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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
1° Elle le débarrassa de l’ennemi qui le pour-suivait, lequel, après celte défaite, n’osa pluslesuivre que de loin ;
2° 11 se trouva assez fort pour lutter contreles troupes des généraux Petrasch et Nauen-dorf, combinées avec celles de l'archiduc, dontles positions isolées lui permirent de continuersa retraite, à travers Neustadtet la forêt Noire,sans avoir la moindre inquiétude pour ses com-munications avec le Rhin.
Le prince Bagration, au contraire, se trou-vant entre deux armées qui marchaient enmasse, dont la force de chacune était pour lemoins égale à la sienne, pouvait tout perdre àla suite du moindre mouvement mal calculé.
Opérations du corps du comte de Witlgenstein.—Sur leur droite, les Russes ont été plus heu-reux : le comte Wittgenstein, en marchant devictoire en victoire, parvint, avec son faiblecorps, non-seulement à arrêter les tentativesde l’ennemi sur Pétershourg, mais aprèsl’avoirforcé à se renfermer dans l’enceinte de Polotzk,paralysa tout à fait ses opérations offensives.
Ayant franchi la Duna à Drouïa, où il futrenforcé par le détachement du prince Repnin,le comte Wittgenstein, après avoir manœuvréconjointement avec la première armée, fut en-fin abandonné à ses propres forces au momentoù le général Barclay de Tolly évacua le campde Drissa. 11 reçut l’ordre de couvrir la routede Pétershourg. Sa ligne d’opérations fut dési-gnée par Sébège, Pskov et Novgorod. Son corpsne comptait que 23,000 hommes sous les armes.
Ayant entrepris une opération sur la rivegauche de la Duna, qui devait le conduire àdos de ses ennemis, le comte de Wittgensteins’était porté vers Drouïa ; mais il fut bientôtinterrompu dans son mouvement par la nou-velle de l’arrivée du maréchal Oudinot à Po-lotzk. Celui-ci, après avoir démoli les fortifica-tions du camp retranché de Drissa, remonta laDuna, laissa une division d’infanterie (Merle)et une brigade de cavalerie légère à Disna, etoccupa Polotzk le 14 — 26 juillet.
(î) Du nombre des troupes qui croisèrent effective-ment leurs armes avec l’ennemi à ce combat, furentles 25% 24 e , 25 e et 26 e de chasseurs ; les régiments deligne de Perme, Mohilev, Sevok, Kalouga; les bataillonsde réserve des grenadiers du Corps, de la Tauride, deEkatérinoslav, de Pavlovsk, du comte Araktchéiev, de
Accompagné de deux divisions d’infanterie(généraux Legrand et Verdier), d’une divisionde cuirassiers (général Doumerc), et d’une bri-gade de cavalerie légère, le maréchal Oudinotprononça son mouvement offensif sur la routede Pétershourg vers Sébège.
Pendant que le comte de Wittgenstein, quise hâtait de revenir sur ses pas, se dirigeaitpar Kokhanovo et Katérinovo, pour regagnerla grande communication de Polotzk à Sébège,le maréchal Oudinot eut le temps de venir luien barrer le chemin en s’établissant à Klias-titzy , embranchement des routes de Sébègeet de Kokhanovo.
Instruit aussi de la tentative de Macdonald,qui s’était porté vers Jacobstadt, de vouloirfranchir la Duna, pour combiner ses opérationssur la rive droite de ce fleuve, avec celles dumaréchal Oudinot, le comte de Wittgensteinne balança pas un moment de profiter de saposition centrale, et résolut d’attaquer Oudinotdans sa position de Kliastilzy.
Bataille de Kliastitzij. — La bataille de Klias-titzy est un fait d’armes superbe, qui fait leplus grand honneur au chef qui y commandait,et aux troupes russes qui y ont pris part. Cettelutte peut cire envisagée comme le produit dela hardiesse, du génie, et d’une valeur exem-plaire : Audaces fortuna juvat. Avec 26 ba-taillons, 8 escadrons et 6 compagnies et demied’artillerie, ce qui ne pouvait présenter toutau plus qu’un total de 16,500 hommes actifs,le comte de Wittgenstein remporta une vic-toire complète sur une armée dont les forcesexcédaient les siennes de près de la moitié (i).La victoire cependant ne resta pas un momentindécise, et l’ennemi, déposté de toutes sespositions, se repliabientôt sur Polotzk.
Tous les avantages de la position, commebois et hauteurs, étaient cependant en faveurdes Français ; mais les taillis ont été mal gar-dés et mal défendus, les élévations peu dis-putées.
Rien n’avait échappé au coup d’œil péné-
Saint-Pétersbourg; ceux réuuis de la 5 e et 14 e divisions,et des 11 e et 36 e de chasseurs; le régiment de hussardsde Grodno, et les compagnies d’artillerie légère, 9 et 27;de position, 5 et 27, et 6 pièces du 28, ainsi qui deuxcompagnies d’artillerie à cheval, 1 et 5.