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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS

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avec un certain avantage, était linfanterie ; lacavalerie était épuisée par les fatigues et lemanque de subsistances. Le roi de Naples en litavertir Napoléon, et ce qui nétait quun actede prévoyance, lui parut une remontrance in-tempestive ; au lieu de se rendre à des avis aussisages que fondés, il sembla ne pas même vou-loir y prêter loreille. Le roi de Naples a étéet devait être complètement battu, car il avaitsur les bras un ennemi double en force. Aucuneprécaution ne pouvait le sauver de celte crisedésastreuse, il devait succomber du momentle prince Koutousov décida de lattaquer.

Abandon de Moscou. Toutes les espérancesde Napoléon de faire la paix et terminer laguerre, ayant été déçues, il se vit obligé dequitter Moscou, le fit en effet le 719 octobre,et après avoir foulé lui-même les cendres dunegrande partie de la capitale, il se fit un plaisirtrucidaire de faire marcher Mortier et son corpssur les décombres du Kremlin.

Napoléon se porta par la vieille route de Ka-louga jusquà Krasnaïa-Pakhra, et rabattit, parun mouvement de flanc, sur la nouvelle routede Kalouga à Faminskoïé.

Il est bien étonnant que le moment il étaitsi urgent pour Napoléon de ne pas abandonnerloffensive, soit justement celui il se laissasubjuguer par un système de disséminationpernicieux, incompatible avec la faiblesse deses forces physiques, et il parut se soucierbien peu de remporter une victoire, quandcette victoire lui était devenue plus indispen-sable quaucun engagement qui lavait précédé.Dans une circonstance aussi intéressante quelétait le combat de Malo-Jaroslavetz, dont lavictoire devait lui procurer une route nouvellepour la retraite, les 100,000 hommes dont secomposait son armée, se trouvaient disséminéssur cinq points différents : Moscou, Famins-koïé, Wéréïa, Mojaisk et Malo-Jaroslavetz.Ce dernier poste étant celui devait se fairela concentration des forces pour porter le coupdécisif et gagner la route de Médynn, le calculdes distances et du temps nous offre, pour lerassemblement des troupes, un résultat de deuxjours de marche, et, par conséquent, limpossi-bilité de pouvoir atteindre le vrai but, sanséveiller lattention du maréchal Koutousov. Enun mot, Napoléon fit tout ce quil put pour êtrearrêté sur la communication quil devait choi-

sir'pour sa retraite, et qui était la seule, dansles circonstances il se trouvait, qui lui pré-sentât des chances favorables. Il nétait plusquestion pour lui de conquête, il ne devait sebattre que pour une retraite qui ne lui fût pastout à fait désastreuse. Si Napoléon cherchaitencore à abuser ses généraux et son armée surle vrai état de choses, je ne crois pas quilsabusât lui-même.

Jetons un regard sur le théâtre de la guerre larmée française devait opérer.

Aperçu stratégique du théâtre des grandesopérations. Léchiquier stratégique danslequel ses opérations devaient être circonscri-tes , formait un triangle qui était marqué parles points de Smolensk, Moscou et Kalouga. Ceterrain offre :

1° Deux communications principales, et

2° Deux communications secondaires.

Les deux premières vont: lune, par Mojaiskà Smolensk, et lautre, par Malo-Jaroslavetz àKalouga.

Des deux autres, Tune passe par Wéréïa,Jegorievskoïé, Klimovo et Jelnia à Smolensk;lautre, par Taroutino à Kalouga.

Des deux communications principales, lapremière était une route quon avait dépouilléede toutes ses ressources et sur toute son élendue, Smolensk était le seul point qui contintdans ses murs un rassemblement de munitionsde bouche assez considérable. 11 fallait doncchercher à atteindre cette ville par une roulequi olfrît plus de ressources. Celle de Wéréïaest une route secondaire, qui noffre, dans plu-sieurs endroits, que des chemins; de traverselarmée entière aurait été expoisée à beaucoupde difficultés, et elle est lelleneent rapprochéede la grande communication de Mojaisk àSmolensk, que ses ressources ;aussi nont pasmanqué de se perdre dans le même naufrage.

Des deux communications qui restent, entrelesquelles on peut choisir, Tune était une com-munication secondaire, que le maréchal Kou-tousov défendait avec toute son armée. Il nenrestait donc quune seule qui offrit quelqueschances favorables , et cétait celle de la nou-velle route de Moscou à Kalouga.

Cette roule était restée intacte, et présentaitplus dun avantage sous le rapport topogra-phique.

En se dirigeant sur Malo-Jaroslavetz, lemou-