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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
coopération. Les grands taillis qu’on y rencon-tre forment des masses imposantes de résis-tance en faveur des défenseurs, et augmententles difficultés des opérations offensives. Cesmêmes obstacles de terrain paralysent aussitout contact entre les colonnes de route, etaugmentent les difficultés des mouvements con-centriques.
La ligne de Brest-Litovskoy étant la pluséloignée de l’objet principal, côtoyant un ter-rain difficile et même dangereux, ne sera, danstous les cas, qu’une ligne d’opérations secon-daire, et ne servira que pour une opération deflanc.
Des objets d’opérations. — Il existe enRussie deux objets principaux d’opérations,Pétersbonrg et Moscou. L’assiette du pre-mier, situé à l’extrémité septentrionale dela Russie, adossé au golfe de Finlande etentouré par les provinces les moins fertiles dela Russie, ne présente aux deux partis que desdangers, sous le rapport topographique. Il ap-partient exclusivement au système de guerrebasé sur la section comprise entre Tilsit etWilna.
Le second, Moscou, est situé au cœur del’empire, au milieu des provinces les plus fer-tiles, qui otfrent une extension suffisante pourles opérations, et on y parvient sans courir lesmêmes dangers qu’en se dirigeant sur Péters-bourg.
L’éloignement dans lequel ces deux objetsprincipaux se trouvent des frontières ( 1 ) ; lepeu de temps que dure la saison tempérée pen-dant laquelle on peut faire la guerre dans lecœur de la Russie, sans que la lutte soit audétriment de la santé du soldat, et ne menâtsans ressource les armées envahissantes à leurdestruction, sont des raisons péremptoirespour ne pas toujours fonder les résultats défi-nitifs de la guerre sur l’espace trop court dequelques mois , que peut durer la saison tem-pérée. Quel que soit donc l’objet qu’on choisissepour le but des opérations, deux campagnesdeviennent presque indispensables.
Abstraction faite de ces deux objets prin-cipaux, l’armée offensive rencontre d’autres
(t) Dans la sphère du nord, Pétersbourg est à80my-riamètres, Moscou à plus de 90 des frontières. Dans lasphère du midi, Moscou est à 155 myriamètres.
points qui ne sont guère moins importants, etdont la possession est la condition expresse dela continuation des hostilités ; ce sont les objetsintermédiaires.
En quittant la ligne du Niémen , l'arméeoffensive rencontre au passage de la Willia ,Wilna sur sa gauche, et au passage du Niémen,Belitza dans son centre. Ces deux points formentles flancs de la ligne stratégique transversaledont Lida est l’échelon intermédiaire. Ici laconcavité de la base des défenseurs oblige lesassaillants, comme nous l’avons vu, à un mou-vement excentrique pour la gauche.
Maîtresse de Wilna et de Belitza , le but del’armée offensive doit être de dominer toujoursles cours de la Willia et du Niémen ; elle doit,donc chercher à atteindre promptement aveclagauclie, d’un côtéMikhalischky, etdel’autrcSmorgony. Le centre et la droite convergerontpar Novogroudek et Neswige sur Novoï-Swer-gen, et occuperont ainsi la troisième lignetransversale entre Swentziany et Neswige. Lepoint d’interposition sera Wologin.
Ayant occupé la troisième ligne transversale,l’armée offensive trouvera moins d’obstaclessur son flanc gauche, qu’au centre et sur 11’ailedroite. La ligne d’opérations sur la gamcheprend <à revers à peu près tout le cours de laBérésina, tandis que le centre et la droite ren-contrent les obstacles formés par les grandstaillis, en avant de Minsk, un terrain souventaquatique, et les lignes de Swislocz et (de laBérésina, qu’ils doivent attaquer de front,. Lesgrands efforts devront donc se porter vers lagauche, dont les opérations faciliteront cellesdirigées contre Minsk et Borissov.
De Mikhalischky et Smorgony, la gauchedevra se porter avec rapidité vers Gloubiokoéet Dokschitzy, pour prendre à revers la lignede la Bérésina, et forcer ainsi les défemseursd’abandonner leur base temporaire. Il ne resteplus en avant de Smolensk que trois pointts quipuissent couvrir cette ville: c’est Babinoviczy,Orcha et Mohilev; le second achevai sur la ligned’opérations principale, appuyé au Dnepre,peut facilement faire échouer l’opération offen-sive. Les mouvements latéraux sur Babinotviczyet Mohilev, remplissent plus facilement l’objetprincipal. Prenant d’un côté le point centrald’Orcha à revers, et livrant de l’autre un pointfavorable sur le Dnepre, ils eonsolicHeront