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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

concentration aurait été désigné, non derrièreTOuIa, comme un des auteurs de celte campa-gne a voulu le prétendre ( 1 ), mais à Babino-viczy, en voici les raisons :

Les corps avancés étaient à Roudnia, lesréserves à YVilebsk, le flanc gauche à Sourage,laile droite sur le Dncpre, le corps intermé-diaire entre les corps avancés, et les réserves àLiosna.

Le principal, dans cette circonstance, élai tdene pas perdre de terrain, pour nabandonneraucun avantage aux adversaires, en se laissantrejeter sur la défensive. Rassembler les trou-pes dans le point de Liosna , cétait abandon-ner pendant toute une journée les trois corpsde cavalerie, que le premier engagement au-rait déjà passablement abîmé, ainsi que lecorps du maréchal Ney, à la merci de toutelarmée russe, qui naurait pas manqué de lesanéantir. Il aurait été impossible à Napoléonde faire franchir à ses réserves, cantonnées àWitebsk, lespace de 52 kilomètres qui séparecette dernière ville de Liosna, en moins dunejournée et demie. Les troupes des deux flancsse trouvaient à peu près dans le même espace,tandis que Roudnia nest quà 21 kilomètres deLiosna. Par conséquent les Russes auraient puattaquer les quatre corps français, qui se se-raient concentrés à Liosna, vingt-quatre heuresavant quils naient pu recevoir aucun secours.Ce calcul prouve évidemment que le rassem-blement à Liosna était préjudiciable. Le pointde Witebsk noffrait pas moins de dangers pourles troupes du centre.

Babinoviczy, au contraire, était un point la-téral qui offrait plus dun avantage pour la con-centration des troupes :

1° Ce point est le plus central par rapport àla position des troupes françaises. Les corps deJunot, de Ney, et presque tout le corps dumaréchal Davoust ( 2 ) [ce qui aurait fait unnoyau de 87,000 hommes (s) ], auraient pu

(ij Comment peut-on supposer que Napoléon eût en-trepris un mouvement aussi peu convenable pour lacirconstance; et pourquoi, daprès la position respectivedes troupes, le point de concentration devait-il êtrederrière lOula? Les corps étant disséminés , lauteursuppose donc que Napoléon les aurait fait rétrograderisolément des différents points quils occupaient (Orcha,YVilebsk, Sourage, Liosna, etc.). Jlaisncst-ce pas vou-loir charger sa réputation militaire dune faute dont il

atteindre ce point dans un jour. En supposantque des trois corps de cavalerie il ny eût quela moitié qui fût parvenue à échapper, le nom-bre des troupes serait monté à 94,000 hommes,force assez grande pour sopposer aux premiè-res attaques des armées russes ;

2° Ce point couvre eftcacement la ligne do-pération de larmée française;

3° 11 se trouve hors de direction de limpul-sion des forces des Russes, avantage certaine-ment très-grand , de pouvoir rassembler lestroupes sur un point lennemi ne peut ve-nir pour sopposer à la concentration des for-ces ; et

4° II se trouve dans le flanc de la communi-cation de Smolensk à Witebsk, communication les Russes voulaient justement percer pourséparer les troupes de deux ailes.

Arrivée à Liosna, larmée russe, voyant lestroupes rétrogradantes se diriger sur Babino-viczy, aurait-elle osé se porter en avant versWitebsk, sans savoir ce qui se passe, sur sonaile gauche? Et si, méprisant cette considéra-tion , elle eût poussé vers Witebsk, elle au-rait trouvé peut-être le vicc-roi venu de Sou-rage, mais qui naurait pas été assez audacieuxpour recevoir le combat, que SCrilit-clIe ce-pendant devenue, ayant laissé imprmlemuentà dos larmée française, laquelle, pendant cetemps, renforcée par le reste des réserves, se-rait montée à un total de près de 150,0)0) hom-mes? Le prince Poniatowski, que Napoléonnaurait pas manqué de faire avance^ de Mo-liilev, aurait encore renforcé larmée die22,000hommes.

Si, à Liosna, le général Barclay d< Toliyfaisait un changement de front veis Babi-noviczy, il ny serait cependant arrive quaumoment toute larmée française se seraitconcentrée, car de Rondnia , par Liosni à Ba-binoviczy, il ny a que 2 kilomètres de moinsque de Witebsk au même point. Mais il faut

naurait jamais pu être capabbe ; ca: nétait-ce jas livrerjustement aux Kusses, qui marchaent en massq toutesles chances du succès? Si la concextration de s;s forceseût été l'unique but de Napoléon, sans avoir éfard auxmoyens quil emploierait pour y rarvenir, il pouvaittout aussi bien les rassembler à Witebsk.

( 2 ) Excepté la division qui se trorvait à VVitelsk.

( 5 ) Je donne ici lestimation ds troupes françaisesdaprès celle du marquis de Chamlray, toin. 1 ". p. 297.