Briefe an Vonstetten.
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tériaux d'un nouveau volume de Thistoire denotre nation, et chaque page, écrite entre 1773et 86, me rappelloit vous; vous, à qui je coin-muniquois toutes mes trouvailles; vous, quisouvent me fournissiez les moyens d’en faire;
> vous, dont l’amitié avec l'amour des lettresreniplissoit seule toute mon ame. J'ai aussi re-trouvé les extraits de l'histoire de vos pères,et j'ai beaucoup pensé à vous le jour, que vousavez achevé votre 49n>- année. Puis je me suissouvenu, qu’aujourd’hui c’est la 21ms année de-puis ma première arrivée á Valeircs, époque,qui a décidé du sort de ma vie. J’ai rougi enpensant, qu’il y a un demi-an, depuis que jevous ai promis une lettre. Mais, vous aussi,mon ami, pourquoi ne pensez vous plus â moi?s Oue ne m’écriviez-vous après les horreurs deGenève, qui m'ont rendu inquiet sur le sortde tant de personnes chéries! Que ne me dites-vous jamais rien des cisels, que la grande com-o motion du monde produit sur les habitons deà nos paisibles vallées! Et no savez-vous pas, queje m’intéresse plus á savoir, ce qu’en pensentc nos bons Gessenois, ce qu’on en dit au Hasli
it et dans l’Entlibouch, et quelle est l’impression
s générale, qu’en reçoit le peuple helvétique,
s que ce, qu’en bavardent mille brochuriers, ig-
is norans la nature de la vraie liberté, et novices
dans la connoissance des gouvernemens républi-, cains. Je sais, je sens (et cela m’explíquevotre silence), qu’il est difficile ct peu sûr,décrire sur de certaines choses; personne enest plus convaincu, que moi —moi, qui touteie ma vie ai été pour Tordre des lois dans chaque
ec pays, et qui, attaché par devoir et intérêt à
a . la constitution du pays, où je vis, le suis encore