TALAVERA ET WALCHEREN.
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répondant plus, quand ils arrivaient, à l’état présent des choses.Le mieux eût été que l’Empereur, arrêtant lui-même les plansgénéraux de campagne qu’il était seul capable de concevoir,laissât à l’état-major de Joseph le soin d’en ordonner souve-rainement les détails d’exécution. Mais doux, indulgent, pa-ternel, confiant avec le prince Eugène, qu’il trouvait modeste,soumis et reconnaissant, il était sévère, railleur, défiant avecses frères, qui se montraient vains, indociles et très-peu re-connaissants, Il n’avait donc délégué à Joseph qu’une autoriténominale, et avait préparé ainsi sans le vouloir une funesteanarchie militaire dans la Péninsule.
A ces causes de conflit s’en joignaient d’autres tout aussifâcheuses. La guerre d’Espagne, outre qu’elle était ruineuseen hommes, l’était encore en argent. Napoléon ayant reconnuqu’il ne pouvait y suffire, avait décidé que l’armée vivrait surle pays occupé par elle. Or, Joseph, comme le roi Louis enHollande, comme le roi Murat à Naples , aurait bien voulu sepopulariser parmi ses nouveaux sujets; et, pour gagner leurcoeur, il les défendait contre l’armée française, qui était cepen-dant chargée de les lui conquérir. Cette armée, qui se disaitque des médiocres frères de son général elle avait fait desrois, était étonnée, indignée même qu’on préférât des sujetsrévoltés à des soldats auxquels on devait la couronne, et donton était non-seulement les obligés, mais les compatriotes. Lesgénéraux, les officiers, tout jusqu’aux soldats, tenaient les plusétranges propos sur les royautés créées de leur mains, et enrevanche dans la cour de Joseph on parlait de l’armée fran-çaise, de ses chefs, comme auraient pu le faire les Espagnolseux-mêmes. Napoléon avait pour le représenter à Madrid, M.de Laforét, ambassadeur de France, le général Belliard, gou-verneur de Madrid, M. de Fréville, agent du Trésor pour lagestion des biens confisqués sur les familles proscrites. Cesautorités diverses vivaient dans un état de conflit perpétuelavec les agents du roi Joseph. Napoléon, par exemple,
Fév. 1809.
Conflitsadministratifscontribuant avecles conflitsmilitairesà affaiblirl'autorité'du roi Joseph.