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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA GUERRE DE 1812.

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le 517, Napoléon voyant les Russes se dis-poser à défendre la ville avec opiniâtreté, eûtfait aussi avancer le corps du vice-roi qui étaitresté à Krasnoï. Ce corps naurait pu atteindreSmolensk que dans la soirée du 618. Pourne livrer aucune chance au hasard, supposonsque Napoléon neût fait aucune tentative pen-dant toute cette journée, qui se serait appa-remment écoulée de part et dautre en prépa-ratifs et reconnaissances indispensables; laforce totale de larmée française serait doncmontée à 156,015 hommes (t).

Les pertes des Russes dans les deux journéessont montées à 6,000 hommes, il leur restaitdonc 110,900 hommes sous les armes. Suppo-sant que les pertes des deux armées aient étéégales daprès le partage que jen avais fait,il serait donc resté 69,300 hommes à la pre-mière armée, et 41,600 à la deuxième.

Les perles du 5 17 août ayant affaibli les3 e et 5 e corps, Napoléon aurait sans douteemployé pour lexpédition au delà du Dnepredes troupes fraîches et en état dentreprendreune opération difficile; il y aurait désigné les4 et 8 e corps, lesquels, soutenus par lesdébris du 5 e et les 1 er et 3 e corps de cava-lerie , auraient formé une masse de 66,626hommes. Le reste de larmée, qui faisait 89,589hommes présents sous les armes, aurait cernéla ville.

Ce nouveau calcul et laugmentation destroupes françaises employées pour le passage,ne me fera pas changer davis sur les chancesfavorables que le prince Bagration avait en sonpouvoir, et je soutiendrai de nouveau que41,600 hommes, présents sous les armes, sontsuffisants pour battre une armée de 66,626, quiveut franchir un fleuve de vive force, et dontlintention a été découverte. Le prince Bagra-lion pouvait tomber avec des masses concen-trées sur des têtes de colonnes, et les écraserlune après lautre.

Revenons maintenant à la défense de la villemême.

Dans la première hypothèse, la ville auraitété défendue par 72,500 hommes, et attaquéepar 82,007; dans la seconde, le nombre des

(i) Toutes ces données sont extraites de louvrage dumarquis de Chambray. En comparant le complet descorps présents sous Smolensk, avec les listes de létat destroupes au moment de leur passage au delà du Niémen,

défenseurs serait monté à 69,300, et celui desassaillants à 89,389.

La première armée avait avec elle un traindartillerie de 468 bouches à feu, dont 156pièces de position, 216 légères, et 96 à cheval.Les faubourgs de Krasnoï et de Raczenka pou-vaient être efficacement défendus par la coopé-ration de batteries de position établies sur larive droite. Daprès le calcul que je viens dedonner, on pouvait en placer 36 sur chaqueflanc ; leur devoir aurait été de balayer les plai-nes devant les deux faubourgs. Abstraction fai tedes troupes désignées pour les défendre, lar-tillerie, en prenant les colonnes assaillantes enflanc, aurait exposé les troupes ennemies quise seraient avancées vers ces deux points, à despertes tellement grandes, quil est facile desupposer que Napoléon aurait dirigé ses atta-ques primitives contre le centre, cest-à-dire,contre les faubourgs de Mstislav, de Roslav etde Nikolskoï.

Indépendamment de ces 72 pièces, larméerusse aurait encore eu 396 pièces à sa dispo-sition, pour défendre les approches de la villesur la rive gauche. La position demi-circulairedes Français embrassait un terrain de près de\ 0 kilomètres détendue, ce qui devait néces-sairement leur ravir beaucoup de profondeur.Les Russes, au contraire, combattant sous laprotection des faubourgs et dune nombreuse.artillerie, avaient encore lavantage de pou-voir profiter de chaque point faible de lordrede bataille des adversaires pour y porter leursréserves, et davoir sur chaque point ils lesportaient, une supériorité tactique décidée.

En jugeant daprès lengagement du 517août, et les forces avec lesquelles les Russesont résisté à celles de leurs adversaires, il yaurait plus que des probabilités en leur faveur.Mais en supposant même que les Françaisfussent parvenus à semparer des faubourgs, laville ne nous suffisait-elle pas pour couvrirnotre retraite? Elle se serait effectuée commeelle la été le 6 18; mais nous aurions laissésur le champ de bataille au moins quatre Fran-çais pour un Russe, prérogative dont nous au-rions senti tous les avantages dans la suite. En

on est étonné de voir que, dans lespace de sept semaines etdemie, le déficit de ces corps ait monté à plus de 100,000hommes.