière actuelle ducôté du levant, à celle des serres du côté du nord , à celle des galeriesd’histoire naturelle du côté du couchant, offrait encore des terrainsvagues, et l’on n’y voyait ni allées , ni plantations régulières. Buffonrenouvela l’école de botanique, qu’il entoura de grilles en fer, forma lapente douce qui sépare actuellement les serres chaudes, doubla le jardin,en y ajoutant les terrains qui le séparaient de la Seine, planta les deuxgrandes allées de tilleuls et celle des marronniers, fit la rue qui porteson nom, acquit, sur la rue de Seine, l’hôtel de Magny, où il construisitle grand amphithéâtre, et mourut le 16 avril 1788, sans avoir pu ter-miner une annexe qu’il avait commencée aux galeries d’histoire natu-relle. Le marquis de la Billarderie et Bernardin de St-Pierre, qui nefirent que passer , furent les derniers intendants du Jardin du roi. Onleur doit, à l’un, une petite serre pour les ficoïdes, à l’autre, une serrequi portait son nom , et qui toutes deux viennent d’être détruites pourfaire place aux grandes serres récemment construites.