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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

pris à une trop grande distance de la massedes troupes ;

2° Parce quen franchissant le Dnepre plushaut que Proudichtchevo, Napoléon isolaittrop son opération, et, en cas de nécessité, seravissait les moyens de secourir les troupesemployées au passage ; et

5° Parce quen choisissant un point plushaut que Proudichtchevo, il séloignait volon-tairement du vrai but de lopération, qui étaitla grande roule de Smolensk à Dorogobouge.

Il est difficile de désigner au juste le par-tage des troupes que Napoléon aurait fait pourcette opération épineuse; mais comme le pas-sage à Proudichtchevo ne pouvait sexécuterque sous les yeux de la deuxième armée, la-quelle aurait mis, sans doute, à profit toutesles chances favorables pour sy opposer, jesuppose que larmée française, conduite parun chef aussi illustre, naurait négligé aucunedes dispositions que la prudence exige.

Tant que les Russes auraient encore été lesmaîtres de Smolensk, Napoléon aurait étéobligé de laisser une masse de troupes suffi-sante pour les empêcher de culbuter celle quiaurait cerné la ville, car un mouvement rétro-grade des Français aurait trop compromis lescorps tournants.

Je suppose donc que Napoléon aurait désignéles 3 e et 5 e corps dinfanterie, et les 1 er et 3 ecorps de cavalerie, pour effectuer le passageà Proudichtchevo : célaitune masse de 49,463hommes, dont 59,020 fantassins et 10,443 ca-valiers (î). 11 ne pouvait même pas en employermoins, car le prince Bagration avait primi-tivement 40,900 hommes sous ses ordres, etles avantages de sa position étaient tels, quilpouvait même combattre avec supériorité uncontre deux. Mais comme on aurait pu aussi,sans danger, le renfoncer encore par le 1 ercorps de cavalerie, la force de son arméeaurait monté à 44,600 hommes, dont 50,000fantassins, 14,600 cavaliers, et 216 pièces decanon.

Après le départ des quatre corps, qui se-raient allés cueillir leurs lauriers sur la rive

(1) Car lexpédition sur la rive droite du Dnepre pré-sentait plus de chances favorables pour la cavalerie. Ducôté de Smolensk, au contraire, cette arme devait resteren inaction.

( 2 ) Le marquis de Chanibray ne nous donne pas léva-

droite du Dnepre, larmée de Napoléon désignéepour cerner la ville sur la rive gauche, auraiteu 82,007 hommes sous les armes, dont 79,421fantassins et 2,686 cavaliers. 11 est tout sim-ple que ces derniers nauraient été daucuneutilité, car ce nest pas avec de la cavaleriequon attaque et quon prend une ville dassaut.

Larmée du général Barclay de Tolly auraitété composée des 2 e , 5 e , 4 e , 5 e et 6 e corps din-fanterie, et des 2 e et 5 e corps de cavalerie,plus 2,300 Cosaques, ce que nous pouvonsévaluer à 72,300 hommes.

Résolu de se maintenir sur la rive droite duDnepre, et de conserver surtout sa communi-cation avec Moscou intacte, le prince Bagrationnaurait pasmanquéde faire les reconnaissancesnécessaires, et ses patrouilles auraient bientôtdécouvert létablissement des ponts sur leDnepre. En filant par sai gauche, il serait venusétablir entre Waloutina-Gora et Topovka. Lepassage ayant été trahi, je men rapporte auxmilitaires expérimentés, si 14,600 hommessous les armes, et 200 pièces de canon, ne sontpas plus que suffisants peur enpèchcr 49,465de passer de vive force. Qui dexemples nepourrais-je pas offrir au lecteur pour appuyerma supposition? A quel les pertes énormes len-nemi naurait-il pas été en hutte, avant davoirforcé le passage, et supposant même quil leûtforcé, dans quelle position vicieuse et aveccombien de désavantages les premières troupesnauraient-elles pas été obligées de sengager?Le prince Bagration qui naurait pias manquéde cerner une partie du Borysthène, naurait-il pas écrasé son ennemi avec facilité ?

Maintenant reportons nos réflexions sur laseconde hypothèse.

Supposons que Napoléon n'eùt tenté le pas-sage quaprès avoir échoué dans la tentative duo17 août.

Les pertes des Français étant monté à 20,000hommes ( 2 ), il leur serait resté 111,570. Le517, au soir, ils furent renforcés par le corpsdu général Junot, ce qui a fait monter leursforces à 125,570 hommes.

Supposons même quà la suite de léchec reçu

luation des pertes de larmée française; mais comme ilne contredit pas lassertion de lauteur de l'Histoire mi-litaire de la campagne de Russie en 1812, je men suisrapporté à cette donnée.