234
Briefe an Bonstetten.
libraires françois pourroicnt le déterminer àse charger de cet ouvrage. Sans l’avoir jamaisvu, je nc lui suis pas inconnu; ainsi on peutse réclamer de moi quant à l’opinion , que j'aide l'ou'vrage , ct je lui en écrirai moi-même;c’est un homme entrepenant, honnête et libé-ral; vous devez lu connoître.
Je passe au second objet de votre lettre,adorable amie (si vous me permettez ce langagede mon cœur), concernant l’èdition de meslettres à Bonstetten. Je suis bien fâché, qu'ilen soit question encore; je le suis d’autantplus, que la vérité (que vous-méme pouvez nepas savoir entièrement) ne me permet pas dedonner une déclaration aussi précise, qu’il vousla faudroit. Vous avez cru sans doute, quemon ami m’avoit prévenu de l’idèe, il croyoispeut-être l’avoir fait*): mais, en conscience,la première fois, que j’en vis paroître un cer-tain nombre dans le magazin d’Eggers, j’en fusaussi surpris, qu'on pouvoit l’êtrc, je n’enavois pas su un mot. Le magazin d’Eggers, enattendant, continuoit d’en donner. Mès crain-tes disparurent par la conviction, que j’eus dixsoin délicat, que vous, incomparable amie,aviez apporté au choix et à la purification deces lettres. Quand elles furent connues, quandje vis l’effet sur la jeunesse , sur le public, je
*) Cela n’est que trop vrai; Bonstetten avoit oubliéd’avertir son ami ; ct quoique les lettres parurentanonymes, l’effet, qu’ellcs produisirent, en dé-voila d’abord fauteur, qui bientôt se consola parleur succès brillant, comme on le voit dansplus d’unc des lettres précédentes- N. d. E.