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« autres de tous les Rois, Princes et Estats de l’Europe presens, de maintenir et con-«server de point en point, sans aucune reserve ni diminution.»
Ce nonobstant, les autorités françaises firent dans la suite des tentatives réitéréesd’empie'tement sur les privile'ges des Suisses. Et de même que Louis XIV se permitd’apporter des modifications aux capitulations militaires, de même aussi les privilèges decommerce en faveur des Suisses furent ils arbitrairement interpre'te's dans un sens dé-favorable à ces derniers.
On leur contesta tout particulièrement le privilège par lequel les marchandisesétrangères, aussi tôt quelles étaient devenues propriété suisse, devaient être traitées commetelle, et peu à peu on établit des impôts sur les marchandises de laine, de soie et decoton; en 1690 l’importation des toiles d’Allemagne et du fil-de-fer fut aussi grevée.
Les Cantons commerçants dressèrent des mémoires, et dans une Diète de 1701il fut représenté à l’Ambassadeur de France que par suite des restrictions apportées auximmunités de péages sur les produits du sol ou de l’industrie Suisse, ces franchises étaientréduites à rien; il fut répondu: qu’à l’époque ou ces faveurs furent accordées les im-portations Suisses n’étaient que peu de chose.
Dans la même année, le 26 Septembre 1701, il y eut une réunion de délégués 26 Septembre ( 70 t.de Zurich, Berne, Bâle , SchafTouse et S 1 Gall, lesquels invoquèrent les §§. 5 et 9 de laPaix perpétuelle, comme n’admettant aucune augmentation de l’impôt ni aucune distinctionentre les marchandises indigènes et les marchandises étrangères; ils ajoutaient qu’à l’époquede la conclusion du dernier traité en 1663, confirmant tous les anciens privilèges, lecommerce Suisse était aussi considérable qu’actuellement.
Le Dauphin , à la vie du quel le traité d’alliance de 1663 s’étendait aussi, étantmort dans l’intervalle, ce traité se trouva limité à la vie de Louis XIV et à 8 ans aprèsson décès; en conséquence l’Ambassadeur de France, le Comte du Luc proposa enDécembre 1713, dans une Diète tenue à Lucerne, aux Cantons catholiques et à laRépublique du Valais, le renouvellement de l’alliance, laquelle fut effectivement conclue le9 Mai 1715 entre Louis XIV et les Cantons de Lucerne, Ury , Schwyz, Unterwaldenle Haut et le Bas, Zug les bailliages extérieurs, Claris, la partie catholique, Fribourg,
Soleure, Appenzell partie catholique et la République du Valais. L’article 1 de cetraité d’alliance réserve aux autres Cantons l’accession et il fut stipulé par l’Art. IIIce qui suit :
«L’expérience ne permettant point de douter des avantages qu’on doit trouver«dans la continuation d’une parfaite intelligence entre les deux nations, le Roi Très« chrétien pour mieux marquer sa grande affection au corps Helvétique à bien voulu« renouveler la présente Alliance pour être continuée avec le Sérénissime Dauphin héritier« présomptif de la Couronne et avec tous les Rois successeurs de sa Majesté, à condition« qu’après le décès du premier Roi successeur de sa dite Majesté, les autres Rois très
*) Ibid, privilèges peg. 148-
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