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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

de Wolkovisk, le prince Bagration ne pouvaitplus espérer de faire sa jonction en coupanten l’un de ces points la ligne d’opérations deWilna à Minsk, qu’on avait laissée au pouvoirdes ennemis, sans même l’avoir fait observer.Supposons donc que le prince Bagration enabandonnant de prime abord, à cause de sonimpossibilité, le projet de percer par Novo-groudek sur Wileïka, comme il lui a été en-

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joint de le faire, se fût porté par le chemin leplus court, par Slonim, Mik, Novoï-Swergennet Kaïdanov, sur Minsk, il aurait eu 22 my-riamètres à parcourir; quoique Minsk ne soitqu’à 18 myriamètres de Wilna, je suppose ce-pendant qu’en se portant à marches forcées, leprince Bagration soit parvenu à atteindre Minskavant les ennemis: cet avantage aurait été très-grand sans doute ; mais le but principal n’au-rait pas encore été rempli : il fallait se mettreen contact avec la première armée.

La ligne transversale qui pouvait servir audéploiement stratégique desdeux armées russes,était celle de Minsk par Dokschitzy et Gloubo-koé. En quittant Wolkovisk le 17—29 juin,et en franchissant l’espace de 22 myriamètresjusqu’au 23 juin—1 juillet, le prince Bagra-tion serait arrivé à Minsk en même temps quele maréchal Mortier à Gloubokoé, et deux joursavant que le vice-roi d’Italie n’occupât Doks-chitzy. Les points d’interposition du déploie-ment stratégique, en tombant au pouvoir desennemis, faisaient manquer le but de l’opéra-tion , et la retraite redevenait indispensable.

Napoléon, en calculant sur la poursuite ra-pide du roi de Westphalie, qui avait occupéGrodno le 18—30 juin, ainsi que les forcesdont il disposait, avait encore détaché le pre-mier corps sous les ordres du maréchal Da-voust, avec l’injonction de prévenir l’arméedu prince Bagration à Minsk. Il voulait le met-tre entre deux armées, dont le total auraitmonté à peu près à 100,000 hommes, qui au-raient aisément écrasé l’armée russe, qui nepouvait compter, en y comprenant le corps de

9) La distance de Wolkovisk à Minsk est de 27 my-riarnètreset demi. Le prince Bagration quitta Wolkoviskle 16 — 28 juin , le maréchal Dayousl n’occupa Minskque le 26 juin — 8 juillet. Le prince aurait donc eu dixjours pour franchir cet espace, ce qu’il aurait pu faireavec facilité.

(i) « 11 est impossible de manoeuvrer avec plus de mal-

Cosaques du général Platov et le détachementdu général Dorokhov, que tout au plus 50,000hommes sous les armes.

Le prince Bagration se vit donc forcé dechanger de direction , et se décida de nouveauà se porter sur Minsk, en passant par Koré-litzy, Mik, Novoï-Swergenn et Kaïdanov.

Le général Platov qui prit sa direction surIwié, subordonnant ses opérations, ainsiquecelles du détachement du général Dorokhov,qu’il venait de recueillir dans sa retraite deWologin, à celles de l’armée du prince Ba-gration, tantôt flanqua sa marche, tantôt fitson arrière-garde. Après avoir été l’un et l’au-tre prévenus par les ennemis à Wichnev, Wo-login et Minsk, ils suivirent l’armée du princeBagration par Bobrouisk, et plus tard, parWorkalabov vers Mohilev.

Si le prince Bagration n’avait pas été appeléà Drissa, sa retraite, qu’il aurait pu effectuerpar le chemin le plus court, se serait du moinsopérée sans difficultés (î), et il n'aurait pas étéobligé de chercher dans des changements con-tinuels de direction, d’échapper aux troupesdu maréchal Davoust, ni par des marches for-cées, que les contre-marches qu’il a été obligéde faire ont nécessitées, à se soustraire à lapoursuite de l’armée du roi de Westphalie.

Maintenant les chances venaient de changer.Le prince avaitperdu plusieursjours de marche,et son armée pouvait être compromise.

Opérations de l’armée du roi de Westphalie.— Ce n’est pas sans raison que Napoléon s’in-dignant contre la lenteur des mouvements del'armée de son frère, lui en témoigna son mé-contentement ( 2). Il était aussi difficile de met-tre plus de nonchalance dans des opérationsd’une aussi grande conséquence. En voici unepreuve évidente.

Le roi de Westphalie entra le 18—30 juinà Grodno. C’est justement le jour où le princeBagration était à Zelva. De Grodno à Novo-groudek, l’armée française n’avait qu’une dis-tance de 13 myriamètres à franchir, jusqu’à

» adresse, lui écrivait-il, vous serez cause que Bagra-» tion aura le temps de se retirer ; vous m’aurez fait» perdre le fruit des combinaisons les plus habiles, et la» plus belle occasion qui puisse se rencontrer dans cette» guerre, a échappé par ce singulier oubli des premières» notions de la guerre. »