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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE.ROMAINE. 55. ^

Etal libre n’était encore parvenu auparavant. Il avait prodigieu-sement accru le trésor public par les dépouilles de l’Asie vaincue ,et on le crut grand homme, parce qu’il avait enrichi l’État. Lepeuple se déclara pour lui, et l’ordre des chevaliers, qu’il favo-risait, partagea la domination qu’il s’était arrogée.

2. Cicéron , sa vie politique. Cependant cette victoire duparti démocratique ne servit qu’h préparer les voies à des entre-prises plus audacieuses , el c’est alors qu’on vit paraître unefaction composée en partie de scélérats poursuivis pour leurscrimes, d’hommes ruinés par leurs prodigalités, et de grandsdont l’ambition était sans bornes. Cette faction était dirigée parCatilina.

Sergius Catilina , d’une naissance illustre et d’un génie fou-gueux que n’effrayait aucune entreprise , abîmé de dettes ,noirci de crimes, n’ayant que la ressource du désespoir, formale projet de s’emparer, comme Sylla , de l’autorité souve-raine. Repoussé dans sa brigue du consulat avec Antronius( 67 ) , il voulut d’abord assassiner les candidats qu’on leur avaitpréférés ; mais ce premier complot échoua pour des raisons in-connues, peut-être parce que César et Crassus, leurs complices,n’avaient pas encore jugé le moment favorable.

César, soit pour cacher ses desseins, soit pour déjouer ceuxdes autres , se fit donner une commission d’enquête sur lesmeurtres commis pendant la dictature de Sylla. Plusieurs desmeurtriers furent mis à mort, Catilina, le plus criminel detous, fut à peine inquiété. Fort de cet appui secret, il méditade massacrer le sénat, de brûler Rome et de détruire la Répu-blique de fond en comble. Il réunit, pour cet affreux projet,tout ce qu’il put trouver d’hommes semblables à lui, débauchés,scélérats, sacrilèges , etc.; les ambitieux et les mécontents n’ymanquèrent pas.

Pour perdre la République, il ne lui fallait qu’être consul. IIse mit de nouveau sur les rangs , et la majorité se déclara d’a-bord en sa faveur. C’en était fait de l’Etat, si l’un des conjurésn’eût laissé transpirer le secret dans la maison de la courtisaneFulvie. L’alarme se répandit aussitôt dans Rome , et la craintedu péril réunit toutes les voix en faveur du plébéien Cicéron,