DE LA GUERRE DE 1813.
laienl concentrées dans l’intention de la défen-dre, mais ils changèrent bientôt de dessein;craignant de perdre leur communication avecMoscou, ils préférèrent abandonner la ville aupouvoir des ennemis. Comme leur retraite,cependant, ne pouvait s’effectuer en sécuritéque tant que Smolensk resterait encore en leurpouvoir, cette raison péremptoire donna lieuaux deux combats des 4—16, et 5—17 août.
Bataille de Smolensk .—Pendant que le gé-néral Barclay de Tolly, qui s’était chargé dela défense de la ville, faisait les dispositionsnécessaires, la deuxième armée, s’éloignant deSmolensk, alla prendre position derrière larivière de la Kolodnia.
Le général Barclay de Tolly ne laissa, pourla défense de la ville, sur la rive droite dullnepre, que le corps du général Doktorov, ladivision Konovnitzin, 2 régiments de chas-seurs et une brigade de dragons. Le tout pou-vait monter à peu près à 22,000 hommes (î).
Napoléon, au contraire, s’avança et pritposition sous les murs de Smolensk, avec lescorps des maréchaux Davoust, Ney et princePoniatowsky, de la cavalerie du roi de Napleset de la garde impériale, ce qui faisait un totalde 137,463 hommes.
Le 4 e corps était resté sur la route de Ivras-noï, tandis que le 8 e était en marche versSmolensk.
La position de l’armée française était demi-circulaire et s’appuyait, par ses deux flancs,au Dnepre.
La bataille de Smolensk, quant à la valeurque les troupes russes y ont déployée, doit êtremise au rang d’un des plus beaux faits d’armesde cette campagne. Que le lecteur impartialjette un regard sur le nombre des assaillants etsur celui des défenseurs : 30,000 hommes ontrésisté, pendant toute une journée, à l’impul-sion de 100,000 ( 2 ). Que de probabilités uncourage aussi héroïque n’offrait-il pas pourune défense plus opiniâtre.
Les raisons qui ont décidé l’abandon de cetteville sont-elles péremptoires? Arrètons-nous-y un moment.
( 1 ) Ils furent renforcés plus tard par la division duprince Eugène de Wurtemberg, et par les 50° et 48 e dechasseurs, ce qui fil monter le nombre des défenseurs à50,000 hommes.
( 2 ) Je fais ce calcul d’après le nombre des troupes qui ont
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Les deux années belligérantes étaient sépa-rées par le Dnepre; les Russes avaient leur lignede retraite en leur pouvoir, et le prince Ba-gration la couvrait avec 40,500 hommes. 11 yavait donc, dans et derrière Smolensk, 75,300hommes.
Tant que la ville aurait été au pouvoir desRusses, je crois que la crainte d’ètre coupésde la route de Moscou aurait été vaine, et lestentatives de Napoléon infructueuses. Il esttout simple que cette menace de l’interceptionde notre ligne de communication avec Mos-cou , n’aurait pu s’effectuer qu’en jetant unepartie des troupes françaises sur la rive droite;soit.
Deux hypothèses s’offrent à notre discussion :
1° L’opération du passage pouvait précéderles attaques des 4—16, et 5—17 août;
2° Napoléon pouvait l’entreprendre aprèsavoir tenté l’assaut de la ville, c’est-à-dire, àla suite du combat du 5—17.
Faisons maintenant nos calculs, et récapi-tulons les positions que les différentes partiesdes deux armées belligérantes occupaient.
Les Français avaient rassemblé sous les mursde Smolensk, la garde impériale, les corpsd’infanterie du maréchal Davoust, du maréchalNey et du prince Poniatowsky, moins ladivision Dombrovsky; la cavalerie était com-posée du l el corps, de 2 divisions de cuiras-siers du 2 e corps ( 3 ), et du 3 e corps ( généralGrouchy), ce qui faisait un total de 131,560hommes.
Les Russes avaient sous Smolensk 116,900hommes, dont 76,000 appartenant à la pre-mière armée, et 40,900 à la deuxième.
Leurs positions respectives sur la rive droitedu Dnepre restent les mêmes.
À l’instar du passage effectué le 7—19 août,Proudichlchevo aurait été, sans doute, le pointsur lequel les troupes auraient franchi le fleuve.Plusieurs raisons péremptoires le font pré-sumer :
1° Parce qu’un mouvement de conversiondans le sens tactique, ne doit pas être entre-pris une part active au combat, et quisont les corpsdes ma-réchaux Davoust, Ney et celui du prince Poniatowsky.
( 3 ) La division Sébastiani avait été laissée sur la rivedroite du Dnepre, pour observer les mouvements del'ennemi.