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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

lensk .La ligne dopération des Russes allaitde Smolensk par Wiasma à Moscou. En atta-quant ses ennemis sur la rive gauche, Napo-léon ne leur abandonnait-il pas volontairementcette ligne de retraite, laquelle, depuis Smo-lensk jusquà Soloviévo, longe la rive droitedu fleuve? Puisquune bataille décisive et à ou-trance était le but de toutes ses opérations,ny serait-il pas mieux parvenu en forçant lesRusses à laccepter sur la rive droite? Le ma-réchal Davoust, qui formait léchelon le plusavancé de la droite, renforcé par le corps dugénéral Junot, quon aurait fait avancer dOr-cha, aurait servi de pivot au changement defront. Napoléon aurait été alors le maître dediriger de grands eflorls par sa gauche, et demenacer linterception de la seule ligne de re-traite que larmée russe ait pu conserver pourse replier sur Moscou. Cette attaque générale,dirigée par la rive droite, aurait aussi ravi auxRusses un avantage tactique dont ils ont pro-fité les 511 août ; elle leur aurait ôté la pos-sibilité de livrer bataille sous la protection dela ville, et de couvrir leur retraite par la dé-fense des faubourgs.

Deux alternatives se présentent à nos ré-flexions :

1° Les Russes recevaient-ils la bataille dansune position parallèle à la route de Péters-bourg, en appuyant leur gauche à la ville etau Dnepre ; vaincus, ils étaient obligés de sereplier sur Loubino, et la ville de Smolensktombait intacte au pouvoir des Français ;

2° S'opiniâtraient-ils à se défendre sous laprotection de la ville en se couvrant par lesfaubourgs, alors, en portant le flanc gauche del'armée française parallèlement à la grandecommunication de Smolensk à Dorogobouge,Napoléon forçait les Russes, en cas de retraite,de filer par leur droite, retraite quil auraittoujours pu inquiéter, ou de repasser sur larive gauche en traversant la ville.

Les avantages tactiques du terrain sur larive droite, étaient à peu près égaux à ceuxde la rive gauche. Larmée française aurait puappuyer sa droite au Dnepre, entre Sitniki etDoubrovka, en prolongeant sa gauche parTcliokina et Soloniki, vers Hoponowtchina.Napoléon pouvait rassembler sur la rive droiteune force de 146,148 hommes, tandis que leprince Poniatowski, qui venait de Mohilevpar

Romanovo, en poussant par Krasnoï, auraitobservé la rive gauche avec les 22,000 hommesquil avait sous ses ordres, et aurait été éche-lonné par le 4 e corps de cavalerie, qui, ayantquitté Rogalchev, savançait vers Smolensk.

Observera-t-on que dans le cas larméerusse aurait été, à la suite dun échec et delinterception de sa ligne de retraite, forcéede passer sur la rive gauche, elle aurait tou-jours conservé par Jelnia ses communicationsavec les gouvernements de Kalouga et deToula, je répondrai : quau moment nousétions à Smolensk, si cette retraite vers lesprovinces méridionales de la Russie, avait puêtre plus avantageuse que celle sur Moscou,les généraux commandants russes nauraientpas manqué de lentreprendre, dautant plusquau moment de la réunion des deux arméesà Smolensk, tandis que Napoléon était encoreà Witebsk, rien naurait pu sopposer à lexé-cution de ce plan.

Que ces dernières réflexions naillent pas,cependant, servir daccusation positive contrele mouvement de Napoléon, ce nest quunesupposition de ce qui aurait pu être plus avan-tageux dans cette circonstance. Napoléon avaitcru que les Russes prendraient sérieusementloflensive, les ordres donnés au roi de Napleset au maréchal Ney le démontrent clairement.II supposait donc que larmée russe étant en-gagée vers Roudnia, il ny aurait personne ducôté de Smolensk, et que son mouvement deconversion, quoique dune étendue un peutrop grande, réussirait complètement.

Si Napoléon était parvenu à semparer deSmolensk, pendant que les armées russes étaientdu côté de Roudnia, les résultats nauraient-ils pas été les mêmes que sil avait attaqué parla rive droite? Il se rendait maître de la villeet de la grande communication de Smolensk àMoscou.

Il avait essayé, et avec raison, de couperles Russes de Smolensk, au lieu de les rejeterpar un mouvement perpendiculaire dans laville, et augmenter par le nombre de sesdéfenseurs. Quels résultats, et sans la moindreperte : sa victoire nen aurait-elle pas été plusbelle ?

Ayant effectué son passage sur la rive gau-che, Napoléon se porta, avec toute son armée,vers Smolensk, les deux armées russes sé-