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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

tières jusquà la reddition de Moscou , les opé-rations de la grande armée russe se son t bornéesà une retraite perpendiculaire. Ce nest quenabandonnant la capitale au pouvoir des enne-mis, que se développe le système de ses ma-nœuvres stratégiques. Le mouvement demi-circulaire de larmée russe autourde la Moslcvaet de la Pakhra , appartient certainement audomaine de la haute stratégie. Ayant résolu detraverser Moscou avec toute son armée, au lieude laisser la ville sur sa gauche, le généralKoutousov ne pouvait pas mieux profiter decette circonstance.

1° Le mouvement de flanc de Koulakovo àKrasnaïa-Pakhra , pendant lequel larmée de-vait prêter pendant deux fois vingt-quatreheures le flanc à lennemi, fut couvert par laPakhra ;

2° Larmée reprit ses communications aveclesprovinces qui devaient lui fournir les moyensde continuer les hostilités; et

3° Ses positions de flanc à Podolsk et Kras-naïa-Pakhra, tout en lui offrant les moyens lesplus faciles pour opérer sur la ligne dopéra-tions de ses ennemis, la mettait à labri du dan-ger de perdre ses communications avec sa nou-velle base.

Le terrain compris entre la Pakhra et laMocza, lui offrait des positions défensives desdeux côtés d lennemi pouvait venir. Dansune guerre défensive, celte catégorie de posi-tion angulaire , comprise entre deux rivières,est justement la plus avantageuse. Larmée dé-fensive pouvait facilement faire front du côtéde Moscou , comme vers Podolsk, et trouvaitde bonnes positions défensives de lun commede lautre côté.

Quant aux opérations de larmée française,lespoir de conclure la paix à Moscou et de seretirer honorablement du faux pas dans lequelNapoléon se laissa entraîner, sétant évanoui,semble leur avoir donné une empreinte dirré-solution et de mollesse qui ne saurait sexcuser.Les premiers mouvements du roi de Naples surla roule de Rézan, du prince Poniatowsky surcelle de Toula et du maréchal Bessières surcelle de Kalouga, avaient un but distinct, celuide retrouver les traces de larmée russe, dontla direction était devenue incertaine depuissa sortie de Moscou. Mais au moment Na-poléon apprit avec certitude les mouvements

du prince Koutousov, il est difficile de sexpli-quer toutes les contradictions qui eurentt lieuentre ses désirs très-prononcés et les moyensquil employa pour y parvenir.

Lincendie de Moscou ayant englouti toutesles ressources que celte ville immense possé-dait, le but de Napoléon fut déloigner lairméerusse des environs de la capitale, pour pourvoirse procurer des moyens plus faciles dexistonce.Au lieu donc de chercher, par des mouvennentshardis et prompts , à refouler ses ennem is audelà de lOka , il fil tout ce quil put pour sefaire battre partiellement; trois détacliermentssortirent de Moscou :

1° Sur la route de Rézan;

2° Sur celle de Toula ;

3° Sur celle de Kalouga.

Tant que le rôle imposé à ces trois détache-ments na été que celui dune recherche , cesmarches excentriques navaient rien de vici eux ;mais dès quon abandonna le roi de Naples., auxordres duquel on soumis plus tard les trompesdu prince Poniatowsky et du maréchal Bes-sières, à la merci dun ennemi double en f orce,le mode daprès lequel ces marches furent or-données devint fautif.

En faisant une reconnaissance, ce ne sontpas des positions défensives quon est obligé degarder, quon prend. Les troupes qui en sontchargées rencontrent-elles des forces supérieu-res, cormpe cétait le cas du roi de Naples, ilfaut, ou les soutenir pour les mettre eni étatde se défendre, ou les faire rétrograder pour nepas les mettre à la merci dune défaite non dou-teuse. Napoléon, au contraire, ne fit ni lunni lautre.

La position centrale de Podolsk, que le princeKoutousov pouvait occuper pour recevoir lesennemis, aurait pu lui suffire pour battre cesdétachements lun après lautre. Si même ceuxducentre etdc la droite avaientpu se réunir parun mouvement rétrograde, le détachement dela gauche, séparé par la Moskva et la Pakhra,par conséquent sans espoir de secours, cou-rait risque dêtre écrasé.

Même, après la concentration de toutes cestroupes, le roi de Naples se trouva trop faiblepour hasarder un mouvement offensif vers laNara, tant que la grande armée ne fut pas enmesure de le soutenir. Sa position était criti-que , tant sous le rapport militaire que sous