DE LA GUERRE DE 181 a.
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cependant jamais été suffisante pour enfermer Il’armée russe entre les deux rivières. La re-traite étant inévitable, le général en chef aurait,sans doute, renforcé le corps de Touczkov parsa réserve primitive, dont la composition étaitun sur garant d’une défense opiniâtre et avan-tageuse. C’est sous la protection de l’engage-ment à outrance du flanc gauche, engagementqui n’aurait pas manqué d’attirer l’attentiondes deux commandants en chef, que la retraiteaurait pu s’effectuer en échelons par le flancdroit. Cette retraite aurait offert au maréchalKoutousov la possibilité de renforcer successi-vement son flanc gauche par les troupes qui seseraient trouvées disponibles, et de se main-tenir sur le point qui devait servir de pivot aumouvement rétrograde.
Une dernière raison, qui parlera contre lapossibilité d’exécutercette opération, c’est que,pour la rendre vraiment aussi décisive que laprédiction le porte, il aurait fallu porter le dé-sordre dans toute l’armée russe, et, pour y par-venir, il aurait fallu rassembler la majeurepartie de la cavalerie française à droite d’Ou-titza, laquelle, attentive aux progrès du désor-dre que la retraite aurait produit parmi lestroupes russes, eût été prête à tomber dans leflanc des masses plus ou moins informes, etachever de les désorganiser. Mais nous avonsvu que, de ce côté là, le terrain s’opposait auxmouvements offensifs d’une grande masse decavalerie. Le tout se serait donc réduit à uncombat très-opiniâtre (d’infanterie, dans lequelles chances des forces physiques auraient été,il est vrai, en faveur elles Français. Ces chancesauraient bien pu avoir la retraite des Russespour suite, mais le combat le plus décisif del’infanterie n’entraîne jamais le parti adversedans une désorganisation totale.
Je répète donc, qu’en renforçant sa droite eten opérant un mouvement de conversion entreOutitza et Artemki, Napoléon serait parvenu àla victoire plus tôt, plus facilement, et au prixde moins de sang,mais ne serait jamais parvenuà rejeter l’armée russe dans l’angle formé parla Moskva et la Kolocza, et l’assertion de notre
(i) Le marquis de Chambray, dans son Expédition deRussie ( tom. n, pag. 58, 2 e édit.), n’y renferme dumoins qu’une partie de l’armée, accordant apparemmentune libre retraite au reste. Malgré les assertions des deuxauteurs, ma conviction n’en reste pas moins la même. Je
auteur possédera, sans doute , un sens anago-gique aux yeux des uns, et, à mon avis, n’estqu’un abus de mots (î).
Examinons maintenant les engagements desdifférentes armes.
L’artillerie est l’arme qui a eu le plus à fairedans cette sanglante journée, et les pertesénormes qui ont été faites de part et d’autreen attestent les bons effets. Le rassemblementdes bouches à feu en grandes batteries, commecelles des généraux Pernelty, Foucher, Sor-bier ; celles des Russes, du côté de Séménovs-koï'é, fournies par la réserve, et celles qu’onopposa à l’artillerie du vice-roi, du côté deBorodino, ainsi que les résultats avantageuxqu’elles ont produits, prouvent en faveur deleur emploi judicieux. En se décidant à atta-quer le front fortifié des lignes de bataille deses ennemis, Napoléon dut se reposer sur l’ef-fet de son artillerie, et il le fit. Les disposi-tions qu’il fit la veille de la bataille le démon-trent d’une manière évidente. Ces dispositionsne s’occupent principalement que du rassem-blement des masses d’artillerie.
L’infanterie des deux armées, dont le rôlese borna à prendre et reprendre les fortifica-tions , qu'on avait hérissées de bouches à feu,et dont les effets ne manquèrent pas d’êtremeurtriers , eut un rôle difficile à jouer; maiselle le remplit avec une persévérance coura-geuse. Ses pertes ont été en proportion de ladifficulté de son rôle, elles furent énormes;elles le furent encore plus par la négligence decombiner les mouvements offensifs de l’infan-terie avec ceux de l’artillerie, et de faire del’action de l’une le corollaire de l’autre. Lesmasses d’infanterie, dans leurs mouvementsoffensifs, ont été rarement précédées par defortes batteries ; mais abandonnées à leur pro-pre force impulsive, elles se trouvaient écra-sées par les projectiles de leurs adversaires.Telles furent les attaques de la division Mo-rand, qui fut écrasée par l’artillerie russe, tan-dis que celle des Russes fut foudroyée par labatterie du comte Sorbier, etc.
Pour ce qui regarde les combats de la cava-
dirai même plus : en supposant que ce fût 150,000 brebisqu’on voulût enfermer dans ce réduit, je parie qu’il y enaurait eu plus de la moitié qui seraient parvenues às’échapper.