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Praktische französische Grammatik : Oder: vollständiger Unterricht in der französischen Sprache / von Caspar Hirzel
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Anecdotes.

Jile, se mettant lui-máme le dernier de tous, pour ôter à ceux<jui pourraient être tentés d etre lâches tout espoir de retour. Lachose devient d’ailleurs bientôt impossible ; car avant on ils soientseulement à moitié chemin, la marée , qui a monté de plus desix pieds, a emporté les chaloupes et fait flotter le cable. — Qu’ons’arráte ici un moment, pour se présenter ces cinquante hom-mes suspendus entre le ciel et la mer, au milieu des ténèbres,ne tenant qu'à une machine si peu sûre , qu’un léger défaut dëprécaution, la trahison d’un soldat mercenaire, ou la moindrepeur pouvait précipiter dans les abîmes de la mer ou écrasersur les rochers ; qu’on y joigne le bruit des vagues , la hauteurdu rocher, la lassitude et 1 épuisement: il y avait dans tout celade quoi faire tourner la tête au plus assuré’de la troupe, commeelîe commença en effet à tourner à celui-là même qui la condui-sait. Ce sergent dit à ceux qui le suivaient qiul ne pouvait plusmonter, que le cœur lui défaillait. Bois-Rosé s’aperçoit qu’onn’avance plus, et comme le discours du sergent passé de boucheen bouche lui parvient, il prend son parti sans balancer : il passepar-dessus le corps de tous les cinquante qui le précèdent, enles avertissant de se tenir ferme, et arrive jusqn’au premier,q u’il essaie d’abord à ranimer. Voyant qu’il n’en pouvait venirà bout par la douceur, il l’oblige, le poignard dans les reins,de monter. Enfin avec toute la peine cl le travail qu’on s ima-gine , la troupe se trouve an haut du rocher avant la pointe <lufour, et est introduite par les deux soldr.ls dans le château, oùelle commence par massacrer sans miséricorde le corps-de-garde et les sentinelles. Le sommeil livra presque tout le restede la garnison à la merci de l’ennemi, qui lit main basse surtout ce qui résista, et s’einpara du fort.

29. Louis Berlon de Crillon était d une intrépidité si décidéequ’on ne Rappelait que f homme sans peur. Le jeune duc deGuise, auprès de qui Henri IV l’avait envoyé à Marseille , voulutéprouver jusqu’où cette fermeté pouvait aller. Pour cela il faitsonner le boute-selle devant le logis de ce brave, fait menerdeux chevaux à sa porte , monte chez lui pour lui annoncer queles ennemis sont maîtres du port et de la ville, et lui proposede se retirer pour ne pas augmenter la gloire du vainqueur.Quoique Crillon ne fût presque pas éveillé, lorsqu’on lui tint cediscours, il prit ses armes sans s’émouvoir, et soutint qu’ilvalait mieux mourir l’épée à4a main que de survivre à la pertede la place. Guise ne pouvant le détourner de celte résolution,sortit avec lui de la chambre; mais au milieu des degrés il laissaéchapper un grand éclat de rire, qui lit apercevoir’à Crillon laplaisanterie. II prit alors un air plus sévère que lorsqu’il pen-sait aller combattre, -et serrant fortement le duc contre la mu-raille , il lui dit d’un ton terrible: «Jeune homme, ne te jouejamais à sonder le cœur d’un homme de bien! Par la mort! situ m’avais trouvé faible, je t’aurais poignardé!“

30. Le maréchal de Luxembourg, n’étant encore que comtede Boute ville, servait dans farinée de Flandre, en 1675, sous lecommandement du prince de Coudé. II aperçut dans une marchequelques soldats qui s’étaient écartés du gros de farinée. II en-voya un de ses aides-de-camp pour les ramener au drapeau. Tousobéirent, excepté un seul, qui continua son chemin. Le comte,vivement offensé d une telle désobéissance, court à lui, la canneà la main , et menace de f en frapper. Celui-ci répond avec sang-froid que, s’il exécutait sa menace , il saurait bien f en faire re-pentir. Outré de la réponse, Bouteville lui déchargea quelquescoups et le força à rejoindre son corps. Quinze jours aprèsfarinée assiégea Fumes. Bouteville chargea le colonel de tran-