CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
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accorder jdus de franchise à son mouvementde la droite. De Drissa à Wilebsk il y a 17myriamètres et demi; de Gloubokoé à Witebskil y a à peu près 18 myriamètres ; de Dokschitzyà Rabinoviczy il y en a à peu près 19.
Ce n’est que trois jours après l’occupationde Gloubokoé et Dokschitzy, par le centre etla droite de l’armée française, que les corpsrusses occupèrent le camp de Drissa, et nel’évacuèrent que quatre jours plus tard. Je de-mande maintenant : le général Saint-Cyr et levice-roi pouvaient-ils prévenir l’armée du gé-néral Barclay de Tolly à Witebsk ou non?
Pendant que ces mouvements s’opéraiententre la Bérésina et la Duna, le maréchal Da-voust, qui avait occupé Minsk le 26 juin—8 juil-let, en détachant le corps de Grouchy et labrigade Colbert, pour éclairer sa gauche versOrcha, non le 50 juin —12 juillet, comme lachose a été exécutée, mais le 28 juin— 10 juil-let, pouvait facilement atteindre Orcha en huità dix marches ( la distance est à peu près de20 myriamètres), de manière que ses troupess’y seraient rendues au plus tard le 7 —19 juil-let. Orcha aurait donc pu être occupée avantle combat de la Sallanovka, et, dans tous lescas, le général Grouchy servait d’échelon aucorps du maréchal Davoust. Pendant que cedernier, comme je l'ai proposé, par une mar-che de flanc, ce serait avancé sur Mslislav,Grouchy serait entré en corrélation, par sagauche, avec le vice-roi, par sa droite, avecle maréchal Davoust, et en cherchant, autantque possible, à égaliser les têtes des différentescolonnes, les échelons stratégiques auraientété formés : sur la gauche, par les gardes, lecorps de Saint-Cyr et celui du vice-roi ; dansle centre, par ceux de Grouchy, Tharreau et labrigade Colbert, et sur la droite, par les trou-pes du maréchal Davoust et du prince Ponia-towsky.
C’est dans cet ordre que toutes les lignestransversales stratégiques, comme' celles deMohilev, Orcha et Babinoviczy, et de Mstislav,par Liady à Luboviczy, auraient pu être occu-pées par une partie de l’armée française, tan-dis que le reste, sous les ordres du roi deNaples, en tenant les troupes du général Bar-clay de Tolly en échec, aurait fait le rideaunécessaire pour couvrir tous les mouvementsde la gauche des troupes mentionnées.
Retraite du général Barclay de Tolly surWitebsk. —Après de^marches pénibles et dan-gereuses, côtoyé parades forces supérieures, legénéral Barclay de Tolly parvint à échapperaux poursuites continuelles de ses ennemis, etatteignit enfin Wilebsk, le 11 — 23 juillet. 11occupa la ville, et guérit radicalement tout lemal : que la marche excentrique sur Drissaavait pu causer.
Ayant fait franchir la Duna à la plus grandepartie de son armée, il prit position en avantde Witebsk, et jeta un gros détachement surBabinoviczy, mesure de précaution qui rem-plissait deux buts importants.
1° Elle assurait une retraite sur Smolensk,en couvrant le point de Liosna ;
2° Ce détachement servait d’échelon de con-tact avec l’armée du prince Bagration , que legénéral Barclay de Tolly supposait avoir percésur Orcha.
Quoique la jonction des deux armées n’eùtpas encore été opérée, le général Barclay deTolly se vit obligé de livrer plusieurs combatssous Witebsk; engagements qui furent néces-sités par les circonstances, et que ces mêmescirconstances excusent complètement.
Il livra, le 13 — 25 juillet, le combat d’Os-trovvno, pour protéger la marche des parcsde munitions et des pontons qui filaient sursa droite, et pour donner au 6 e corps, quiavait été laissé à Polotzk, le temps de le re-joindre.
Celui du 14 — 26, près de l’auberge de Pec-zonka, pour recueillir le corps du comte Os-terman.
Dans l’espérance de ne trouver à Witebskqu’une partie des troupes françaises qui se di-rigeaient sur cette ville, le général Barclay deTolly avait eu le dessein de livrer une batailledécisive; mais un courrier dépêché par leprince Bagration ayant apporté une nouvelleavérée sur la marche de la deuxième armée,fit échouer ce projet.
D’ailleurs, à quoi une bataille livrée sousles murs de Witebsk, aurait-elle pu mener?Que le prince Bagration fût parvenu à péné-trer sur Orcha ou non, un engagement géné-ral de la première armée était toujours horsde saison. Supposant que la deuxième arméeait occupé Orcha, tandis que la première étaità Witebsk, alors rien ne pouvant s’opposer à