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CONSIDÉRATIONS SUR LES OPÉRATIONS
niée russe, en passant par Polotnianoïsavod,devint égale à la courbe que franchissait l’ar-mée française en passant parMojaisk et VViasmaà Smolensk. Si même le peu d’étendue de quel-ques segments, comme celui de Bykovo àWiasma, favorisait une entreprise, la perte deplusieurs journées que fit le maréchal Kou-tousov en se repliant sur Gonczerovo, au lieude conserver sa position entre Malo-Jaroslavetzet At'anassiévo, pour pouvoir se porter droitsur Médynn, retarda de plus d’une journée samarche vers le point décisif.
C’est ainsi que, lorsque le général Milora-dovitch se battait à Wiasma, contre les 1 er ,4 e et 5 e corps français, le gros de l’armée russeétait en marche entre Doubrovo et Bykovo.
On ne peut donc pas accuser le maréchalKoutousov de ne pas avoir coopéré à la journéede Wiasma. 11 ne le fit pas, parce qu’il ne pou-vait pas le l'aire. La faute stratégique qu’ilcommit à Malo-Jaroslavetz, le mil dans l’im-possibilité d’arriver à temps sur le champ debataille.
C’est au combat de Wiasma que se développedonc tout le vice de la marche circulaire del’armée russe par Polotnianoïsavod. Sans cemouvement tardif et désavantageux, le maré-chal Koutousov se serait trouvé en mesure desoutenir efficacement les troupes du généralMiloradovitch. Une simple marche en front, surle chemin de Jouknov à Wiasma, le reportaitsur les communications de ses ennemis. Enquittant la grande route entre Bykovo et Sko-blevo, il aurait pu porter ses colonnes ma-nœuvres par la rive gauche de la Wiasma, enprenant position parallèlement à la granderoule, entre Wiatkovo et Czertovo, et en dé-fendant le passage de la Wiasma.
Napoléon, avec les gardes, se trouvait alorsà Semlevo, par conséquent à une journée demarche, et n’aurait pu venir à temps pour se-courir ses troupes engagées. Dans une hypo-thèse pareille, le combat de Wiasma aurait pufinir par la déroute de la majeure partie destrois corps français.
Combat de Krasnoï. — Si, plus tard, les deuxarmées se choquèrent si désavantageusementpour les Français, à Krasnoï, tout le blâme de
(i) ta même circonstance se reproduisit plus tard à labataille de l.utzcn. Sans la victoire (pie Napoléon y rern-
cette affaire désastreuse ne doit retomber quesur Napoléon. Il sacrifia son armée.
La difficulté de faire marcher la grande ar-mée française en masse sur une route aussidévastée comme Tétait celle de Mojaisk à Smo-lensk, où il n’y avait même pas de magasinstemporaires, est une chose qui s’excuse facile-ment. Mais une fois que Napoléon atteignitSmolensk, qui contenait dans ses murs desapprovisionnements assez considérables, il estdifficile de s’expliquer pourquoi il allongea dedeux fois vingt-quatre heures sa colonne deroule. Il pouvait munir le soldat pour quatrejours de munitions de bouche, et quitter Smo-lensk avec l’armée, à l’exception de l’arrière-; garde du maréchal Ney, le 3—15 novembre.
L’arrière-garde française, au lieu de restertoute la journée du 2—14 dans sa position enavant de Smolensk, aurait pu se rapprocher dela ville, de manière à pouvoir suivre le mou-vement du gros dans la soirée dlu 3—15.
Le maréchal Koutousov était à cette époqueà Jourovo. Ce n’est que le 4—1 6 qu’il se portasur Krasnoï. Le gros de Tarmé'e frainçaise au-rait déjà dépassé Krasnoï, et le maréchal Kou-lousov n’aurait plus trouvé dans cette ville que! l’arrière-garde du maréchal Ney, qui aurait pui toujours éviter le combat.
! Mais les choses ayant changé de face, et les! deux armées s’étant rencontrées sur le champ■ de bataille de Krasnoï, l’une, se trouvant enmasse, l’autre, marchant en colonne allongée,il est difficile de justifier le peu de vigueur que lemaréchal Koutousov employa dans cette affaire.
Telles étaient les positions respectives, queNapoléon avait tout à perdre et rien à gagner,tandis que le maréchal Koutousov, au contraire,avait tout à gagner et rien à perdre.
La position du maréchal Koutousov, s’il avaitpoussé plus vigoureusement avec son flanc gau-; che par Sorokino vers Dobroïé, aurait obligéNapoléon de faire front à son ennemi, en pre-; nant un ordre de bataille parallèlement à lagrande route (i). Une victoire seule pouvaiti sauver Tannée française d’une déroute com-plète, car battue elle se trouvait rejetée vers leDneprc. L’éloignement des différents corps etl’impossibilité de les engager simultanément,
porta, son armée aurait été indubitablement rejetée sur; Mersebourg et le Harz.