HISTOIRE ROM AUNE. 56. 283
devint funeste à la République. Enfin la mort de Julie rompitles liens qui attachaient ces deux rivaux Pun h l’autre. Ausortir du consulat, Pompée réussit pendant deux ans h être lesuprême régulateur de l’Etat, sans posséder aucune magistra-ture. Son armée, stationnée aux portes de Rome, forçait les con-suls et les magistrats à se tenir dans l’inaction (54)* L’annéesuivante, la République demeura six mois sans consuls, par lessourdes menées de Pompée , qui, h la faveur de l’anarchie , es-pérait toujours se faire nommer dictateur (53). Un nouvel in-terrègne, produit par les mêmes intrigues, signala l’année 5a.Le désordre dura six mois. Enfin, Clodius ayant été tué par Mi-lon, qui briguait le consulat, Pompée fut nommé seul consul.Il rétablit l’ordre , s’attacha h. la cause du sénat et fit condamnerh l’exil Milon, dont Cicéron avait plaidé la cause. Après septmois d’exercice, Pompée se donna pour collègue Mctellus Sci-pion, son beau-père. César, jaloux des honneurs accordés h sonrival, demanda, du fond des Gaules (52), qu’il lui fut permis,quoique absent, de briguer le consulat. Ce privilège lui fut ac-cordé ; mais Pompée , par ses intrigues , le rendit inutile. Aus-sitôt cessèrent les relations amicales entre les deux triumvirs.Le sénat, qui se soumettait sans murmure aux volontés souve-raines de Pompée, affectait de craindre César, comme aspirantà la souveraineté. Enfin Marcellus, l’un des consuls , proposade lui ôter le commandement de la Gaule , alors même quePompée venait d’obtenir pour cinq ans la prorogation de son au-torité dans les provinces d’Espagne et d’Afrique (Ôo). La guerrecivile était au fond de cette différence.
Guerre civile jusqu’à la mobt de Pompée (49-48). Eneffet cette proposition hostile réduisit César à l’alternative,ou de venir sans défense se remettre entre les mains deses ennemis , ou de lutter contre eux h main armée. 11 ba-lança longtemps j il négocia d’abord ; force d’or (7,5oo,ooofr.),il acheta Curion, tribun du peuple, dont l’appui lui futd’autant plus utile que leur collusion était secrète. Curionapplaudit à la proposition de Marcel Lus; mais il veut quePompée abdique, en même temps, le procousulat des Es-pagnes. César se montre disposé à faire des concessions; maisPompée rejette tout accommodement avec autant de présomp-