Buch 
Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
Entstehung
Seite
57
JPEG-Download
 

DE LA GUERRE DE 1812.

57

route; l’autre, à la lête de l’arrière-garde,couvrait le mouvement rétrograde de l’arméefrançaise.

Le général Platov, avec les Cosaques et le20 e régiment de chasseurs , se reporta à ladroite de la grande route , de manière quel’armée française, dont l’arrière-garde étaitpoussée en front par les troupes du général Mi-loradovitch, se trouvait toujours en dangerd’être débordée par les deux flancs.

Escorté par des détachements considérablesqui donnaient peu de repos à l’arrière-garde,et côtoyé sur la gauche par la grande arméerusse, Napoléon parvint enfin, après avoir es-suyé des pertes très-considérables, à atteindreSmolensk le 16—28 octobre.

Cette ville pouvait lui olfrir quelques res-sources , mais la nouvelle des progrès que lesgénéraux comte Wittgenslein et Tschichagovfaisaient sur ses derrières, l’obligea à renoncerà tous les avantages salutaires que quelquesjours de repos pouvaient procurer à l'armée.

Opérations désarmées secondaires. — Le pre-mier corps qui poursuivait sans relàcbe celuidu maréchal Siaint-Cyr, lequel, comme nousl’avons déjà vu,, ayant été renforcé par celui dumaréchal Victor, se repliait par Tschasclmikivers la grande route, fut mis dans l’impossibi-lité d’exécuter les instructions qu’il avait re-çues de l’empereur Alexandre. Son mouvementvers Dokschitzy , pour opérer conjointementavec l’amiral Tschichagov, eût été dangereux.En laissant ses propres communications à lamerci de son adversaire , celui-ci n’aurait pasmanqué, sans doute, de profiter d’une occasionaussi favorable pour faire quelque coup hardisur les derrières du corps, d’autant plus que sajonction avec la grande armée française nepouvait être exposée à aucune difficulté.

L’amiral Tschichagov, qui s’était porté avecune partie de ses troupes dans la direction deMinsk, avait passé par Slonim et Neswige, etarriva le 9—-21 novembre à Borissov, dont ils’empara après un léger combat.

Le général Sacken, à la tète d’un corps de27,000 hommes, fut opposé au prince deSchwarzenherg et au général Régnier, et reçutl’injonction de les rejeter l’un et l’autre dansle duché de Varsovie, pour leur ôter tout à faitla faculté de pouvoir faire la moindre diversionen faveur de la grande armée française.

Evacuation de Smolensk. — Napoléon fitévacuer Smolensk successivement. Une partiedes gardes sortit le 1 er —13 novembre. Lui-même, avec le reste, quitta la ville le 2—14.Le maréchal Davoust du 5—15 au 4—16. Lemaréchal Ney l’évacua du 4—16 au 5—17.

Cette évacuation successive produisit unecolonne de route très-allongée, dont les partiesn’étaient plus en état de se soutenir. Le princeKoulousov, qui suivait toujours, avec le grosde l’armée, une marche parallèle, rejoignit lagrande route à Krasnoï. Il y trouva Napoléonattendant l’arrivée du vice-roi et du maréchalDavoust. Ses troupes occupées, les unes à ré-trograder pour échapper à leurs ennemis, lesautres à couvrir la retraite, y essuyèrent ( le5—17 novembre ) un échec considérable. Levice-roi parvint à se faire jour, sans faire degrandes pertes; le maréchal Davoust y sacrifiaune grande partie de son corps.

Ces échecs ne furent pas les seuls auxquelsce système vicieux de colonne de route allon-gée , mit les différentes parties de l’arméefrançaise en butte. Pendant que le maréchalKoutousov dépostait Napoléon de sa positionde Krasnoï, le maréchal Ney se repliait par lagrande roule de Smolensk, et, en arrivant àKrasnoï, trouva le maréchal Koutousov qui luien barrait le passage à la tête de toute sonarmée.

Accoutumé à ne suivre que l’impulsion deson courage, qui ne connaissait pas de bornes,le maréchal tenta, à double reprise, de se fairejour à travers l’armée russe. Mais la masse quilui était opposée était beaucoup trop grandepour que celte tentative put réussir. Il futobligé de reporter une partie de ses troupessur la rive droite, et, en laissant le Dnepreentre ses ennemis et lui, il parvint à rejoindrele gros de l’armée.

Considérations. — En examinant les mou-vements des deux armées commandées parNapoléon et le prince Koutousov, depuis lemoment de la retraite définitive du premier etde la poursuite prononcée du second, on s’aper-çoit facilement des avantages que la position etune poursuite plus vigoureuse des Russes,pouvaient leur procurer. Mais les deux arméess’étant quittées à Malo-Jaroslavetz, se retirantTune devant l’autre, celte double retraiteégalisa leschances. La roule que parcourutl’ar-

8