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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA GUERRE DE 1812.

3!)

tout pour défendre efficacement les points quise trouvent sur la grande route de Smolensk àMoscou, et la capitale elle-même, et enfin pourêtre daccord avec les principes stratégiques denotre auteur, nous préférons une marche la-térale à celle perpendiculaire sur Wiasma. Ilsen présentait une du côté de Poreczié; soit :voyons maintenant à quoi un changement pa-reil de ligne dopérations aurait conduit lar-mée russe.

La règle exige, et celle-ci est invariable ,quen changeant de ligne dopérations, onchange aussi de base. Heureusement les Russesfaisaient la guerre dans leur pays, et pouvaientencore sen procurer une : celle-ci aurait été,supposons, à Novgorod, Tikvin, etc.; celle desFrançais à Wilna, Polotzk et Witebsk. Lacapitale offraitaux Russesdes débouchés facilesdu côté de la mer, comme du côté des provincesorientales, ce qui aurait facilité les approvi-sionnements, si toutefois celte partie de lem-pire pouvait en livrer suffisamment. Ce chan-gement de front aurait donné une autre face àla guerre. Larmée russe aurait été séparée,sans espoir de retour, de ses provinces mé-ridionales, quoique leur défense devait être,daprès lavis de lauteur lui-même, lobjetconstant des opérations des Russes, et leuroccupation celui des Français. Aussi le voyons-nous porter sur Napoléon une accusation , aureste très-juste (tome i cr , page 389), de ne pasavoir, en quittant Mojaisk, changé de direc-tion en poussant par Wereïa sur Podolsk,pourse rendre maître des routes de Toula et de Ka-louga ; « car, par cette manœuvre, dit-il, il au-» rail complètement réussi à couper les com-» munications de larmée russe avec les pro-» vinces du midi, et laurait forcée dexécuter» une retraite précipitée sur la route de Wla-» dimir, elle se serait trouvée dans un état» disolément qui ne lui eût point permis de» se refaire facilement.»

(i) Car il assure (tome i cr , pageôOi) « que si Napoléon» eût pu pousser un corps jusquà Moscou, avant que» larmée russe fût en mesure de lui livrer une bataille» générale, la consternation eût été à son comble, et» la nation découragée aurait peut-être regretté les» sacrifices quelle devait faire à son indépendance :» lopinion générale eût été, ajoute-t-il, quon avait» livré la Russie entre les mains de la trahison et de» limpéritie. »

(i) Lauteur sera peut-être étonné, et même indisposé,

En ramenant cependant mon lecteur sur lechamp de bataille de Smolensk, je veux luifaire observer quau temps nous en étionsalors, ce nétait pas les roules de Toula et deKalouga qui étaient le but de nos opérations,mais bien Moscou. Un mouvement latéral cou-vrant mieux un point donné quune retraiteperpendiculaire, pour ne pas indisposer aussila nation et larmée, lesquelles, daprès la des-cription de notre auteur, tenaient lune et lau-tre à la conservation de la capitale (t), jaichoisi justement le moyen le plus efficace pourcouvrir la capitale, et jai porté larmée russesur une communication latérale, celle de Po-reczié , plutôt que de la laisser sur celle per-pendiculaire par Wiasma et Mojaisk à Moscou ;Pélersbourg devient donc le but de la défense.Larmée russe se serait vue obligée, peut-être,de se replier devant un ennemi double enforce, et laurait fait autant que les circonstan-ces lauraient exigé. « Mais comme les troupes» qui croyaient fermement, ajoute notre au-» leur (loin. i er , pag. 30-4), que la conserva-)» tion de Moscou (capitale pour capitale , jy» substitue Pélersbourg) était un de leurs» premiers devoirs, et ne se seraient point» résignées sans murmures à de nouveaux» mouvements rétrogrades dont labandon de» la capitale eût été le résultat; » larmée russeaurait, comme à la bataille de Borodino, tentéle sort des combats, et, si la victoire lui eut étéinfidèle, se serait trouvée rejetée dans lapartieseptentrionale de lempire , pays offrant peude ressources , et, par conséquent, à la mercidun sort déplorable ( 2 ).

Le corps du comte de Wittgenstein, qui dé-fendait la communication de Sebège et dePskov, dans la crainte de voir sa ligne de re-traite interceptée, aurait été aussi obligé desuivre le mouvement rétrograde de la grandearmée russe, et aurait facilité le mouvementconcentrique des troupes commandées par Na-

de voir que jai conduit larmée russe dans la partie sep-tentrionale de lempire, qui est, comme il le dit lui-même ( tome 1 ", page 269 ), « entièrement hors de la>' ligne importante du centre et de toute liaison avec les» provinces fertiles du midi. » Mais comme javais àcœur de défendre efficacement les points qui conduisentà Moscou, jai cru de mon devoir de choisir le moyen leplus efficace pour y parvenir, celui quil propose lui-même ; de prendre enlin une marche latérale, plutôt quede çontinuer une retraite perpendiculaire.