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LIVRE XXVII.
Mars 1807.
Les Russesmettent fin auxperplexités dela Porte, enpassantle Dniesterspontanément.
Accord desRusses et desAnglais pour~ agir
offensivementcontrela Porte.
l es Russespassentle Dniester entrois corps.
Reunion d’uneflotte anglaiseaux
Dardanelles.
avaient mis fin à ses incertitudes, en franchissant le Dniester,môme après la réintégration des deux hospodars. L’invincibleattrait qui les pousse vers Constantinople, avait fait taire chezeux toutes les considérations de la prudence. C’était une grandefaute en effet, quand ils avaient sur les bras l’armée française,et qu’ils pouvaient à peine lui opposer deux cent mille hom-mes , d’en employer cinquante mille contre les Turcs. Mais aumilieu des bouleversements de ce siècle, l’idée de profiter del’occasion pour prendre ce qui leur convenait, était alors l’idéedominante de tous les gouvernements. Les Russes se disaientdonc que le moment était venu peut-être de s’emparer de laValachie et de la Moldavie. Les Anglais de leur côté n’étaientpas fâchés de trouver un prétexte pour reparaître en EgypteSi les uns et les autres ne s’entendaient pas encore pour par-tager immédiatement l’empire turc, sujet sur lequel un accordsemblait entre eux fort difficile, ils étaient convenus du moinsd’arracher la Porte à l’influence de la France, et de l’arracherà cette influence par la force. Les Russes devaient franchir I eDniester, et les Anglais les Dardanelles. En même temps, uneflotte devait attaquer Alexandrie.
C’est ce qui explique comment les Russes avaient passele Dniester, même après la réintégration des hospodars-avaient marché en trois corps, l’un dirigé sur Chocsin, l’autresur Bender, le troisième sur Yassi. Leur projet était de s’avan-cer sur Buccharcst, pour donner la main aux Serviens révol-tés. Leurs forces actives s’élevaient à 40 mille hommes, et a50 mille, en comptant les réserves laissées en arrière.
Tandis que les Russes agissaient de leur côté, l'amirau^anglaise avait ordonné au contre-amiral Louis de se porteravec trois vaisseaux vers les Dardanelles, de les franchir sanscommettre aucun acte hostile, ce qui se pouvait, les Turcs 3cette époque permettant le passage aux vaisseaux armés de 3Russie et de l’Angleterre, d’y exécuter une simple reconnaissance des lieux, d’y recueillir les familles des négociants an