1)E LA GUERRE DE 1813.
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défendue par les divisions d’infanterie des gé-néraux Konovnitzin el comte Strogonov, quiétaient placées en arrière d’Oulilza ; elles éta ientflanquées sur leur gauche par des régimentsde Cosaques, et avaient en arrière la milice deMoscou.
Plusieurs régiments de chasseurs étaient, dé-bandés devant le front de la première ligne debataille, et occupaient les broussailles.
En nous rappelant la topographie du champde bataille, les avantages que ces differentspoints offraient aux Russes, et les difficultésqu’ils présentaient à surmonter pour les enne-mis, il est difficile de ne pas remarquer quel-ques vices dans la disposition des troupes;disposition qui ne doit jamais se faire qued'après les avantages et les difficultés du ter-rain.
Depuis le confluent de la Kolocza et de laMoskva, jusqu’au ravin de Goritskoï, la rivedroite de la Kolocza offrait, comme nous l’avonsvu plus haut, une position purementdéfensive.Les approches de ces sortes de positions sonttellement difficiles, qu’elles ne revendiquentordinairement, de la part des défenseurs, quepeu de troupes pour les défendre et s’y main-tenir. Nous voyons cependantcet espace occupépar trois corps d’infanterie, trois corps de cava-lerie, par une masse de Cosaques et les réserves.Depuis la rive droite de la Moskva, jusqu’àGorki, le seul point par où l’ennemi pouvaitforcer le défdé, était le chemin qui, de Boro-dino, conduit à Gorki. Tout ce qui était àdroite de celle route était, pour les ennemis,des défilés difficiles à traverser et qu’ils n’au-raient pu franchir qu’au prix de très-grandssacrifices. Jamais les Français n’auraient osés’aventurer au delà de'la Kolocza, entre Za-kharino et Staroïé, car ils risquaient d’ètrepris en flagrant délit entre la Moskva et laKolocza.
C’est donc à Gorki que devait être placée ladroite des Russes, tandis que l’espace entreGorki et la Moskva aurait été patrouillé parces partis de Cosaques qui faisaient l’extrêmedroite de l’ordre de bataille. De cette manière,les Russes resserraient leur champ de batailleet pouvaientdonner plus de profondeur tactiqueà leur ordre debalaille; disposition qui n’auraitpas manqué de leur rapporter les plus grandsavantages pendant rengagement, en leur of-
frant les moyens de placeirdes forces majeuressur tous les points décisifs.
La disposition des troupes russes, dans l’ordrede bataille, aurait eu peut-être la suivante.
Le 2 e corps d’infanterie, à cheval sur lagrande route, aurait occupé Gorki en s’éten-dant vers la droite, autant que les différentsreplis du terrain l’auraient exigé. A gauche,au delà du ravin de Goritskoï, le corps de ca-valerie du général Ivorf, ayant détaché un faibleparti de cavalerie pour seconder l’extrêmedroite, aurait été placé en arrière de l’infante-rie, devant Knioskovo. La masse des Cosaques,qui se trouvait placée sur la droite de Gorki àOuspenskoïé, ainsi que la milice de Moscou, quine pouvaient cependant, contre des Iroupesaussi disciplinées que l’était l’armée française,que servir à donner le change aux ennemis surla force présente sous les armes, el l’occupationdes différents points de l’ordre de bataille, au-raient étébcaucoupmieuxuliliséessur l’extrêmedroite.
Le 4 e corps d’infanterie aurait occupé l’es-pace compris entre le flanc gauche du 2 e corpset Séménovskoïé ; une division du 4 e corpsd’infanterie, placée en troisième ligne, lui au-rait servi de soutien.
Le reste du corps de cavalerie du généralKorf, et celui du général comte, de Pahlen , enappuyant leur gauche derrière Séménovskoïé,auraient fait la troisième ligne de bataille.
Le 7 e corps aurait prissaplace à gauclie de Sé-ménovskoïé, tandis que la seconde division du4 e corps d’infanterie se serait placée en arrière.
A gauche du 7 e corps on aurait placé les di-visions du comte Worontzov et Névérovskoïé.Ladivision de grenadiers du prince Charles deMeklenbourg, aurait servi de réserve à cesdeux là. Le corps de cavalerie du général Sie-vers aurait fai t leur quatrième ligne de bataille.
Le 3 e corps d’infanterie aurait occupé le vil-lage d’Outitza, et autant de terrain à gaucheque les replis du lorrain l’auraient exigés.
Le reste de la cavalerie aurait été distribuéde la manière suivante :
Le 1 er corps de cavalerie du général Ouva-rov, qui ne pouvait être que d’une utilité né-gative sur l’extrême droite, aurait été beau-coup mieux placé en arrière du 3 e corpsd’infanterie, en appuyant sa gauche à la vieilleroule de Smolensk.