TALAVERA ET WALCHEREN.
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percevait à Madrid môme. En mettant la main sur toutes les te'- 1809 .ressources que la proscription ou la confiscation pouvaientfournir, on était à Joseph le moyen, disait-il, soit de se mé-nager des créatures, soit de pourvoir aux services les plusindispensables. Il demandait qu’on laissât au moins acheverpour son compte un emprunt commencé en Hollande, lequelaurait pu procurer au Trésor espagnol quinze ou vingt mil-lions. Sur ce dernier point seulement Napoléon lui avaitaccordé satisfaction; mais sur tous les autres il n’avait ré-pondu que par des refus, lui reprochant amèrement quel-ques actes de munificence envers des favoris qui n’avaientrien mérité ; supputant, avec un regret visible d’avoir entre-prise, tout ce que lui avait déjà coûté la guerre d’Espagne,tout ce quelle devait lui coûter encore ; car bien que les sol-dats français vécussent sur les lieux, il fallait néanmoins lesy faire arriver, vêtus, armés, organisés ; les pourvoir en outrede matériel, ce qui ne pouvait se faire qu’avec de grandesdépenses, sans compter celles de la guerre d’Espagne, et quidevait entraîner de bien autres charges pour les finances del’Empire. Napoléon se disait donc ruiné par ses frères, ré-duit à faire ressource de tout. Du reste, distrait par d’autresguerres à six cents lieues de Madrid, il abandonnait le soin devider ces querelles à ses agents, qui se comportaient avecune insolence inouïe, se croyant en qualité de représentantsde l’empereur Napoléon, fort supérieurs à de simples repré-sentants du roi Joseph. Les choses avaient été poussées àun tel point qu’au sujet des biens séquestrés , M. de Frévilles’étant emparé des clefs des palais disputés, en avait refusél’entrée aux agents du Trésor espagnol, prêt, disait-il, pourse faire obéir, à recourir, s’il fallait, à l’armée française.
Le roi Joseph avait répondu à cette arrogance en disantqu’il fallait faire mettre M. de Fréville dans une chaise deposte et de l’envoyer en France ’. On comprend ce que de
1 Nous citerons les lettres suivantes en preuve de ces tristes détails: