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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA GUERRE DE 1812.

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Korelicza cétait deux myriamètres de plus. DeZelva par Novogroudek, Nikolaev à Korelicza,direction quà suivie le prince Bagration, il yen a tout autant. Les deux armées se seraientdoue choquées à Korelicza, et dans tous les casle sort de celle du prince de Bagration devenaitpérilleux. Acceptait-il la bataille que le roi deWestphalie aurait lui offrir, il devait com-battre avec 47,000 hommes (dont il ny avaitque 40,000 de troupes régulières) contre56,000. Parvenait-il à occuper Korelicza avantson adversaire, heureux sil parvenait à gagnerune journée de marche, il aurait été toujourspoursuivi sans relâche, et son arrière-gardenen aurait pas moius souffert (t).

Arrivée à Novoï-Swergenn, ce qui se seraiteffectué le 26 juin8 juillet, larmée du roide Westphalie se mettait par Kaïdanov en cor-rélation avec le corps du maréchal Davoust,qui avait occupé Minsk le même jour, et ils ac-quéraient lun et lautre la faculté de combinerleurs opérations ( 2 ).

Maintenant le danger auquel le prince Ba-gration pouvait être en butte pouvait devenirplus imminent encore.

La poursuite du roi de Westphalie jusquàNovoï-Swergenn, était dans les règles; maiscourir par un mouvement excentrique versNeswige et Sloulzk, en laissant la communica-tion centrale, et par conséquent la plus avan-tageuse de Minsk, à gauche, était contre toutesles règles de la pure stratégie. Cétait sacrifierle but principal à des chances imaginaires etmême dangereuses. Imaginaires, car ayantéchappé au désavantage dêtre prévenu sur saligne de retraite, et le terrain quil avait der-rière lui étant libre, le prince Bragration pou-vait rétrograder aussi loin que la retraite luiaurait été avantageuse, naurait pas reçu den-gagement à moins dêtre sûr du succès, et nelaurait apparemment fait que sous les murs de

(1) Cest en vain que le général Allix ( Journal desSciences militaires des Armées de terre et de mer ,année 1826 , cahier de novembre) a cru pouvoir, par salettre, justifier la conduite du roi deWestphalie. Sajustification ne peut jamais être valable; car nayantcalculé que daprès un mouvement non interrompu del'armée du prince Bagration, et ne layant pas suivi exac-tement dans ces contre-marches, il a nécessairementse trouver en défaut dans tous ses calculs, quil a basés

Bobrouisk, il aurait eu toutes les chanceslactiques en sa faveur. Dangereuses, parce quele mouvement de lextrême droite, dans la di-rection de Sloutzk, menait larmée du roi dansun pays marécageux et difficile, et étendait,sans but, le déploiement stratégique au delàde la distance que les forces physiques pou-vaient comporter.

La première armée se trouvant du côté deDrissa, tandis que le prince Bagration étaitrejeté sur Bobrouisk, la communication deMinsk à Smolensk possédait des avantages nonéquivoques :

1° Elle était la plus courte de toutes cellesqui menaient vers lobjectif principal;

2° Cétait une communication centrale;

3° Elle servait de base aux opérations, et deligne de retraite aux troupes du maréchal Da-voust dans leur mouvement vers Mohilev ; et

5° Le prince Bagration ayant échappé à lapoursuite de larmée du roi de Westphalie, lebut principal devenait lopération du maréchalDavoust, et, par conséquent, un mouvementexcentrique avec ses troupes était une fautecapitale.

En poussant sur la communication centralede Minsk, cétait au cœur quon frappait; cé-tait lopération favorite de Napoléon, un pen-dant de celle de Montenolte. En gagnant duterrain au centre, on parvenait à séparer lesdeux armées russes, sans espoir de jonction ;les mouvements devenaient plus concentriques,les troupes de lextrême droite de larmée fran-çaise se mettaient en corrélation avec celles dumaréchal Davoust, et lauraient soutenu dansson expédition sur Mstislav.

Les corps combinés, sous les ordres du roide Westphalie et du maréchal Davoust, for-maient un total au moins de 100,000 hommes.De Novoï-Swergenn, le roi de Westphalie de-vait donc changer de direction : abandonnant

sur le temps et les espaces. Je crois avoir démontré dunemanière non équivoque que les deux armées devaientse choquer à Korelicza.

(a) Ce qui na pas du tout été le cas. On remarque,au contraire, peu ou presque pas de corrélation entreles opérations du roi de Westphalie et du maréchalDavoust. Était-ce jalousie ou insouciance, le fait nenest pas moins impardonnable, tant pour lun que pourlautre.