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Praktische französische Grammatik : Oder: vollständiger Unterricht in der französischen Sprache / von Caspar Hirzel
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Anecdotes.

guerres étrangères étaient terminées par la victoire, la guerrecivile par la démence : du Danube à r Euphrate, et du Nil à laGrande-Bretagne, les troubles avaient cessé; tout était calme;l’Europe, l’Asie et l’Afrique reposaient en paix. Alors il triomphapour la seconde fois. Les hommes de toutes les nations et lesambassadeurs de tous les rois relevaient cette pompe ; le sanodes victimes coulait dans tous les temples ; l’encens fumait surtous les autels ; le peuple entourait à grands cris ses statues etles ornait de fleurs; tout retentissait ducclamations; et lui. aumilieu de tant,d’éclat, dans la marche du triomphe, tranquille etsans faste, jouissait en silence de la félicité de Rome et de 1 em-pire , et du haut du capitule semblait jeter un œil serein sur l’imi-vers. Qui de vous, Romains, ne faisait alors des vœux pour quece grand homme fût immortel, ou que les dieux lui accordassentdu moins une longue vieillesse ? — Quoi ! les âmes bienfaisantessont si rares, et la terre en jouit si peu! Quoi! les maux nousenvironnent, ils nous assiègent, et lorsqu’il s’élève un princedont Tunique soin est de les adoucir; quand le genre humain,flétri par Finfortune, se relève et commence à retrouver le bon-heur : i’appui qui le soutenait lui échappe, et avec un hommepérit la félicité d’un siècle! Marc-Aurèle resta encore deux ansparmi nous, quand les ennemis éternels de cet empire le rappe-lèrent au fonts de la Germanie. Alors, malgré une santé lan-guissante , il retourna aux rives du Danube. C’est au milieu deces travaux qne nous l’avons perdu. Ses derniers momens (i’enai été témoin et je puis vous en rendre compte) ont été ceux u ungrand hnmme et d’un sage. La maladie dont il fut attaqué ne letroubla point. Accoutumé depuis cinquante ans à méditer sur lanature, il avait appris à connaître ses lois et a s’y soumettre.•Te me souviens qu’un jour il me disait : „Apollonius, tout changeautour de moi; Tunivers d’aujourd’hui n est plus celui d’hier, etcelui de demain ne sera point le même. Parmi tous ces mouve-meus puis-je seul rester immobile:’ Il faut aussi que le torrentm’entraîne. Tout m’avertit qu’un jour je cesserai cl’être. Le soloù je marche a été foulé par des milliers d’hommes qui ont dis-

f iaru. Les annales des empires, les ruines des villes, les urnes,es statues , qu’est-ce tout cela que des images de ce qui n’estplus:’ Ce soleil que tu vois ne luit que sur des tombeaux . . . “Ainsi ce prince philosophe exerçait a’avance et affermissait sonâme. Quand le dernier terme approcha, il ne fut donc pointétonné. Je me sentais élevé par ses discours. Romains, le grandhomme mourant a je ne sais quoi d’imposant et d’auguste, il semblequ’à mesure qu’il se détache de la terre, il prencl quelque chosede cette nature divine et inconnue qu’il va rejoindre. Je ne tou-chais ses mains défaillantes qu avec respect ; et le lit funèbre oùU attendait la mort me semblait une espèce de sanctuaire. Ce-pendant Tannée était consternée : le soldat gémissait sous sestentes: la nature elle-même semblait en deuil; le ciel de la Ger-manie était plus obscur ; des tempêtes agitaient la cime des forêtsqui environnaient le camp : et ces objets lugubres semblaientajouter encore à notre désolation. II voulut qùekaie temps êtreseul, soit pour repasser sa vie en présence de TElre suprême ,soit pour méditer encore une fois avant de mourir. Enfin il nousfit appeler. Tous les amis de ce grand homme et les principauxle Tannée vinrent se ranger autour de lui. II était pâle, sesyeux presque éteints, et ses lèvres à demi-glacées. Cependantnous remarquâmes tous une tendre inquiétude sur son visage.Prince , il parut se ranimer un moment pour toi : sa main mou-rante te présenta à tous ces vieillards qui avaient servi sous lui;il leur recommanda ta jeunesse. Servez-lui de père, leur djt-il: