VILLE DE PARTS. — DOUZIEME ARRONDISSEMENT.
N° 46. QUARTIER ST-MARCEL.
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N° 46. QUARTIER ST-MARCEL.
Ci-devant section du Finistère, puis section Lazouski, et ensuite section desGobelins.
Les limites de ce quartier sont : de la barrière de la Gare le murd’enceinte de Paris jusqu’à la barrière de la Santé, la rue de la Santéet la rue de Lourcine n 0i impairs, la rue Mouffetard n os impairs jusqu’àla rue de l’Epée-de-bois, la rue de l’Epée-de-bois n°* impairs, la rueGracieuse à droite jusqu’à la rue du Puits-de-l’Hermite, la rue du Puits-de l’Hermite n 09 impairs, le bâtiment de l’hospice de la Pitié et la rued’Orléans, la rue du Jardin-du-Roi jusqu’à la rue de BufFon, la rue deBufïbn n°* impairs, la rive gauche de la Seine jusqu’à la barrière de laGare.
On remarque principalement dans ce quartier :
L’église St-Médard, située rue Mouffetard, entre les ri 03 161 et163. Cet édifice, réparé et agrandi à diverses époques r présente deséchantillons de plusieurs genres d’architecture. Le sanctuaire est entouréde colonnes cannelées et sans bases, qui supportent des arcades à pleincintre, dont le style diflère de tout le reste de l’édifice. Derrière lechoeur était un petit cimetière où fut enterré en 1723 le diacre Paris,zélé janséniste, sur le tombeau duquel-venaient danser et faire des con-torsions diaboliques une foule de fanatiques qu’on a désignés depuis sousle nom de convulsionnaires. — Palru fut enterré dans ce lieu en 1681,ainsi que P. Nicolle, auteur des Essais de morale . — Auprès de l’égliseSt-Médard il y avait, au xiv° et au xv e siècle, comme en plusieursautres églises de Paris, un reclusoir, espèce de cellule formée de quatremurs entre lesquels vivait une femme recluse pour le reste de ses jours ;le nécrologe de l’abbayê de Ste-Geneviève, écrit vers le règne de Char-les VI, marque au 1 er mars l’anniversaire d’Hermensende, recluse deSt-Médard. — Le cimetière St-Médard a été supprimé; sur son empla-cement s’élèvent quelques constructions particulières formant le n° 16de la rue Censier.
L’Hospice de la Vieillesse Femmes , dit HôrrrAL général oude la Salpetriére , situé boulevard de l’Hôpital. Fondé en 1632, pourrenfermer Les mendiants et les vagabonds, cet établissement a pris sonnom d’un endroit où se préparait autrefois le salpêtre. Il s’annoncepar une belle façade composée de deux grands corps de bâtiments, ter-minée par deux pavillons, et se compose de quarante-cinq grands corpsde bâtiments occupant une superficie de 29,162 m. On y comptequatre mille six cent quatre-vingt-deux fenêtres. — L’église, sous levocable de saint Louis, fait honneur aux talents de Libéral Bruant :elle consiste en un dôme octogone de 20 m. de diamètre, percé de huitarcades qui aboutissent à autant de nefs de 24 m. chacune, dont quatresont terminées par des chapelles ; placé au milieu du dôme, l’autel esttu des différentes nefs. En sortant de l’église à droite et à gauche se dé-veloppe un bâtiment d’une grande étendue. Deux voûtes, ou passagesconduisent dans les différentes divisions de cet hospice ; mais les cons-tructions élevées à diverses époques ne présentent point à l’oeil un planrégulier; la façade seule est d’une architecture uniforme. Parmi les an-ciennes constructions, on remarque le bâtiment Mazarin et le bâtimentLassay, au centre desquels se trouve l’église; parmi les constructionsnouvelles, on distingue les deux sections affectées aux aliénés en traite-ment. — On arrive à ce vaste établissement par deux magnifiques chaus-sées plantées d’arbres, l’une qui commence à la route de Fontaine-bleau , et l’autre qui s’étend depuis la rue Poliveau jusqu’à la Seine ;c’est une véritable petite ville, où sont rassemblées environ sept millefemmes. D’après les nouveaux règlements donnés en 1802, le servicede l’hôpital de la Salpêtrière forme cinq divisions*: 1° les reposantesou femmes qui ont vieilli dans le service ; 2° les indigentes aveugles, pa-ralytiques, infirmes et octogénaires; 3° les femmes attaquées de plaiesincurables, les galeuses, les cancérées et les septuagénaires; 4° l’infir-merie ; 5° les aliénées et les épileptiques.
