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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

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lerie, comme les moments où on fit agir cettearme furent opportuns, la plupart de ses en-gagements furent couronnés d’un succès com-plet; mais n’étant que partiels, ils n’eurentaucun résultat décisif.

Quant au mouvement de conversion entre-pris par le général Ouvarov, quoique ce fût unmouvement très-hasardé, il n’a pas manquéd’être très-avantageux. L’exécution en étaittrès-difficile, et, par conséquent, les résultatsdouteux. La cavalerie russe fut obligée de fran-chir une rivière et descendre d’un plateautrès-élevé dans une plaine, mouvement qui nepouvait pas manquer d’embarrasser beaucoupsa marche. Ce n’était pas le seul inconvénientauquel elle se mettait en butte, ce même ter-rain resta à dos de la troupe, et, en cas d’é-chec , les difficultés de le repasser se seraientmultipliées. Ce mouvement de cavalerie n’eutpas tout le succès qu’on en attendait en l’en-treprenant; mais il fit du moins naître unesorte d’irrésolution dans les opérations offen-sives du centre des ennemis, hésitation dontles Russes profitèrent pour reformer leurs mas-ses fatiguées (t).

Mais si, en général, les Russes essuyèrent deséchecs momentanés sur plusieurs points deleur champ de bataille, il faut puiser le prin-cipe de ces désavantages dans la distributionvicieuse des troupes sur les points les plus im-portants du champ de bataille. Qu’importait-ilque les Russes aient été à peu près égaux enforces, tandis que, sur les points décisifs, ilsétaient inférieurs à leurs ennemis? A l’excep-tion de la division Delzons et de la brigade lé-gère du général Ornano, qui restèrent sur larive gauche de la Kolocza, nous avons vu que

( 1 ) Je liens ce fait d’un général qui commandait unedivision d’infanterie qui prit une part très-active à cettefameuse bataille. 11 m’assura qu’on remarqua un relâ-chement sensible dans fa vigueur des mouvements offen-sifs de Napoléon, dont on ne put, dans le premier rao-

Napoléon avait concentré toute son armée dansl’espace compris entre la rive droite de la Ko-locza et la vieille route de Smolensk, tandisque celle des Russes s’étendait depuis le vil-lage de Masslovo jusqu’à celui d’Outitza. Lespremiers, n’ayant occupé qu'un espace de prèsde 3 kilomètres et demi, avaient pu donner àleurs lignes de bataille une profondeur avan-tageuse ; les seconds, au contraire, étendussur une distance de 7 kilomètres, ne pouvantoffrir à leurs adversaires que des lignes sansprofondeur, avaient tous les désavantages tac-tiques de leur côté.

Les corps des généraux Baggohufwudt,comte Ostermann et Korf, n’arrivèrent que l’unaprès l’autre sur les points décisifs, et ne s’en-gagèrent aussi que successivement ; leurs opé-rations ne furent que des palliatifs, qui nerapportèrent que des résultats d’une consé-quence négative. C’est de cette manière que lesFrançais, massés sur une moindre étendue deterrain, eurent sur tous les points décisifs l’a-vantage des forces physiques en leur faveur.Depuis Séménovskoïé jusqu’à Gorki, les Russeseurent à lutter, sur tous les poinls, contre desforces doubles.

Les pertes de l’armée russe furent de natureà ne plus pouvoir recevoir d’engagement le len-demain , engagement qui n’aurait pas man-qué d’avoir lieu; car les Français avaientencore conservé une réserve qui n’avait prisaucune part à la bataille, et qui aurait étésans doute d’un secours décisif pour l’arméefrançaise. Le maréchal Koutousov ordonnadonc la retraite, et, 1e lendemain malin, aban-donna ce champ de carnage au pouvoir de sonadversaire.

ment, démêler les vraies raisons. On se convainquit plustard que ce relâchement dans le centre n’était qu’unrésultat des appréhensions que le mouvement de conver-sion du général Ouvarov avait fait naître.