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CAMPAGNES D’ALLEMAGNE
une flotte française : ce dernier point, qui for-mait la base du plan d’invasion, n’avait pas réuniles suffrages de tous les marins éclairés, et l’ami-ral Truguet, aussi distingué par son patriotismeque par ses talens et son expérience dans l’artde la guerre maritime, s’était montré seul en-core assez indépendant pour exposer â Napo-léon que ce n’était pas avec des bateaux qu’onpouvait le plus avantageusement faire la guerreà l’Angleterre. Mais l’opinion de l’ex-ministreForfait, habile ingénieur-constructeur,prévalutauprès du premier consul; et l’empereur re-connut plus tard la nécessité d’en revenir auxavis du savant amiral.
En attendant que les bateaux dont Forfaitavait fixé les dimensions et réglé les devis fus-sent achevés, on dirigea sur Boulogne, par divi-sions plus ou moins fortes , toutes les chaloupescanonnières et les bateaux plats anciens qui exis-taient ; et, malgré tous les efforts des croisièresanglaises, la réunion de cette première partiede la flottille s’opéra victorieusement. Ce pre-