DE LÀ GUERRE DE 1312.
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trant du comte de Wittgenstein, pour rendrela victoire complète. Ayant une position paral-lèle à la grande route de Polotzk, seule retraitedes ennemis, tandis qu’il les pressait en front,il chercha à les tourner par sa droite, afin deles gêner dans leur mouvement rétrograde. Ildirigea les régiments de Kalonga et le 24 e dechasseurs, qui, dépostant les ennemis du boisqui couvrait leur gauche, se rapprochaient tou-jours de la grande route de Polotzk. Cette bri-gade parvint enfin à triompher de ses ennemis;mais les Français, ayant franchi à gué la Nicht-cha, et ayant eu le temps de couronner leshauteurs de la route opposée, cette brigade neput venir sur la grande roule qu’au momentoù les ennemis traversaient la plaine derrièreKliastitzy et se perdaient dans les bois (î).
Il est difficile de se rendre compte des rai-sons qui portèrent le général Oudinot à neprononcer son mouvement offensif qu’avec3 divisions et une brigade de cavalerie lé-gère. Il aurait bien pu marcher concentrique-ment avec la division Merle, en ordonnant àcelle-ci de se porter par Losovka sur Sivo-schino où la jonction se serait faite. Maisalors il possédait l'avantage d’avoir toutes sestroupes à sa disposition, et il est probableque le comte Wittgenstein aurait succombé àdes forces aussi nombreuses. La position de-venait très-critique, car, rejeté de nouveau surJakoubovo et Ivatérinovo, il n’avait d’autremoyen, pour reprendre ses communicationsavec Sébège, que de rabattre avec promptitudesur Osveïa; mais le général Oudinot avaitbeaucoup moins de chemin à faire pour le pré-venir sur la ligne d’opérations principale àLissinkovo. C’est sur ce point qu’aurait dû avoirlieu le second acte de la bataille de Kliastitzy,où le général Oudinot aurait eu tout autantde chances en sa faveur qu’à la journée deKliastitzy, et cette fois-ci vaincu, le comteWittgenstein se serait trouvé rejeté sur Lut-zin, et tout à fait en sens contraire de sa ligned’opérations.
(j) J’ai vu moi-même l’arrière-garde française dispa-raître dans les taillis, et la brigade russe arriva surla grande route, même avant la cavalerie légère du gé-néral Koulnev, qui parvint cependant à se rendre maî-tresse des bagages du général Oudinot, ce qui prouveque, parvenue une heure plus tôt, la brigade tournante
Le lendemain, 20 juillet — 1 er août, la chancede succès avait cependant manqué de tournerau désavantage des Russes, et de flétrir cebeau laurier que le comte de Wittgenstein ve-nait de cueillir la veille. Les généraux Sazonovet Koulnev, ayant été envoyés à la poursuitedes troupes rétrogradantes, prisèrent mal leterrain qu’ils parcouraient, ainsi que les posi-tions désavantageuses qu’un défilé continuleur offrait, s’opiniâtrèrent à franchir la Drissa,et furent ramenés dans un assez grand désor-dre au delà du fleuve. Le comte Wittgensteinaccourut avec le reste de ses troupes, rétablitbientôt le combat, et finit la journée par une.nouvelle victoire. Mais il reçut un coup de feuà la tête, ce qui l’obligea , quelques jours plustard , de quitter le corps.
Débarrassé pour quelques temps des tenta-tives de l’un de ses adversaires, le comte deWittgenstein résolut de profiter de ce tempsde relâche pour chercher à accabler la partiedes troupes de l’autre, qui se trouvait près deDunahourg.
Il fila donc de nouveau vers Drouïa , et sepréparait à franchir la Duna, lorsqu’il futaverti d’un nouveau mouvement offensif dumaréchal Oudinot sur le chemin de Polotzk àDrissa. Le général français venait d'être ren-forcé par les 19 e et 20 e divisions, composéesde troupes bavaroises, qui se trouvaient sousles ordres du général Saint-Cyr ( 2 ). Cette nou-velle paralysa l’exécution du projet du comtede Wittgenstein, qui se vit obligé de revenirsans délai reprendre ses communications avecSébège et Pétersbourg. Il fila par sa gauchevers Kokanoviczy, et les troupes y arrivèrent aumoment où l’avant-garde ennemie avait occupéla rive droite de la Svolna. Le corps de batailleétaitrestésur la rive gauche ; la réserve, compo-sée du corps bavarois, au couventdeWolynlzy.
C’est pendant cette marche vers Kokano-viczy que le comte de Wittgenstein fut obligéde quitter son corps. Ce fut un accident ex-trêmement fâcheux.
aurait beaucoup gêné la retraite des ennemis, d’autantplus que la route est tracée parallèlement à un bois quiborde la rive gauche de la Nichtcha, et qui n’est qu’àune petite portée de fusil du chemin.
( 2 ) Le général Saint-Cyr arriva à Polotzk le 25 juil-let — 6 août.