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LIVRE XXVII.

Mars 18ü7.

Napoléon tiredltalie lesdivisionsBoudetet Molitor.

Napoléonse prépare àattirer enAllemagne lescamps deréserve formésen Bretagneet en

Normandie.

et en Lombardie. Napoléon résolut d’appeler de Brescia et deVérone les deux divisions Molitor et Boudet, divisions excel-lentes, dignes de leurs chefs, et qui prouvèrent depuis cedont elles étaient capables, à Essling et Wagram. Elles repré-sentaient un effectif de 15 à 16 mille hommes, presque tousvieux soldats d’Italie, recrutés avec quelques conscrits desdernières levées. Ces divisions reçurent l’ordre de passer lesAlpes, et de se rendre par Àugsbourg, l’une à Magdebourg,l’autre ii Berlin. Un mois et demi suffisait à ce trajet.

Napoléon affaiblissait ainsi l’Italie, mais l’Italie dans le mo-ment était loin d’avoir autant d’importance que l’Allemagne.Bien couvert sur ses derrières tandis qu’il serait en Pologne,certain de pouvoir se rejeter, par la Silésie ou par la Saxe,sur la Bohême, et de terrasser l’Autriche d’un seul coup durevers de son épée, il était toujours assuré de dégager l’Italie,fût-elle envahie passagèrement. U calculait donc très-habile-ment, en préférant se rendre fort en Allemagne plutôt qu’enItalie. Ce n’était pas d’ailleurs sans compensation qu’il alfai-blissait cette contrée, car il avait prescrit de lui envoyer 20mille conscrits, à prendre sur les classes de 1807 et de 1808,et il ordonnait en outre d’extraire les compagnies d’élite desbataillons de dépôt, pour former en Lombardie deux nouvellesdivisions actives, ce que sa prévoyance avait rendu facile, entenant les dépôts d’Italie, comme ceux de France, toujours pleinset bien exercés. Il devait donc bientôt avoir, comme auparavant,60 mille hommes sur l’Adige, 72 mille avec le corps de Mar-mont, 90 en reportant un fort détachement de Naples vers Milan-

Mais 15 mille Français ne suffisaient pas sur l’Elbe, pourservir de lien et d’appui aux 60 mille auxiliaires qu’il allait yréunir. Napoléon songeait à tirer encore de France une res-source précieuse. Il avait formé à Boulogne, Saint-LÔ, PontivyiNapoléonville, quatre camps, composés d’un certain nombrede ses plus vieux régiments, de ceux qui avaient besoin de sereposer et de se recruter, et il les avait abondamment pour-