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CAMPAGNES D’ALLEMAGNE
l’affront imprimé aux armes françaises avait étéeffacé, et l’épée du grand Frédéric voyageait versla capitale de l’empire français pour orner le tem-ple de la valeur.
La rapide conquête de la Prusse fut le triom-phe qui flatta le plus l’amour-propre national enFrance, où, malgré l’invasion de 1792, on n’a-vait pas cessé de croire à la supériorité de la tac-tique et des armes prussiennes sur celles des au-tres nations de l’Allemagne. L’ombre du grandFrédéric planait encore sur cette monarchie ré-cente, et les vieux généraux, qui avaient étudiél’art de la guerre à l’école de ce prince, comman-daient encore les légions qu’il avait formées à lavictoire. Aussi, la plupart de ces généraux cru-rent-ils qu’ils vaincraient aisément les Françaiset leur empereur. Si les succès des troupes fran-çaises furent rapides , il faut dire aussi que l’im-prudente confiance de ceux qui guidaient leursadversaires ne contribua pas peu à leurs dé-sastres. On a dit qu’une femme était à la tête duparti qui voulait la guerre dans le conseil du mo-