Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
43
JPEG-Download
 

1)E LA GUERRE DE 1813.

43

défendue par les divisions dinfanterie des gé-néraux Konovnitzin el comte Strogonov, quiétaient placées en arrière dOulilza ; elles éta ientflanquées sur leur gauche par des régimentsde Cosaques, et avaient en arrière la milice deMoscou.

Plusieurs régiments de chasseurs étaient, dé-bandés devant le front de la première ligne debataille, et occupaient les broussailles.

En nous rappelant la topographie du champde bataille, les avantages que ces differentspoints offraient aux Russes, et les difficultésquils présentaient à surmonter pour les enne-mis, il est difficile de ne pas remarquer quel-ques vices dans la disposition des troupes;disposition qui ne doit jamais se faire qued'après les avantages et les difficultés du ter-rain.

Depuis le confluent de la Kolocza et de laMoskva, jusquau ravin de Goritskoï, la rivedroite de la Kolocza offrait, comme nous lavonsvu plus haut, une position purementdéfensive.Les approches de ces sortes de positions sonttellement difficiles, quelles ne revendiquentordinairement, de la part des défenseurs, quepeu de troupes pour les défendre et sy main-tenir. Nous voyons cependantcet espace occupépar trois corps dinfanterie, trois corps de cava-lerie, par une masse de Cosaques et les réserves.Depuis la rive droite de la Moskva, jusquàGorki, le seul point par lennemi pouvaitforcer le défdé, était le chemin qui, de Boro-dino, conduit à Gorki. Tout ce qui était àdroite de celle route était, pour les ennemis,des défilés difficiles à traverser et quils nau-raient pu franchir quau prix de très-grandssacrifices. Jamais les Français nauraient osésaventurer au delà de'la Kolocza, entre Za-kharino et Staroïé, car ils risquaient dètrepris en flagrant délit entre la Moskva et laKolocza.

Cest donc à Gorki que devait être placée ladroite des Russes, tandis que lespace entreGorki et la Moskva aurait été patrouillé parces partis de Cosaques qui faisaient lextrêmedroite de lordre de bataille. De cette manière,les Russes resserraient leur champ de batailleet pouvaientdonner plus de profondeur tactiqueà leur ordre debalaille; disposition qui nauraitpas manqué de leur rapporter les plus grandsavantages pendant rengagement, en leur of-

frant les moyens de placeirdes forces majeuressur tous les points décisifs.

La disposition des troupes russes, dans lordrede bataille, aurait eu peut-être la suivante.

Le 2 e corps dinfanterie, à cheval sur lagrande route, aurait occupé Gorki en séten-dant vers la droite, autant que les différentsreplis du terrain lauraient exigé. A gauche,au delà du ravin de Goritskoï, le corps de ca-valerie du général Ivorf, ayant détaché un faibleparti de cavalerie pour seconder lextrêmedroite, aurait été placé en arrière de linfante-rie, devant Knioskovo. La masse des Cosaques,qui se trouvait placée sur la droite de Gorki àOuspenskoïé, ainsi que la milice de Moscou, quine pouvaient cependant, contre des Iroupesaussi disciplinées que létait larmée française,que servir à donner le change aux ennemis surla force présente sous les armes, el loccupationdes différents points de lordre de bataille, au-raient étébcaucoupmieuxuliliséessur lextrêmedroite.

Le 4 e corps dinfanterie aurait occupé les-pace compris entre le flanc gauche du 2 e corpset Séménovskoïé ; une division du 4 e corpsdinfanterie, placée en troisième ligne, lui au-rait servi de soutien.

Le reste du corps de cavalerie du généralKorf, et celui du général comte, de Pahlen , enappuyant leur gauche derrière Séménovskoïé,auraient fait la troisième ligne de bataille.

Le 7 e corps aurait prissaplace à gauclie de Sé-ménovskoïé, tandis que la seconde division du4 e corps dinfanterie se serait placée en arrière.

A gauche du 7 e corps on aurait placé les di-visions du comte Worontzov et Névérovskoïé.Ladivision de grenadiers du prince Charles deMeklenbourg, aurait servi de réserve à cesdeux. Le corps de cavalerie du général Sie-vers aurait fai t leur quatrième ligne de bataille.

Le 3 e corps dinfanterie aurait occupé le vil-lage dOutitza, et autant de terrain à gaucheque les replis du lorrain lauraient exigés.

Le reste de la cavalerie aurait été distribuéde la manière suivante :

Le 1 er corps de cavalerie du général Ouva-rov, qui ne pouvait être que dune utilité né-gative sur lextrême droite, aurait été beau-coup mieux placé en arrière du 3 e corpsdinfanterie, en appuyant sa gauche à la vieilleroule de Smolensk.