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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
concentration aurait été désigné, non derrièreTOuIa, comme un des auteurs de celte campa-gne a voulu le prétendre ( 1 ), mais à Babino-viczy, en voici les raisons :
Les corps avancés étaient à Roudnia, lesréserves à YVilebsk, le flanc gauche à Sourage,l’aile droite sur le Dncpre, le corps intermé-diaire entre les corps avancés, et les réserves àLiosna.
Le principal, dans cette circonstance, élai tdene pas perdre de terrain, pour n’abandonneraucun avantage aux adversaires, en se laissantrejeter sur la défensive. Rassembler les trou-pes dans le point de Liosna , c’était abandon-ner pendant toute une journée les trois corpsde cavalerie, que le premier engagement au-rait déjà passablement abîmé, ainsi que lecorps du maréchal Ney, à la merci de toutel’armée russe, qui n’aurait pas manqué de lesanéantir. Il aurait été impossible à Napoléonde faire franchir à ses réserves, cantonnées àWitebsk, l’espace de 52 kilomètres qui séparecette dernière ville de Liosna, en moins d’unejournée et demie. Les troupes des deux flancsse trouvaient à peu près dans le même espace,tandis que Roudnia n’est qu’à 21 kilomètres deLiosna. Par conséquent les Russes auraient puattaquer les quatre corps français, qui se se-raient concentrés à Liosna, vingt-quatre heuresavant qu’ils n’aient pu recevoir aucun secours.Ce calcul prouve évidemment que le rassem-blement à Liosna était préjudiciable. Le pointde Witebsk n’offrait pas moins de dangers pourles troupes du centre.
Babinoviczy, au contraire, était un point la-téral qui offrait plus d’un avantage pour la con-centration des troupes :
1° Ce point est le plus central par rapport àla position des troupes françaises. Les corps deJunot, de Ney, et presque tout le corps dumaréchal Davoust ( 2 ) [ce qui aurait fait unnoyau de 87,000 hommes (s) ], auraient pu
(ij Comment peut-on supposer que Napoléon eût en-trepris un mouvement aussi peu convenable pour lacirconstance; et pourquoi, d’après la position respectivedes troupes, le point de concentration devait-il êtrederrière l’Oula? Les corps étant disséminés , l’auteursuppose donc que Napoléon les aurait fait rétrograderisolément des différents points qu’ils occupaient (Orcha,YVilebsk, Sourage, Liosna, etc.). Jlaisn’cst-ce pas vou-loir charger sa réputation militaire d’une faute dont il
atteindre ce point dans un jour. En supposantque des trois corps de cavalerie il n’y eût quela moitié qui fût parvenue à échapper, le nom-bre des troupes serait monté à 94,000 hommes,force assez grande pour s’opposer aux premiè-res attaques des armées russes ;
2° Ce point couvre eftcacement la ligne d’o-pération de l’armée française;
3° 11 se trouve hors de direction de l’impul-sion des forces des Russes, avantage certaine-ment très-grand , de pouvoir rassembler lestroupes sur un point où l’ennemi ne peut ve-nir pour s’opposer à la concentration des for-ces ; et
4° II se trouve dans le flanc de la communi-cation de Smolensk à Witebsk, communicationoù les Russes voulaient justement percer pourséparer les troupes de deux ailes.
Arrivée à Liosna, l’armée russe, voyant lestroupes rétrogradantes se diriger sur Babino-viczy, aurait-elle osé se porter en avant versWitebsk, sans savoir ce qui se passe, sur sonaile gauche? Et si, méprisant cette considéra-tion , elle eût poussé vers Witebsk, où elle au-rait trouvé peut-être le vicc-roi venu de Sou-rage, mais qui n’aurait pas été assez audacieuxpour recevoir le combat, que SCrilit-clIe ce-pendant devenue, ayant laissé imprmlemuentà dos l’armée française, laquelle, pendant cetemps, renforcée par le reste des réserves, se-rait montée à un total de près de 150,0)0) hom-mes? Le prince Poniatowski, que Napoléonn’aurait pas manqué de faire avance^ de Mo-liilev, aurait encore renforcé l’armée die22,000hommes.
Si, à Liosna, le général Barclay d< Toliyfaisait un changement de front veis Babi-noviczy, il n’y serait cependant arrive qu’aumoment où toute l’armée française se seraitconcentrée, car de Rondnia , par Liosni à Ba-binoviczy, il n’y a que 2 kilomètres de moinsque de Witebsk au même point. Mais il faut
n’aurait jamais pu être capabbe ; ca: n’était-ce jas livrerjustement aux Kusses, qui marchaent en massq toutesles chances du succès? Si la concextration de s;s forceseût été l'unique but de Napoléon, sans avoir éfard auxmoyens qu’il emploierait pour y rarvenir, il pouvaittout aussi bien les rassembler à Witebsk.
( 2 ) Excepté la division qui se trorvait à VVitelsk.
( 5 ) Je donne ici l’estimation d‘s troupes françaisesd’après celle du marquis de Chamlray, toin. 1 ". p. 297.