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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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AL’TEUïtS GKECS. 58-40.

du jeune âge, accompagnes de beaucoup d'arrogance et de pré-somption. H pose d’abord en principe qu'avant de gouvernerles autres, il faut savoir se gouverner soi-même. Or pour segouverner, il faut se connaître. C’est donc Je Coimais-toitoi-même qu’il s’agit d’examiner. SocTave y parvient parune série de déductions; il montre ce que c’est que le moi , etnous découvre que l’iiomme est l'aine raisonnable qui parti-cipe h l’intelligence; l’âme s’élève â la connaissance de Dieuet d’elle-même, et par suite â ceJle du bon , de l’utile , du beauet du juste, choses sous lesquelles il comprend le droit et lapolitique, qu’il conseille à Alcibiade d’étudier avant de pré-tendre au gouvernement de l’Etal.

Ce dialogue,écrit en dialecte atliqne ordinaire, sc distinguepar la grâce et la pureté du style, comme par la jusl esse et la sub-tilité nés raisonnements. Il ne laisse pas que d’être difficile, âcause des nombreux syllogismes qu’il renfevme sons la forme dedéductions éloignées, mais toujours ingénieuses et vraies.

N os 58, 59,49. Dêmosthèncs. Première Oiynthienne.

Démoslhènes a laissé trois Olynthiennes , dans lesquelles ilstimule les Athéniens à soutenir Olynthe, colonie athénienne ,contre les attaques de Philippe, roi de Macédoine (348-347av. J. C.).

Dêmosthèncs a écrit dans le dialecte attique ordinaire. Sonstyle est vif, sevré, abondant, vigoureux comme la pensée de l’o-raLeur. En le traduisant, il faut faire attention à l’enchaîne-ment des idées, que leur force ou leur profondeur ne per-mettent pas toujours de saisir au premier coup d’oeil.

Le sujet de la première Oiynthienne , qui commence par cesmots, /Ivri 7r$}./àv «v, est celui-ci : Les Olynllnens, colonie athé-nienne, d’abord ligués contre leur métropole avec Philippe,roi de Macédoine, se détachèrent de son parti lorsqu’ils com-mencèrent à craindre les suites de son ambition, et ils entamèrentdes négociations avec la mère-pairie. Philippe n’en eut pas étéplus tôt informé, qu’il vint faire le siège de leur ville, en les ac-cusant d’avoir rompu les premiers l’alliance qui les unissait àlui. Leurs ambassadeurs furent donc obligés de demander auxAthéniens l’envoi de prompts secours qui les missent en élat derésister â un si puissant ennemi. DcnioslUcnes, dans ce dis-cours, appuya leur demande et conseilla h scs concitoyens de nepoint laisser échapper une si belle occasion de s’opposer aux en-vahissements de Philippe cl de se venger de ses injustices et deses déprédations.