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[Vol. 4.]
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FRIEDLAND ET TILSIT.

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rait suffi d’un instant de froide réflexion pour s’en convaincre.Napoléon détourné de sa lutte avec l’Angleterre par la troi-sième coalition, attiré des bords de l’Océan à ceux du Danube,avait puni la maison d’Autriche en lui enlevant, à la suite de lacampagne d’Austerlitz, les États vénitiens, le Tyrol, laSouabe,et avait ainsi complété le territoire de l’Italie, agrandi nos alliésde l’Allemagne méridionale, éloigné les frontières autrichiennesdes nôtres. Jusque-là tout était bien, car achever l’affranchis-sement territorial de l’Italie, nous ménager des amis en Alle-magne, placer de nouveaux espaces entre l’Autriche et la France,était conforme assurément à la saine politique. Mais dans l’eni-vrement produit par la prodigieuse campagne de 1805, chan-ger arbitrairement la face de l’Europe, et, au lieu de se borner jà modifier le passé, ce qui est le plus grand triomphe accordé/à la main de l’homme, vouloir le détruire; au lieu de continuerà notre profit la vieille rivalité de la Prusse et de l’Autriche Jpar des avantages accordés à l’une sur l’autre, arracher le!sceptre germanique à l’Autriche sans le donner à la Prusse;convertir leur antagonisme en une haine commune contre la !France; créer sous le titre de Confédération du Rhin, une pré-tendue Allemagne française, composée de princes français'anthipathiques à leurs sujets, de princes allemands peu recon-naissants de nos bienfaits, et après avoir rendu, par cette in-juste déplacement de la limite du Rhin, la guerre avec la Prusseinévitable, guerre aussi impolitique qu’elle fut glorieuse, selaisser entraîner, par le torrent de la victoire, jusqu’aux bordsla Vistule, arrivé là, essayer la restauration de la Pologne,e n ayant sur ses derrières la Prusse vaincue mais frémissante,l’Autriche secrètement implacable, tout cela, admirable comme® ü vre militaire, était comme œuvre politique, imprudent, ex-Ce ssif, chimérique 1

Son génie aidant, Napoléon se soutint à ces extrémités pê-cheuses, triompha de tous les obstacles, des distances, du‘hinoat, des boues, du froid, et acheva sur le Niémen la défaite

Juillet 1807.

Politique deNapoléon de1805 à 1807.