Manufacture royale de tapisseries des Gobelins , située rueMouffetard, n° 270. Jean Gobelin fut le fondateur de cet établissement, '
qui prospérait déjà en 1450. Louis XIV, sur la proposition de Colbert,l’érigea en manufacture royale pour confectionner des meubles de prixen 1666, et en 1667 Colbert en donna la direction au célèbre peintreLebrun. — La réputation des produits de cette manufacture est euro-péenne. Par des procédés ingénieux on est parvenu à rendre avec la plusgrande exactitude, non-seulement le dessin des plus beaux tableaux danstoute sa pureté, mais encore la magie de leur coloris. Un atelier de tein-ture, dirigé par d’habiles chimistes, est annexé à cette manufacture, oùle public est admis le samedi, depuis deux heures jusqu’à la nuit. —Les Gobelins étaient autrefois un lieu privilégié, où les ouvriers pou-vaient travailler pour leur compte sans être astreints à la maîtrise.
Le marché aux chevaux. Il commence au boulevard de l’Hôpital,n° 28, et finit rue du Marché-aux-Cheyaux. Ce marché a été établi surl’emplacement qu’il occupe aujourd’hui en 1642. En 1687 on y trans-porta l’instrument de supplice de l’estrapade, lorsque le prévôt desmarchands de Fourcy fit adoucir la pente de l’Estrapade et des fossésSt-Victor. — Le marché aux chevaux se compose de trois parties prin-cipales. La première, affectée spécialement à la vente des chevaux, formeune espèce de cirque composé de deux chaussées parallèles, où les che-vaux sont attachés à des barrières placées sur quatre rangs , et qui encontiennent chacune trente-quatre. La seconde partie, servant à l’essaides chevaux de trait, présente un plan elliptique et contient deux rampesen fer à cheval. La troisième partie est affectée à la vente des voituresà l’encan par le ministère des commissaires-priseurs.
Chaque dimanche, de neuf heures du matin à trois heures de l’après-midi, le marché aux chevaux se transforme en marché aux chiens. C’estlà que vont se pourvoir les chasseurs parisiens, les bouchers et géné-ralement tous les amateurs de l’espèce canine.
Rue des Anglaises , n° 20 , était le couvent des bénédictines an-glaises, supprimé en 1790 et vendu comme bien national en l’an vm.
Rue de Lourcine était autrefois une paroisse dédiée à saint Hippo-lyte, dont la fondation remonte à 1158. A l’entrée de cette même ruese trouvait une maladrerie fondée originairement sous le nom de St-Martial et de Ste-Valère.
Au n° 95 est I’hôpital de Lourcinb, qui occupe les bâtiments del’ancienne abbaye des cordelières, dite de Ste-Claire et de Sl-François,dont la fondation en 1294 est attribuée à des cordelières, transférées deTroyes à Paris par les ordres de la reine Marguerite de Provence, qui ypassa sa vie après la mort de saint Louis, son époux. Blanche, sa filleaînée, veuve du roi de Castille, s’y fit religieuse et donna de grands biensà cette commuuauté. Cette princesse avait près de là une maison quiexiste encore et se nomme fort mal à propos maison de la reine Blan-che, parce qu’on a confondu cette princesse avec Blanche, mère de saintLouis.—Les cordelières avaient habité précédemment la rue des Francs-Bourgeois au Marais, et ensuite la rue de Grenelle-St-Germain, où ellesavaient transféré leur communauté dans le grand hôtel de Beauvais en1687. C’est vers le milieu du xvm e siècle qu’elles étaient venues se fixerrue de Lourcine. On a percé sur une partie de l’emplacement de cetteabbaye les rues Pascal, Julienne et des Cordelières.
L’hôpital de Lourcine, fondé en 1559, était destiné aux pauvres af-fectés de la maladie vénérienne, alors fort répandue en France. En 1579on y transporta l’établissement des Enfants-Rouges, fondé par Houel,bourgeois de Paris, pour l’éducation des enfants dans l’art de soigner lesmalades. Cet établissement reçut alors le nom d’hôpital de la Charitéchrétienne. Houel l’étendit jusqu’à la rue de l’Arbalète, et y établit unjardin de botanique qui existe encore aujourd’hui, et dépend de l’écolede pharmacie. Aujourd’hui l’hôpital de Lourcine est une annexe del’hôpital du Midi, de la rue des Capucins ; il est spécialement cousacréà la guérison des maladies vénériennes pour les femmes, soit en admet-tant les malades dans l’hôpital, soit en leur donnant (Tes conseils et desremèdes dont elles font usage chez elles.
La rue de Lourcine était autrefois un lieu privilégié, où les ouvrierset artisans pouvaient travailler pour leur compte sans avoir été reçusmaîtres dans les arts et professions qu’ils exerçaient.
Rue Censier, n° 11, était I’hoiutal Notre-Dame de la Miséri-