DE LA GUERRE DE 1812.
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étaient le sùr garant que Napoléon aurait suc-combé à l’attaque de ses ennemis.
Supposant même qu’il fût parvenu à franchirle Dnepre, en sacrifiant une partie de ses trou-pes, en abandonnant la rive gauche du fleuveau pouvoir de ses ennemis, il aurait pu êtreprévenu à Orcha, et la jonction des deux ar-mées , du maréchal Koutousov et de l’amiralTschichagov, n’aurait pu être soumise à aucundoute et à aucune difficulté.
L’aspect désastreux sous lequel se présentele dernier acte de la campagne de 18-12, à Kras-noï, était sans contredit une cruelle épreuvepour l’armée française ; mais celle épreuve étaitloin d’être la dernière. L’armée russe triom-phante s’apprêtait à combler l’excès de ses mauxdans les défilés de Rorissov.
Considérations sur la retraite de l’armée fran-çaise vers la Bérésina. — Napoléon atteignitOrcha le 7—19 novembre.
A cette époque, l’amiral Tschichagov se trou-vait devant Borissov, qui tomba deux jours plustard en son pouvoir. Le comte Witlgensteinétait à Tchaschniki. Napoléon se trouvait doncattaqué à l’est, à l’ouest et au nord.
Les différentes armées se portant concentri-quement vers un centre commun, rétrécissaientaussi leur sphère d’opération. Au moment dontnous parlons, le théâtre des opérations se trou-vait limité vers l’est parla ligne du Dnepre, àl’ouest par celle de la Bérésina, au nord parcelle de l’Oula.
A l’est, Napoléon contenait le mouvementoffensif de la grande armée russe ; au nord, lemaréchal Victor s’opposait aux progrès ducomte Wittgenstein. 11 n’y avait qu’à l’ouestoù les Russes avaient en leur faveur les chancesles plus favorables. L’amiral Tschichagov étaitinfiniment plus fort que le corps qui lui étaitopposé, et, par conséquent, il était maître de sesactions.
Le point de l’ouest était le plus importantpour Napoléon, puisque c’était sa direction deretraite. Il ne pouvait pas en prendre une autreselon sa volonté. Un regard jeté sur la carte,indiquait d’une manière évidente que la Béré-sina devait être franchie sur quelques points,entre Vésélovo et Oucha. Une déterminationpareille devait donc faciliter beaucoup le rôlede l'amiral Tschichagov.
Napoléon détacha le corps du maréchal Ou-
dinot vers Borissov, pour renforcer le généralDombrovsky. Ce renfort, cependant, n’était passuffisant pour rétablir l’équilibre des forces,l’amiral resta toujours le plus fort.
A cette époque, aucune corrélation intime,qui pût faciliter la vivacité qu’on doit ordinai-rement apporter dans les grandes opérations ,n’a pu être établie entre l’amiral Tschichagovet le comte Witlgenstein, ni entre ce dernieret le maréchal Koutousov. Tous les trois, il estvrai, avaient un but commun, qui était le pointde Borissov. Napoléon, se trouvant dans lecentre des trois armées, il était permis de nerien augurer d’heureux en sa faveur. En effet,si la corrélation entre les trois chefs comman-dants russes, avait été telle qu’ils aient pu seconcerter sur leurs mouvements ultérieurs,certes des attaques simultanées , dirigées destrois côtés , n’auraient pas manqué d’offrirl’exemple d’une catastrophe aussi désastreuseque remarquable. Peut-être la campagne de1815 n’aurait-elle pas eu lieu. Cette corrélationn’existait pas, et fut la cause qu’au lieu d’êtrecoïncidentes, les attaques des différentes arméesrusses furent successives.
L’époque du 8—20 au -16—28 novembre,devenait,pour l’armée française, la plus inté-ressante de toute la campagne. En considérantl’état des circonstances et la position des diffé-rentes armées, on conçoit difficilement com-ment Napoléon n’a pas payé le passage de laBérésina parla perle de presque toute son armée.
En quittant Orcha, il n’avait plus, en ycomptant les corps des maréchaux Oudinot etVictor, qu’un noyau de 50,700 hommes. 11 étaitsuivi et flanqué, vers le sud, par une arméede 55,000 hommes. Une force équivalente àcelte dernière, s’étant rendue maîtresse deBorissov et des deux rives de la Bérésina, luibarrait le passage du fleuve, tandis qu’unetroisième armée, mais moins forte, il est vrai,s’avançait du nord.
On devrait croire que le mouvement con-centrique de ces différentes troupes ne devaitavoir d’autre résultat que celui de l’anéantis-sement de la majeure partie de la grandearmée française.
Mais telle était l’influence de la mauvaisesaison; elle était devenue rigoureuse, agissaitdésavantageusement sur les hommes et sur leschevaux, et retardait les mouvements. Les