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LIVRE XXXVI.
Fdv. 1809. avait ordonné l’incarcération de tous les membres de l’ancienconseil de Castille : Joseph les avait fait relâcher, disant qu’onne les poursuivait que pour avoir leurs biens. Napoléon s’étaitapproprié, à titre d’indemnité de guerre, les biens des dixplus grandes familles d’Espagne, ainsi que nous l’avons ra-conté ailleurs, et de plus il avait saisi les laines appartenantaux plus grands seigneurs des provinces conquises. Le totalde ces confiscations n’était pas loin de valoir deux cent mil-lions. Quant aux dix grandes familles, disait Joseph, je doisen abandonner les propriétés à l’Empereur, qui se les est at-tribuées ; mais quant aux autres familles, en plus grand nom-bre, poursuivies pour fait de révolte, leurs biens doivent m’étrelaissés, ou pour les leur rendre, si elles se soumettent, oupour récompenser, si elles ne se soumettent pas, les dévoue-ment de ceux qui se donneront à moi. Quant aux laines,Joseph prétendait aussi en retenir une partie, à divers titresplus ou moins contestables, alléguant du reste qu’il n’avaitrien à donner à personne, qu’il ne pouvait pas même payer lesofficiers de sa maison, qu’il y avait dans Madrid six mille do-mestiques, soit de l’ancienne grandesse, soit de l’anciennecour, dont il pourrait s’attacher une partie, et qui, fautede pouvoir vivre, excitaient contre lui le peuple de lacapitale.
Détresse Sa détresse, en effet, était extrême. Les armées françaises
financière
du rei Joseph, dans les provinces qu’elles occupaient, l’insurrection dansles provinces dont elle était restée maîtresse, absorbaient toutle produit des impôts. Ce que les armées françaises prenaientdirectement, ne suffisait cependant point à leur entretien; carsi en prenant tout dans les provinces conquises elles parve-naient à se nourrir et à se vêtir, il restait les services générauxde l’artillerie et du génie, tous fort coûteux , fort importants,auxquels on ne pouvait suffire en s’emparant du bétail, ouen coupant les récoltes sur pied. Pour ces services il auraitfallu de l’argent, et il n’arrivait au Trésor que celui qu’on