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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE ROMAINE. 55 . ^0

de sauveur, de libérateur, de quatrième fondateur de Rome(p. 267) et de Père de La patrie '.

3. César. Le parti populaire ; premier triumvirat; consu-lat de César. Ici commencent les progrès de César, de cethomme en qui Sylla disait avoir vu plusieurs Marius. Jeune en-core, il avait projeté d’asservir l’univers romain. Mais pour yparvenir, il lui fallait l’épée du soldat et la voix du peuple , etson génie devina qu’il séduirait l’un par le crédit de Pompée,l’autre par les richesses de Crassus. Il rapprocha donc ces deuxRomains, depuis longtemps divisés, et, leur faisant entrevoir,à Pompée, de nouveaux honneurs, à Crassus, de nouveaux tré-sors, il lia l'avidité à la vanité pour le profit de son ambition.La liaison, d’abord secrète, de ces trois hommes, forma le pre-mier triumvirat .

L’habile César, qui n'eut jamais un faible, profita de celuide Pompée pour recueillir les premiers fruits de la ligue. Il futnommé consul (60) avec M. Calpurnius Bibulus, zélé républi-cain , pour qui le sénat et Caton lui-même achetèrent les suf-frages au poids de l’or. César, pour captiver la bienveillance dupeuple, débuta dans sa charge par une distribution de terresvacantes à vingt mille citoyens. En vain Bibulus dévoua sa vie ,et Caton sa liberté, pour s'opposer à cette mesure populaire.Subjuguer ses deux collègues , ne fut même pour lui qu’un jeu ;par un trait de politique , il fit épouser à Pompée Julie, sa filleunique , personne accomplie, mais qui cédait aveuglément auxvolontés de son père. Julie dominait à son tour Pompée, desorte que Crassus ne pouvait résister à l’ascendant réuni dubeau-pere et du gendre.

César, pour enchaîner de plus en plus Pompée, fit confirmertous les actes de son généralat asiatique (p. 276) ; mais il obtintpour lui-même le département de l’Iliyrie , delà Cisalpine et dela Celtique, avec le commandement de quatre légions pour cinqans, prévoyant que le pouvoir militaire lui deviendrait bientôtindispensable. Malgré tous ses efforts, le triumvirat tombait en

i. Il est le seul a qui Rome encore libre ait accordé ce derniertitre, qui fut prodigué par la suite aux empereurs. Juvénal a dit

(8 e satire) :

Roma pair cm patriœ Ciceronem libéra dixit.