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LIVRE XXXVI.
Tév. 1809. [> une (j es opulentes récompenses qu’il prodiguait à ses servi-teurs. Des railleries pour le roi, une aversion visible pourson major général, n’étaient pas un moyen de relever l’un etl’autre aux yeux des généraux qui devaient leur obéir. Com-ment en effet des maréchaux qui n’étaient habitués à obéirqu’à Napoléon, chez lequel ils reconnaissaient un génie égal àla puissance, auraient-ils obéi à un frère qu’il disait lui-mémen’étre pas militaire, et à un vieux maréchal disgracié, dont ilniait les talents?
Les dispositions adoptées pour assurer la hiérarchie ducommandement, étaient elles-mêmes très-mal entendues '.Napoléon avait bien dit dans ses instructions que le roi Josephles remplacerait à la tête des armées d’Espagne; mais cha-cun des chefs de corps, maréchaux ou généraux, devait cor-respondre directement avec le ministre de la guerre Clarke,et recevoir les ordres de celui-ci pour toutes leurs opérations,de manière qu’ils considéraient l’autorité du roi Joseph commepurement nominale, tandis qu’ils considéraient comme seuleréelle l’autorité siégeant à Paris. Napoléon, ordinairement siarrêté en toutes choses, n’avait pas su se résoudre à confierle commandement effectif à un frère qu’il n’en jugeait pas ca-pable, et en le lui laissant pour la forme, il l’avait retenu enréalité pour lui-même. Et bien qu’un commandement inspirépar lui semblât devoir être préférable à tout autre, il est vraide dire que les ordres de Joseph, quoique donnés sans con-naissance de la guerre et sans vigueur, partant cependant deplus près, mieux adaptés aux circonstances actuelles de laguerre, auraient amené des résultats meilleurs que les ordresde Napoléon, donnés à une distance de six cents lieues, et ne
’ Ici comme ailleurs je parle, non d’après des conjectures, mais d'après desfaits certains. J’ai possédé les volumineux et véridiques Mémoires du maré-chal Jourdan, encore manuscrits, sa correspondance, celle du roi Joseph avecNapoléon , le récit des nombreuses missions de M. Roederer auprèsde Joseph, dont il était l’ami, et je n’avance rien que sur preuves authen-tiques.